La première réunion, hier, du panel des six personnalités chargées de la mission de médiation  du dialogue équivaut aussi au début de la mise en œuvre d’un nouveau processus en vue de solutionner la crise politique actuelle.

La particularité de cette démarche réside assurément dans le fait qu’elle se décline comme étant cette opportunité disposant davantage d’atouts comparée à celles qui l’ont précédé pour aboutir à l’objectif final. Il s’agit donc d’un processus déterminant eu égard au contexte plutôt favorable dans lequel il intervient. Un contexte se caractérisant autant par un solennel engagement de la part de la plus haute autorité de l’Etat, la présidence de la République en l’occurrence, à réunir les conditions idoines au succès de cette opération que par la concordance des positions de la majorité des formations politiques quant à la nécessité de se concerter sans trop tarder dans une démarche inclusive. N’en déplaise à certains esprits pessimistes, plus portés à décréter l’échec à l’avance en recourant à des préjugés infondés quant ils ne sont pas de mauvaise foi, la voie du dialogue telle qu’évoquée par le chef de l’État dans son discours du 3 juillet a suscité une plus large acceptation de la part de la classe politique, la société civile, les universitaires et compétences nationales. Mieux, même le mouvement citoyen, soit le «Hirak populaire» aurait plus tendance à approuver ce nouveau processus de concertation, et ce, tenant compte des échos  des marches populaires de vendredi dernier dans plusieurs wilayas. Autant de signaux positifs qui ont été d’ailleurs mis en exergue par  Karim Younès, lors de son intervention hier à la Radio nationale. Il évoquera à cette occasion les principaux points inscrits à l’ordre du jour de la première réunion du panel, tout en insistant sur l’urgence d’aller vers l’application des mesures d’apaisement, notamment la libération des détenus, comme promis par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah. «Du moment que le chef de l’Etat a donné son accord au sujet de ces mesures devant  contribuer à instaurer un meilleur climat de confiance en vue du succès du dialogue, il appartient donc aux  parties concernées de procéder sans trop tarder à leur mise en exécution» a-t-il soutenu.
«L’on comprendra que l’application de ces mesures ne pouvait intervenir tout de suite après l’audience accordé par le chef de l’Etat», a-t-il poursuivi. Quant à l’ordre du jour de la réunion d’hier du panel, il expliquera que celle-ci a trait à la mise en place de son règlement intérieur et notamment à la définition de son plan d’action à mettre en œuvre dans les prochains jours. Il s’agit, précise-t-il, d’une feuille de route définissant les modalités à faire valoir au profit d’un dialogue global avec l’ensemble des  formations politiques et les organisations de la société civile. Des visites aux sièges des partis et des associations sont d’ailleurs retenues dans le plan d’action du  panel, fait savoir en outre Karim Younès, ajoutant qu’il est  également nécessaire de doter les six personnalités, dont il fait partie, d’un siège à Alger afin de mener à bien leur mission de médiateur de  dialogue. Le succès de cette démarche est  aussi tributaire, souligne l’intervenant, de l’adhésion  de l’environnement  politique en vue d’une solution consensuelle dans le sillage de laquelle seront définies les voies et mécanismes se rapportant à la tenue d’une élection présidentielle dans les meilleurs délais. Dans son discours du 3 juillet à la Nation, M. Bensalah a assuré que cette élection «sera entourée des garanties requises». Aller vers un scrutin présidentiel «reste la seule solution démocratique viable et raisonnable» a  encore  insisté M. Bensalah qui s’est dit convaincu que «seul un président de la République, issu d’une élection incontestable, aura, en effet, toute la confiance et la légitimité nécessaires et toutes les prérogatives requises pour concrétiser l’aspiration profonde au changement, satisfaire l’ensemble des revendications populaires légitimes et entreprendre les réformes profondes dont le pays a crucialement besoin».
Par la même occasion, il a aussi réitéré l’urgence d’ouvrir le dialogue «parce que le pays doit recouvrer au plus vite sa normalité politique et institutionnelle, qui le mettrait en position de faire face aux incertitudes économiques et sociales et aux menaces qui pèsent sur notre sécurité nationale du fait d’un environnement extérieur particulièrement complexe», a-t-il  plaidé.
Karim Aoudia
 

Auteur: elmoudjahid
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