Après les clusters commerciaux, industriels et familiaux, c’est le milieu carcéral qui s’ajoute aux foyers de la contamination collective. Et pourtant, le ministre de la Justice, interpellé au Parlement notamment par Me Abdellatif Ouammou, s’est voulu rassurant…
Mohamed Khalil
Après les
11 cas déjà signalés dans une prison de Marrakech et à 11 autres à Ksar Kébir,
où 9 fonctionnaires et deux prisonniers ont été testés positif, c’est au tour de la prison locale de Ouarzazate d’annoncer l’enregistrement de plusieurs dizaines d’infections. Ainsi, 60
fonctionnaires, dont le directeur, et six détenus qui ont été testés positifs
au coronavirus sur… les 166 fonctionnaires et 17 détenus en charge de missions.
Et ce n’est pas fini.
Sur les tests
réalisés au niveau de toute la population carcérale, 106 agents, révélés
négatifs, ont été mis en quarantaine, par précaution et en attendant que les
services sanitaires locaux se chargent des personnes ayant été en contact avec
tout ce monde..!
Ce sont, donc,
au moins 166 familles et tous leurs contacts qui vont gonfler les cas de
dépistage et de suivi de la part des équipes médicales.
C’est dire le
danger et la lourde charge additionnelle auxquels le corps médical de la région
devra faire face.
Et pourtant,
rien que dimanche dernier, la direction générale de l’Administration pénitentiaire
et carcérale a cru bon de rassurer sur l’état de nos prisons et des peu de cas
enregistrés. Manière de faire preuve de maîtrise de la situation, suite à
l’apparition d’une dizaine de cas (7 fonctionnaires et 2 détenus) sur un
ensemble, respectivement, de 10 200 et près de 80 000 incarcérés.
La gravité est
ailleurs, dans les villes et localités où habitent les fonctionnaires au cas où
certains seraient positifs ou porteurs du virus.
Et bien avant
tout cela, le ministre de la Justice a été saisi notamment par le Conseiller
parlementaire du Parti du progrès et du socialisme, Me Abdellatif Ouammou, sur
le risque de contagion dans les prisons. Le ministre était rassurant, comme à chaque
fois que l’on soulève une question légitime, l’on nous affirme, encore et
toujours d’un ton toujours rassurant, que la DGAPR avait pris
toutes les mesures et précautions préventives afin que nos prisons ne soient
pas contaminées.
Certes, la
suspension des visites familiales et la répartition des fonctionnaires en deux
groupes travaillant chacun deux semaines successives, avec des mises en
quarantaines systématiques sont considérées comme des mesures proactives et
préventives.
Il
faudra, néanmoins, s’interroger sur les défaillances qui ont causé ce regain de
contagion sans précédent.
Autrement
dit, est-ce que les mesures prises étaient suffisantes, étaient-elles scrupuleusement
observées par tous?
S’agit-il
d’un manque de vigilance de la part de fonctionnaires, d’agents de nettoyage ou
de restauration?
Ou encore
s’agit-il de nouveaux détenus écroués en ces temps d’urgence sanitaire et qui
n’auraient pas subi le test au corona et, obligatoirement, une mise en
quarantaine, en cas d’un résultat négatif, avant de les faire intégrer à la
population carcérale ?
En tout
cas, il y a matière à enquêter pour déterminer les causes de cette flambée
infectieuse.
Et,
surtout, matière à réflexion pour mieux prévenir des ravages de la pandémie.
Les clusters industriels, l’expansion!
Lundi soir, le directeur de l’épidémiologie au ministère de la Santé a révélé que, en plus des foyers familiaux, des unités industrielles ont apporté leur contribution à l’augmentation des nouveaux cas d’infection au coronavirus, notamment à Casablanca (qui a connu le week-end dernier une contamination de grande ampleur dans une usine avec près d’une centaine de cas positifs). Dans la capitale économique 31 cas ont été déclarés alors qu’à Tanger ce sont deux foyers industriels enregistrés avec, respectivement 55 et 42 cas. A Larache, c’est un foyer à 48 contaminations et un autre à six dans la région d’Oujda.
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Auteur: M’hammed rahal
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