Commune d’Ounagha (province d’Essaouira) – Le village solaire d’Id Mjahdi, premier village 100% autonome en matière d’énergie au Maroc, relevant de la commune d’Ounagha (province d’Essaouira), vient de se doter d’un Centre éducatif dédié à la promotion de l’enseignement préscolaire.

A cette occasion, une cérémonie d’inauguration de cette nouvelle structure de formation et d’apprentissage a eu lieu, samedi, en présence notamment des membres de l’Association Essaouira-Mogador, porteur du projet du village solaire Ait Mjahdi, de responsables du ministère de l’énergie, de partenaires français dudit projet, des élus locaux ainsi que d’autres personnalités.

Composé de deux salles de classe entièrement meublées et équipées d’outils éducatifs, d’un château d’eau et à terme, d’un terrain de sport et d’un espace de jeux, ce Centre profitera aux enfants âgés de 4 à 6 ans du village d’Ait Mjahdi comme à ceux en provenance de villages voisins.

Ce Centre offrira donc des prestations préscolaires (alphabétisation, sensibilisation, formation, éducation non formelle…), outre des classes d’alphabétisation pour les femmes et des activités socioculturelles selon les besoins.

Il se fixe pour objectif d’oeuvrer pour la sauvegarde du patrimoine social, économique, urbanistique et culturel de la région, la promotion du village ou encore le renforcement du tissu économique local.

Ce projet novateur s’assigne pour missions également de développer des actions pour préserver l’environnement et la déforestation, avec par exemple la mise en place de dispositifs d’énergies renouvelables essentiellement solaires, et de créer du lien social entre les habitants du village en favorisant l’accès à un centre d’éducation par la construction d’infrastructures scolaires (à savoir une école maternelle, un terrain de sport, un centre d’alphabétisation pour adultes).

Dans une allocution de circonstance, M. Tarik Ottmani, président du bureau exécutif de l’Association Essaouira-Mogador, s’est félicité de cette initiative citoyenne dédiée à promouvoir l’enseignement préscolaire chez les enfants du monde rural.

Il a tenu à rappeler que ce projet s’inscrit dans la continuité de la réalisation en 2017 du premier village solaire d’Afrique et de la construction d’une coopérative féminine d’huile d’argan sur ce même territoire.

« Réalisés dans le cadre des opérations de mécénat des entreprises +Le Petit Olivier+ et +Intermarché+, avec la participation du Cluster Solaire et MASEN, et avec le soutien de la Fondation Mohammed VI pour la Sauvegarde de l’Arganier et de l’Association Essaouira-Mogador, ces équipements structurants pour Douar Id Mjahdi fonctionnent aujourd’hui très bien, au profit des habitants de ce même village », s’est-il félicité.

M. Ottmani a émis le voeu de voir ce projet s’élargir davantage, mettant en avant l’impact socio-économique de cette structure sur le quotidien des habitants du village.

La présidente de la commune d’Ounagha, Mme Amal El Hentati, a dit toute sa joie et sa fierté de voir ce projet aboutir, louant au passage la qualité du partenariat et de la coordination ainsi que la synergie créée entre acteurs marocains et français pour que ce projet-pilote complet et intégré, puisse voir le jour.

M. Rachid Belmokhtar, membre de l’association Essaouira-Mogador, a relevé que ce projet porte en lui les germes d’un espoir, notant que le Maroc est un pays de diversité, multiculturel, et disposant d’un énorme potentiel humain.

« Des actions comme celle d’aujourd’hui est à saluer et à encourager dans la mesure où elle permet de réduire les fossés, et d’introduire le confort et la modernité au niveau de ces villages », a-t-il relevé.

Ce projet « bien conçu » et  »intégré » est un modèle qui peut s’agrandir encore à Id Mjahdi, mais qui peut être dupliqué dans d’autres zones, a dit M. Belmokhtar qui s’est attardé sur l’impact positif de ce genre de projets sur la population locale.

Mme Sophie Primas, Sénateur, présidente de la Commission Economique au Sénat français, s’est félicitée de ce projet exemplaire qui s’insère parfaitement dans le cadre des efforts visant à faire face à des enjeux majeurs qui  »ne sont pas uniquement spécifiques au village d’Id Mjahdi, au Maroc, à la France, mais plutôt des enjeux universels ».

Ces enjeux, a-t-elle poursuivi, concerne la lutte contre le réchauffement climatique et l’adoption de solutions adéquates en la matière, la promotion de l’éducation édifiante, la préservation de la dignité de chacun et chacune à travers le travail et le dévouement.

Elle a, dans ce sens, salué l’abnégation et l’engagement des femmes du village d’Id Mjahdi ainsi que de l’ensemble de ses habitants à s’inscrire dans les différents efforts de développement socio-économique entrepris localement.

Mme Primas a mis en avant également les principes de fraternité, de partage, et d’amitié qui ont toujours marqué les relations entre le Maroc et la France.

Quant aux autres intervenants parmi les partenaires de ce projet, ils ont fait part de leur grande joie et fierté de voir ce projet socio-économique et écologique aboutir, réitérant leur engagement et leur détermination, dans le cadre d’une approche solidaire, responsable et écologique, à redoubler d’efforts pour voir ce projet s’agrandir.

Le village solaire Id Mjahdi est le premier projet pilote de village solaire 100% autonome au Maroc. Ce projet à fort impact environnemental, social et économique a permis d’alimenter une vingtaine de maisons non connectées au réseau, en électricité verte issue de la mise en place d’une centrale solaire photovoltaïque avec stockage sur batteries et réseau mini-grid, répondant aux besoins de la population locale.

Au-delà de la simple connexion à l’électricité solaire, ce projet se veut innovant et intégré à travers la valorisation d’applicatifs solaires tels que l’équipement des foyers en chauffes eaux solaires pour l’accès à l’eau chaude sanitaire, l’éclairage LED, le pompage solaire et la mise en place de fours solaires pour la cuisson en plus d’un château d’eau pour l’amélioration des conditions de vie des habitants.

Cette initiative a ainsi permis de réduire la dépendance des habitants du village vis-à-vis du bois de feu issu de l’arganier, et d’améliorer les conditions sanitaires des femmes sujettes aux problèmes respiratoires liés aux gaz de combustion du bois.

De plus, et dans une approche intégrée de développement local, un atelier de concassage de l’argan a été également financé et construit en faveur des femmes du village pour le développement d’une activité génératrice de revenus.

A noter que la marque cosmétique « Petit Olivier », partenaire du projet, s’est engagé à s’approvisionner uniquement auprès de ce village pour la fabrication de ses produits et ce, afin de renforcer les capacités des femmes de la région, de leur permettre de développer leurs compétences, d’être financièrement autonomes et de contribuer au développement de leur village.

De plus, des séances de formation sur le solaire photovoltaïque, le pompage solaire et solaire thermique ont été organisées par la société « Cleanenergy » en faveur de la population dans le cadre du renforcement de leurs compétences.

Auteur: Meriem IGASS
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