Innovation pédagogique : Faire vivre l’apprentissageInnovation pédagogique : Faire vivre l’apprentissage

Mieux communiquer, mieux vivre…

Leadership
L’innovation pédagogique est peut-être aussi simple et aussi ambitieuse que cela: ne pas attendre l’entrée dans le monde professionnel pour apprendre aux jeunes à communiquer, décider, collaborer, s’adapter, prendre confiance et exercer leur leadership.

Ils ont 8 ans, 16 ans, 18 ans ou 22 ans.
Chaque matin, il va au lycée, elle va dans une école ou à l’université. Il assiste à des cours, prend des notes, elle prépare des examens, réalise des projets, rend des travaux. Quelques années plus tard, il ou elle obtiendra son diplôme. Il aura acquis des connaissances, elle détiendra une spécialité, des compétences techniques. Des hard skills.
Saura-t-il prendre la parole devant un groupe ?
Saura-t-il écouter vraiment ? Défendre une idée sans écraser celle des autres ? Recevoir une critique sans se fermer ? Prendre une décision ? Gérer un désaccord ? Trouver sa place dans une équipe? Faire preuve de leadership ? Et simplement avoir suffisamment confiance en lui pour oser ?
Tout cela aussi s’apprend.
Et peut-être devrions-nous commencer beaucoup plus tôt. Dès le primaire, pourquoi pas ?
À cet âge, l’enfant est encore dans une formidable dynamique d’apprentissage, de curiosité et d’expérimentation. Certaines soft skills et life skills sont même déjà là : la créativité, la spontanéité, la curiosité, l’envie d’essayer, de jouer, de créer avec les autres. Il ne s’agit pas toujours de tout construire. Parfois, il suffit d’appuyer sur le bouton : en marche !
Puis, au collège, au lycée et à l’université, continuons à les développer.
L’apprentissage peut devenir un véritable terrain d’expérimentation des soft skills et de l’intelligence collective.
Pas seulement à travers des cours sur la communication ou le leadership. En les vivant.
Créer ensemble. Résoudre une situation. Prendre une décision en groupe. Se lever. Bouger. Prendre la parole. Écouter. Improviser. Rire. Respirer. Lâcher prise. Se tromper. Recommencer. Apprendre à faire avec l’autre plutôt qu’à côté de l’autre.
Et derrière tout cela se joue aussi une question essentielle : l’employabilité.
Car entrer dans le monde professionnel ne consiste plus seulement à présenter un diplôme et une somme de connaissances. Il faut aussi savoir travailler avec des personnalités différentes, comprendre une consigne, présenter une idée, gérer une pression, s’adapter à l’imprévu, donner et recevoir un feedback, coopérer, prendre des initiatives.
Deux jeunes peuvent ainsi arriver sur le marché du travail avec un diplôme équivalent et des compétences techniques comparables. Celui qui sait communiquer, écouter, s’adapter, proposer et créer du lien dispose déjà d’autres ressources pour évoluer.
Et le leadership dans tout cela ?
Là encore, pourquoi attendre d’être manager pour commencer à l’apprendre?
Le leadership ne commence pas le jour où l’on reçoit un titre ou un bureau. Il commence aussi lorsque l’on ose prendre une initiative, entraîner un groupe, assumer une décision, reconnaître une erreur, écouter une opinion différente ou aider une équipe à avancer.
Permettre à un enfant, un adolescent ou un étudiant d’expérimenter ces situations, c’est déjà semer les premières graines d’un leadership responsable.
Je parle de cette pédagogie en connaissance de cause parce que je l’expérimente sur le terrain.
Dans mes ateliers Dardacha avec Sophia, dans mon nouveau format Dardacha avec Sophia Show, comme dans mes formations, j’ai progressivement intégré des outils de communication positive, de psychologie positive, de participation active, de collaboration, d’écoute, de mouvement, de rire et de lâcher-prise.
Et j’observe quelque chose de particulièrement intéressant : les participants en redemandent.
Des plus jeunes aux professionnels déjà bien installés derrière leur bureau, lorsque l’on crée un espace où chacun peut participer, expérimenter et contribuer, la posture change.
On ne reçoit plus simplement un contenu. On le vit.
On apprend avec sa tête, bien sûr, et aussi avec les autres, avec ses émotions, avec son corps, avec sa capacité à créer, à écouter et à réagir.
Le bien-être n’est pas l’ennemi de l’apprentissage. Il peut au contraire en devenir un formidable allié.
Rire ne signifie pas ne pas être sérieux. Bouger ne signifie pas perdre son temps. Jouer une situation ne signifie pas moins apprendre. Collaborer ne signifie pas renoncer à l’exigence.
C’est une autre façon d’ancrer les apprentissages.
L’innovation pédagogique est peut-être aussi simple et aussi ambitieuse que cela: ne pas attendre l’entrée dans le monde professionnel pour apprendre aux jeunes à communiquer, décider, collaborer, s’adapter, prendre confiance et exercer leur leadership.
Et surtout cette innovation dont je vous parle aujourd’hui, c’est adapter l’apprentissage aux exigences actuels, aux cerveaux actuels et carrières professionnelles futures…
Un diplôme peut ouvrir une porte.
Une fois la porte ouverte, encore faut-il savoir entrer, prendre sa place, écouter les autres… et construire avec eux.

Auteur: Sophia El Khensae Bentamy
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