Jamais le Maroc n’a programmé autant de grands projets d’infrastructures à la fois: LGV, stations de dessalement, grands stades, aéroports, ports, voiries, routes/autoroutes, ouvrages d’art, hôpitaux, écoles, réhabilitation urbaine, fibre optique, 5G… L’élément déclencheur aura été l’organisation de grands événements sportifs d’envergure internationale. Il s’agit notamment de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et surtout la co-organisation du Mondial 2030 avec l’Espagne et le Portugal. A eux seuls, ces deux événements sportifs ont mobilisé 50 milliards de DH (5,2 milliards de dollars) d’investissements. Au total, l’ensemble des investissements programmés durant les 5 prochaines années (stations de dessalement, aéroports, ferroviaire, stades…) totalise quelque 150 milliards de DH. Par ailleurs, les résolutions du dernier Conseil de ministres, tenu le 19 octobre dernier, vont donner un coup d’accélérateur aux grands chantiers à caractère économique et social, avec le lancement d’une nouvelle génération de programmes territoriaux intégrés. Le dernier Conseil des ministres a revu à la hausse les investissements à caractère social, sanitaire et éducatif. Du coup, le PLF 2026 consacre140 milliards de dirhams, aux secteurs de la santé et de l’éducation essentiellement. Ce qui permettra la construction de nouveaux CHU, ou encore la rénovation et le rehaussement des standards de 90 hôpitaux. Au programme également, la construction de plusieurs établissements scolaires, la rénovation d’écoles, de centres de formation professionnelle, de facultés, universités…

Grande capacité pour répondre à la demande

«Aujourd’hui, il ne suffit pas d’avoir de nombreux marchés à prendre. Mais il va falloir multiplier le nombre d’entreprises et de champions nationaux afin de saisir l’essentiel de la commande publique», souligne David Tolédano, président de la FIMC)

Tous ces projets réunis offrent des perspectives des plus prometteuses à l’écosystème des BTP. Selon David Toledano, président de la Fédération des industries des matériaux de construction (FIMC), «les multiples projets d’investissement offrent de nombreuses opportunités à l’écosystème des matériaux de construction. Aujourd’hui, nous avons de grandes capacités pour répondre à la demande croissante. A titre d’exemple, sur le ciment, la capacité installée est de 31 millions de tonnes. Si nous arrivons à écouler 50% de cette capacité, autour de 15 millions de tonnes, l’industrie du ciment réalisera une forte progression dès l’année prochaine». De l’avis de Tolédano, aujourd’hui, il ne suffit pas d’avoir de grands marchés à prendre. Il faudra plusieurs entreprises championnes pour réaliser encore plus de construction… «Certes, nous avons de nombreux marchés de stades, d’hôpitaux, de routes/autoroutes, ports, … Mais nous devrions accélérer de façon à saisir la commande publique qui va vers des sociétés étrangères, notamment pour la LGV et les stations de dessalement», insiste Tolédano.


Matériaux

Il y a 20 ans, les Marocains avaient beaucoup d’a prioris négatifs sur la qualité des matériaux de construction produits made in Maroc. Aujourd’hui, ces a prioris n’ont plus lieu d’être. «Au niveau de la Fédération, nous nous battons pour éviter l’importation de matériaux. Nous privilégions le produit national qui est aussi compétitif et de bonne qualité que les importations, notamment pour le marbre, le carrelage, le sanitaire, … Or, le constat aujourd’hui est que les importations de ce type de matériaux sont encore importantes, même si le marché local a gagné en compétitivité», regrette le président de la Fédération des industries des matériaux de construction. De l’avis de Tolédano, «même en cas de critiques du produit national, nous avons constaté que les critiques formulées ne concernaient pas la qualité des produits eux-mêmes, qui sont normalisés et certifiés, mais plutôt leur mise en œuvre. Aujourd’hui, le secteur des matériaux de construction reflète pleinement notre souveraineté nationale. Cette souveraineté se matérialise par notre capacité à couvrir jusqu’à 100 % des besoins en matériaux au Maroc grâce à des produits fabriqués localement. C’est une preuve indéniable de notre force industrielle et de notre engagement à répondre efficacement aux exigences du marché national».
Amin RBOUB

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Auteur: Amin RBOUB
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