Celle-ci, on l’a entendue chez un jeune coiffeur algérois qui, soit dit en passant, n’arrêtait pas de martyriser sa bavette en la tirant vers le bas, avant de la remonter, la mort dans l’âme ou presque, comme tout le monde peut le deviner. La bavette, il aurait aimé, bien évidemment, s’en débarrasser une bonne fois pour toutes, mais que voulez-vous, «il faut bien bouillir la marmite». Les temps sont déjà très durs en travaillant, on imagine ce que ce serait si on venait à lui fermer la boutique. Parce que si ça ne tenait qu’à la sécurité sanitaire, on pense bien qu’il ne s’en encombrerait pas et il le montre dans chaque geste, à tout instant. Les temps sont donc très durs pour beaucoup de monde et la marmite ne bout pas de la même eau sur tous les feux. Il nous raconte donc celle-là : «Vous vous rendez compte, 3ammou, ils vont à Hydra casser le siège de Sonatrach parce qu’ils sont en colère.» Ils sont en colère pourquoi ? «Justement, j’y arrive, tonton. Ils cassent tout pour revendiquer le versement des primes des joueurs, qui gagnent des centaines de millions par mois, roulent en bolides dernier cri, construisent des villas et se shootent à la blanche . Ce sont les émeutiers du Mouloudia, 3ammou, moi je suis un supporter et je les connais tous. La majorité d’entre eux n’ont pas 50 dinars en poche. Moi, j’arrête.»
Entendu à la télé. De temps en temps, sinon souvent, l’ENTV fait violence à son personnel en envoyant des équipes chercher, et toujours trouver bien sûr, des… touristes algériens émerveillés de découvrir la beauté de leur pays. Dans les localités qu’on leur fait visiter, nos « touristes nationaux » aiment tout. La nature, les infrastructures, les services et tout le reste. Le dernier qu’on a entendu était à Taghit et il a dit ceci au journaliste qui l’interviewait : «Vous êtes en train de voir… le sable, Allah ibarek !» Cool.
Vu et entendu ailleurs. Ça se passe quelque part dans l’ouest de la France. Deux ânes piégés par les inondations alors qu’ils étaient en train de paître tranquillement se sont retrouvés isolés sur une bande de terre sous la menace des eaux. Leur propriétaire a donné l’alerte et la mobilisation des pompiers et des gendarmes, une équipe de plongeurs a fini par sauver les deux bêtes au grand bonheur de leur propriétaire. Evidemment, il n’y a ni morale ni second degré dans cette information. On peut parler des ânes, juste comme ça, surtout quand ils reviennent de loin, non ?
S. L.
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