Une cérémonie de recueillement a été organisée hier, au siège de la centrale syndicale  à la mémoire de l’ancien secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelhak Benhamouda, à l’occasion du 23e anniversaire de son assassinat par des terroristes le 28 janvier 1997 par des terroristes.

La cérémonie s’est déroulée en présence du secrétaire général de l’UGTA, Salim Labatcha, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Amar Belhimer, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Ahmed Chawki Acheuk-Youcef, le conseiller à la présidence de la République, Abdelhafid Allahoum, le fils du regretté Abdelhak Benhamouda, ainsi que des représentants des sections syndicales de plusieurs entreprises nationales et d’associations de la société civile.

 Pour sa part,  le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a évoqué le parcours de cet « authentique militant qui s’est sacrifié pour la cause des travailleurs et l’intérêt du pays ». Le ministre a tenu à renouveler son engagement pour « la consolidation du dialogue social à tous les niveaux avec l’ensemble des partenaires sociaux sans exclusion, conformément au programme du président de la République, Abdelmadjid Tebboune ».

De son côté, le secrétaire général de l’UGTA a qualifié le défunt de « héros de l’Algérie », soulignant que l’UGTA demeurera « fidèle au combat et aux idées de Benhamouda qui a toujours mis en avant l’intérêt suprême du pays pour lequel il s’est sacrifié ».

Interpellé par la presse juste après la fin de la cérémonie,  sur divers sujets d’actualité, celui-ci  a exprimé hier, son souhait de voir des efforts déployés «pour un pouvoir d’achat réel».  

Le syndicaliste a d’abord rappelé que la suppression de l’impôt sur le revenu (IRG) «était la revendication de l’UGTA, lors de son congrès tenu en juin de l’année passée».

 Pour lui, il faut sortir de cette spirale de l’augmentation des prix, en revendiquant ce qu’il appelle «un pouvoir d’achat réel».M. Labatcha trouve «anormal que des fonctions libérales ne payent pas ou payent peu d’impôts alors que le travailleur porte le fardeau des impôts». Il explique qu’ «en terme d’impôts, les ressources financières du Trésor public sont «basées» sur ce que paye le travailleur».  

Le SG de l’UGTA s’appuyant sur les engagements du président de la République, en ce qui concerne la loi de finances complémentaire (LFC), soutient que «c’est le moment pour faire des propositions concrètes sur la base d’études concrètes pour calculer la moyenne du salaire. D’abord en tenant compte de l’économie d’une famille algérienne typique, pour ensuite réfléchir sur les niveaux d’impôts à imposer» a-t-il dit.

Vers la consolidation du dialogue social à tous les niveaux

Dans cette optique, Labatcha fera rappeler l’engagement réaffirmé du président de la république, M. Abdelmadjid Tebboune lors de sa rencontre avec les responsables des médias quant à « une révision de la Loi de Finances 2020 est prévue dans 5 à 6  mois, en faveur des nécessiteux et des classes économiquement fragiles».

M. Labatcha constate que «certains se sont enrichis sans payer l’impôt alors que c’est uniquement les travailleurs qui assument des charges lourdes» et de dire : «il faut que l’incidence touche toutes les autres catégories».

Evoquant «les autres catégories», le SG de l’UGTA explique «l’importance de la proposition portant impôt sur la fortune dans la mouture de la loi de finances» pour «essayer de compenser la perte au Trésor public de l’exonération fiscale pour les travailleurs percevant des salaires inférieurs à 30.000 dinars de l’impôt sur le revenu (IRG)» a-t-il ajouté.

M. Labatcha affirme que «l’élargissement de l’assiette fiscale est une autre solution pour que les entreprises ne subissent pas les charges supplémentaires, et en intégrant également «les secteurs informels», cela permettra de «stabiliser les prix et augmenter le pouvoir d’achat pour les travailleurs» estime-t-il.

Répondant à l’interpellation d’un fonctionnaire du groupe ETRHB de l’homme d’affaires, Ali Haddad, aujourd’hui arrêté pour corruption, concernant le blocage des salaires depuis sept mois, M. Labatcha a rappelé la décision de la justice de désigner de nouveaux  administrateurs pour gérer et régler les affaires du groupe.

Il explique que la banque récupère les crédits octroyés, mais ajoute que dans un souci de défense des droits des travailleurs «l’UGTA est en train de réfléchir sur les mécanismes qui permettent aux travailleurs de percevoir leurs salaires, et nous sommes en concertation permanente avec les ministères concernés». Il s’agit de trouver «des solutions techniques» de telles façons «à permettre aux travailleurs de percevoir leurs salaires pour le remboursement des dettes de la banque sans que cela soit fait sur le dos des travailleurs».S’agissant des travailleurs des médias et de la presse, M. Labatcha estime que «la situation des journalistes est difficile» car «ils n’ont pas de couverture ni sur le plan social, ni sur le plan réglementaire».  

Le SG de l’UGTA a indiqué qu’il était plus que temps de remédier à cette situation, et cela,  «avec la participation et la contribution de tous les partenaires».«Le dialogue veut que tout le monde soit invité», ajoute M. Labatcha en précisant que l’UGTA «n’exclut aucun syndicat indépendant. C’’est une nécessité et une urgence pour essayer de trouver des solutions aux problèmes qui se posent depuis des années.».

 Pour rappel, Le regretté Abdelhak Benhamouda était l’un des membres fondateurs du Comité national de sauvegarde de l’Algérie (CNSA), créé après l’arrêt du processus électoral en 1992. Il a été assassiné par des terroristes le 28 janvier 1997  devant la Maison du peuple qui abrite le siège de l’UGTA.

Tahar Kaidi

Auteur: elmoudjahid
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