Le Haut représentant de l’Union africaine, chargé de l’initiative «Faire taire les armes en Afrique», Ramtane Lamamra, a appelé, mercredi dernier à New York, à surmonter le défi de la paix en Afrique, soulignant «le besoin urgent» d’instaurer une culture solide de prévention des conflits.

S’exprimant lors d’un débat public au Conseil de sécurité sur le thème : «Faire taire les armes en Afrique : coopération entre l’Organisation des Nations Unies et les organisations régionales», M. Lamamra a indiqué qu’à l’approche de l’échéance fixée à 2020 pour faire taire les armes, il reste encore des défis à surmonter pour placer le continent dans une meilleure posture lui permettant de profiter des dividendes de la paix.
L’ancien chef de la diplomatie algérienne a constaté qu’en dépit de la diminution du nombre de conflits dans le continent, un certain nombre de pays demeurent englués dans des conflits violents dus notamment à la criminalité transnationale, au terrorisme et à la prolifération des armes.
«Ces défis font bien ressortir le besoin urgent d’instaurer une culture solide de prévention des conflits, et en particulier une prévention structurelle, allant au-delà de la tendance actuelle de la militarisation de la résolution des conflits, aussi nécessaire que cela puisse paraître dans certaines crises», a plaidé M. Lamamra lors de ce débat organisé à l’invitation de la Guinée Equatoriale qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité pour le mois de février. L’effet de ces défis, a-t-il poursuivi, a été exacerbé par l’existence de zones non gouvernées laissant place à des activités illégales, à la persistance de la corruption et des flux financiers illicites et facilitant également l’acquisition des armes et l’exploitation illégale des ressources naturelles.
Les questions de gouvernance et de leadership restent également une source majeure d’instabilité et de conflit en Afrique. De nombreuses expériences ont montré le rôle critique des institutions nationales de gouvernance et des pratiques démocratiques dans la prévention des conflits, a-t-il dit. Le Haut représentant de l’UA s’est aussi dit convaincu que la paix ne peut être réalisée sans développement et, réciproquement, que la paix et le développement ne peuvent aller de pair sans les droits de l’homme et la bonne gouvernance. En parallèle, il a jugé important que le Conseil de sécurité réponde positivement aux appels de longue date de l’UA concernant l’accès aux contributions obligatoires de l’ONU pour financer des opérations de paix en Afrique.  M. Lamamra, qui vient d’être nommé ministre d’Etat et conseiller diplomatique du Président de la République, a transmis «les salutations et la grande reconnaissance» du Président, Abdelaziz Bouteflika, aux efforts des membres du Conseil de sécurité pour promouvoir les objectifs et les principes de la Charte des Nations unies dans les relations internationales contemporaines.
     Le Président Bouteflika «vous assure du soutien de l’Algérie au projet ambitieux et emblématique de faire taire les armes en Afrique d’ici à 2020», a-t-il ajouté. Au début de ce débat public, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité une résolution dans laquelle il a salué la détermination de l’Union africaine à mettre fin aux conflits dans le continent et à faire taire les armes d’ici à 2020. La résolution invite l’ONU et l’UA à renforcer leurs efforts pour «coordonner leur action de façon complémentaire» en vue du règlement, de la prévention des conflits et du relèvement post-conflit.

Entretien avec le secrétaire général de l’ONU

M. Ramtane Lamamra s’est entretenu jeudi dernier à New York avec le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterrès, auquel il a transmis les salutations du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, ainsi que ses bons vœux de succès dans son œuvre de paix au service de la communauté internationale.
L’entretien auquel a pris part l’ambassadeur et représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, Sabri Boukadoum, a permis aux deux parties de procéder à un échange de vues sur les perspectives de renforcement du partenariat stratégique entre l’organisation onusienne et l’Union africaine à la lumière notamment des dispositions que le Conseil de sécurité vient d’adopter dans le contexte du programme tendant à «faire taire les armes en Afrique d’ici à fin 2020».
M. Lamamra s’est également entretenu avec la vice-secrétaire générale des Nations unies, Mme Amina Mohamed.
L’entretien a porté sur des questions politiques africaines d’actualité. 
 

Auteur: elmoudjahid
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