L’année 2026 s’annonce sous de bons auspices pour l’écosystème industriel des entreprises de construction et des matériaux. Ce secteur très pondéreux compte 750 entreprises dans un marché qui brasse 60 milliards de DH.

Les principaux écosystèmes des matériaux de construction sont au nombre de 5 activités: le préfabriqué, le marbre, l’acier, le ciment et la céramique
Il y a des marchés à prendre pour les différents corps de métiers et activités industrielles. A leur tête, l’écosystème des cimentiers qui a réalisé, au 1er semestre, une performance exceptionnelle qui surpasse la tendance moyenne depuis le début de l’année. Sur les sept premiers mois de cette année, la consommation cumulée de ciment s’est établi à 8,2 millions de tonnes, en hausse d’environ 11% par rapport à fin juillet 2024. David Tolédano, président de la Fédération des industriels de matériaux de construction, confirme cette performance. «La production nationale du ciment a une capacité installée de 31 millions de tonnes. Si les producteurs arrivent à écouler 50% de cette capacité en 2026, ce sera une progression record». En plus du ciment, la Fédération des industriels des matériaux de construction enregistre des augmentations substantielles des commandes à tous les niveaux, notamment dans l’acier où la demande est très forte.

Selon la note de présentation du PLF 2026, l’effort d’investissement global du secteur public s’élève à 380 milliards de dirhams pour l’année prochaine
«Nous espérons que cette forte demande sur la production puisse se maintenir dans la durée et surtout la continuité au-delà de 2030», tient à préciser David Tolédano. En dépit de la dynamique sans précédent enclenchée dans les infrastructures, le modèle de développement économique repose essentiellement sur la dépense publique, la construction et les grands chantiers. Du coup, l’Etat reste omniprésent. D’ailleurs, les deux tiers de l’investissement national sont dominés par le secteur public. De l’avis du président de la FMC, «cela fait bientôt 3 ans que les investissements publics sont devenus très importants avec une forte dynamique tant en volume qu’en valeur au profit des entreprises». Mais quoique positive, cette tendance devra être inversée, insiste Tolédano. «Nous voudrions que la tendance de la commande publique soit inversée de façon à ce que l’Etat, qui assure les deux tiers des marchés, cède du terrain au privé qui n’investit qu’à hauteur du tiers».
Selon le numéro 1 de la FMC, aujourd’hui compte tenu des échéances à respecter, «il ne faut pas perdre de vue que la cadence actuelle de l’investissement privé doit être maintenue le plus longtemps possible. C’est ce qui permettra à terme d’inverser la tendance d’un tiers (pour le privé), deux tiers (pour l’Etat)».
Sortir de la logique de l’urgence
Les professionnels ont certes de la visibilité sur les marchés publics d’ici 2030 compte tenu des échéances du Maroc et de l’effet Mondial. Mais le défi est d’assurer la continuité au-delà de 2030. «En général, l’Etat intervient plus dans l’urgence, notamment avec les stades, les stations de dessalement, les écoles, les hôpitaux, les ouvrages d’art, les barrages… Le véritable défi est de s’inscrire dans un cercle vertueux pour que le secteur privé soit le premier moteur et donneur d’ordre… », soutient David Tolédano.
99% de la demande intérieure
L’industrie des matériaux de construction occupe une position centrale dans l’économie nationale. Elle est étroitement liée à des secteurs vitaux tels que le bâtiment et les travaux publics (BTP). Cette industrie compte plus de 700 entreprises. Elle contribue à hauteur de 6,6 au PIB national et compte plus de 200.000 emplois. Selon la FMC, l’activité des matériaux de construction répond quasiment à 99% de la demande intérieure en matériaux et regroupe diverses entreprises engagées dans la production et la transformation des matériaux.
Amin RBOUB
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Auteur: Amin RBOUB
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