Abdelaziz Rahabi, coordinateur de la conférence du dialogue nationalL’ancien ministre de la Communication et ancien ambassadeur, Abdelaziz Rahabi, a dénoncé, hier, les atteintes à la liberté d’expression, à travers notamment la pression subie par des médias. «Des médias nationaux subissent des pressions allant du chantage à la publicité institutionnelle au blocage de sites d’information», signale Rahabi dans un texte publié sur sa page Facebook, considérant que seule la justice ou une autorité de régulation doivent pouvoir traiter des questions liées à leur fonctionnement et qu’à ce titre, les mesures qui les frappent sont «inacceptables».
Pour l’ancien ministre, ces «pratiques que l’on croyait révolues sont une atteinte flagrante au droit à l’information et à la liberté d’expression, un droit humain et une des revendications majeures des Algériens». «Le système national d’information peu efficient et décalé par rapport à la réalité internationale des médias doit pouvoir exercer ses missions dans les meilleures conditions et accompagner valablement l’effort national de sortie de crise», relève-t-il.
Les médias algériens exercent-ils convenablement leurs missions ? Peuvent-ils accompagner valablement l’effort de sortie de crise ? D’aucuns constatent l’augmentation des pressions exercées sur les médias algériens, particulièrement ceux qui n’épousent pas les thèses du pouvoir réel. Alors que les médias traditionnels sont privés de publicité étatique monopolisée par l’ANEP, des sites internet d’information – TSA, Inter-Lignes, Algeriepatriotique, Observ’Algerie, AlgeriPart – ne sont plus accessibles à partir de l’Algérie. Pourtant, le gouvernement Bedoui a annoncé vouloir normaliser ses relations avec les médias.
Où sont les projets de Rabehi ?
En prenant en charge le volet publicité, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Hassan Rabehi, a annoncé, en avril dernier, l’installation d’une commission chargée d’appliquer la décision du gouvernement relative à l’adoption de la «transparence et l’objectivité» dans l’octroi de la publicité publique. «Jai donné des instructions fermes aux responsables de l’ANEP pour trancher quant à l’exécution des décisions du gouvernement (octroi de la publicité), à travers la mise en place d’une commission constituée de personnalités ayant les compétence requises pour se concerter avec tous les partenaires du secteur public et privé», a-t-il dit lors d’une visite à l’ANEP.
Rabehi a précisé la main sur le cœur que ladite commission se basera sur les principes de «la déontologie, la transparence et l’équité» dans l’octroi de la publicité. Il a indiqué que les décisions du gouvernement s’inscrivaient dans le cadre d’un plan de travail à même de répondre aux préoccupations du secteur, ajoutant que son département s’attelait à la mise en place du Conseil de l’éthique et de la déontologie et d’une commission qui aura la charge de l’étude et la délivrance de la carte du journaliste…
A ce jour, le porte-parole du gouvernement, qui a cessé ses conférences de presse hebdomadaires, n’est pas revenu sur ces projets (dont aucun n’a été réalisé) ni ne s’est exprimé sur les pressions que subissent les rares organes restés libres.
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Auteur: Hicham Chouadria
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