Quand c’est lui qui meurt assassiné on en parle. Quand c’est lui qui donne la mort on en parle moins. On banalise les faits qui célèbrent ce qui n’affecte qu’en partie le moral des troupes. Il ne se passe jamais longtemps avant que l’on entende, de nouveau, parler de vies brisées. Des quotidiens ébranlés par des violences, justifiées par leurs auteurs et cautionnées par un entourage complice par son silence, quand elles ne sont pas adoptées comme des faits ordinaires qui relèvent de l’équilibre environnant. 
Des individus qui approuvent, acquis aux pires pratiques conçues pour mater les corps et contrôler les esprits. Tout le monde sait combien l’ignorance dessert la prise de conscience. Un aveuglement qui incite à s’en remettre à un camelot aux pouvoirs vendus comme incomparables.  Des forces occultes fantasmées, auxquelles on obéit puisqu’elles opèrent sous le label religieux indissociable du pouvoir divin. 
J’ai parlé hier de cette petite fille de 10 ans qui a été martyrisée par un raqi, âgé lui-même d’à peine 28 ans et qui naviguait déjà dans la cour des grands imposteurs ! Quand ce ne sont pas les parents qui conduisent leur enfant chez le guérisseur du coin, ce sont les hommes et les femmes en quête d’équilibre qui s’adonnent à ces rituels aux incidences incontrôlables et souvent meurtrières. L’information à ce propos ne fait jamais la une des journaux. 
Il faut aller à la rubrique des faits divers pour apprendre ce qu’il y a à connaître à ce sujet. Le temps est aux incertitudes qui ne se comptent plus. Mais pour les escrocs qui bénéficient d’une réputation aussi douteuse que l’est le don qu’ils marchandent à coups de versets coraniques, crise ou pas crise, lâcher leurs  proies n’est pas au programme. Pourquoi les tentatives de freiner les velléités de charlatans qui poussent comme des champignons  et règnent sur le mental collectif, entre autres, par l’exorcisme à la mode de chez nous sont-elles improductives ? On pourrait en parler tous les jours que l’on ne viendrait pas à bout de ces histoires sordides qui collent à la peau, y compris d’imams qui, à l’issue de l’office religieux, s’adonnent à la roqia. 
M. B. 

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