Plus de 5,4 millions de personnes vivaient dans la pauvreté absolue en Italie en 2025, soit 9,3 % de la population, selon les statistiques publiées le 15 octobre 2026 par l’Institut national italien de statistique (ISTAT). Plus de 2,1 millions de ménages sont concernés. Malgré une situation globalement stable par rapport à 2024, les enfants, les familles nombreuses et les ménages comprenant des ressortissants étrangers restent particulièrement exposés. L’emploi ne constitue pas non plus une protection suffisante pour tous.
Les chiffres essentiels
de personnes vivent dans la pauvreté absolue en Italie, soit 9,3 % de la population.
d’enfants de moins de 18 ans sont concernés, soit 12,5 % des mineurs.
des ménages comprenant au moins un étranger vivent dans la pauvreté absolue, contre 5,9 % des ménages composés uniquement d’Italiens.
Source : ISTAT — Données 2025, publiées le 15 octobre 2026.
Que signifie être pauvre en Italie ?
La pauvreté absolue, telle que la mesure l’ISTAT, ne concerne pas uniquement les personnes sans emploi ou sans logement.
Elle désigne les ménages dont les dépenses de consommation sont insuffisantes pour couvrir un ensemble de besoins essentiels, notamment l’alimentation, le logement, l’habillement et d’autres biens et services indispensables.
Le seuil de pauvreté varie selon la composition de la famille, l’âge de ses membres et le lieu de résidence. Il n’existe donc pas un montant unique applicable à tous les Italiens.
L’ISTAT distingue également la pauvreté relative, qui mesure la situation d’un ménage par rapport au niveau de consommation de la société.
En 2025, près de 8,7 millions de personnes étaient en situation de pauvreté relative, soit 14,8 % de la population. Les deux indicateurs répondent à des méthodes différentes et leurs effectifs ne doivent pas être additionnés.
Une pauvreté persistante malgré une légère baisse des taux
La pauvreté absolue concernait 9,3 % de la population en 2025, contre 9,8 % en 2024.
Pour les ménages, le taux est passé de 8,4 % à 8,0 %.
L’ISTAT considère néanmoins que la pauvreté absolue est restée statistiquement stable à l’échelle nationale. Les variations observées ne permettent donc pas de conclure à une amélioration générale significative.
L’intensité de la pauvreté demeure également préoccupante.
En moyenne, les dépenses des ménages pauvres sont inférieures de 18,5 % au seuil de pauvreté qui leur correspond. Cet écart atteint 21,6 % dans les familles avec enfants mineurs.
Autrement dit, la difficulté ne réside pas uniquement dans le nombre de personnes pauvres, mais également dans l’insuffisance de leurs ressources pour couvrir les besoins essentiels.
Le Sud reste plus touché, mais près de la moitié des ménages pauvres vivent dans le Nord
Les disparités territoriales demeurent importantes.
Le Mezzogiorno, qui regroupe le Sud de l’Italie et les îles, affiche le taux de pauvreté absolue des ménages le plus élevé, à 9,6 %, contre 10,5 % en 2024.
Le Nord-Ouest enregistre un taux de 7,7 %, le Nord-Est de 7,4 % et le Centre de 6,3 %.
| Région | Ménages pauvres | Taux |
|---|---|---|
| Sud et îles | 813 000 | 9,6 % |
| Nord-Ouest | 568 000 | 7,7 % |
| Nord-Est | 386 000 | 7,4 % |
| Centre | 338 000 | 6,3 % |
Le constat est toutefois plus nuancé lorsqu’on examine la répartition des ménages pauvres à l’échelle nationale.
Malgré des taux régionaux inférieurs à ceux du Sud, 45,3 % des ménages italiens en pauvreté absolue vivent dans le Nord, contre 38,6 % dans le Mezzogiorno et 16,1 % au Centre.
La pauvreté n’est donc pas uniquement un phénomène concentré dans les régions méridionales. Elle touche également les grands bassins économiques et industriels du pays.
Plus d’un million d’enfants sous le seuil de pauvreté
Avec 1,136 million de mineurs concernés, la pauvreté absolue touche 12,5 % des enfants et adolescents italiens.
Le taux atteint 12,1 % parmi les jeunes de 18 à 34 ans, contre 8,9 % chez les 35-64 ans et 6,1 % parmi les personnes âgées de 65 ans et plus.
La composition familiale accentue les écarts.
Parmi les ménages comptant au moins cinq membres, 19,2 % vivent dans la pauvreté absolue. Le taux atteint 16,9 % chez les couples ayant trois enfants ou plus et 11,5 % parmi les familles monoparentales.
L’ISTAT relève néanmoins un signe encourageant pour les enfants de 7 à 13 ans : leur taux de pauvreté est passé de 14,9 % en 2024 à 12,1 % en 2025.
La situation reste particulièrement difficile dans les familles pauvres avec mineurs, où l’écart moyen entre les dépenses de consommation et le seuil de pauvreté atteint 21,6 %.
Travailler ne suffit pas toujours pour échapper à la pauvreté
L’un des enseignements importants du rapport concerne les ménages dont la personne de référence exerce une activité professionnelle.
La pauvreté absolue touche 8,5 % des familles dont la personne de référence est salariée.
Le taux grimpe à 14,3 % lorsqu’elle est ouvrière ou occupe un emploi assimilé. Il atteint 20,7 % dans les ménages dont la personne de référence recherche un emploi.
Les qualifications jouent également un rôle important.
La pauvreté concerne 4,4 % des ménages dont la personne de référence possède au moins un diplôme du secondaire supérieur, contre 11,9 % lorsqu’elle n’a pas dépassé le premier cycle du secondaire.
L’emploi et le niveau d’études demeurent ainsi associés à une meilleure protection économique, sans garantir à eux seuls qu’un ménage dispose de ressources suffisantes.
Les familles étrangères beaucoup plus exposées
Les écarts selon la nationalité sont particulièrement marqués.
La pauvreté absolue touche 5,9 % des familles composées exclusivement de ressortissants italiens.
Le taux atteint 26,7 % parmi celles comprenant au moins une personne étrangère et 29,4 % dans les familles composées uniquement de ressortissants étrangers.
Ces catégories se recoupent : les familles exclusivement étrangères sont incluses dans l’ensemble des ménages comprenant au moins un étranger.
Selon les informations institutionnelles italiennes publiées le 19 octobre, plus de 1,5 million de ressortissants étrangers vivent personnellement en situation de pauvreté absolue, soit 29,8 % de la population étrangère résidente, contre 7,3 % parmi les ressortissants italiens.
Les taux calculés sur les personnes doivent être distingués de ceux portant sur les ménages.
Ces écarts révèlent des situations économiques et sociales profondément différentes. Ils ne suffisent toutefois pas à identifier une cause unique, les conditions d’emploi, la composition familiale et le coût du logement pouvant intervenir simultanément.
Quelles conséquences pour les Tunisiens vivant en Italie ?
Les résultats de l’ISTAT concernent également les familles tunisiennes ayant des proches installés en Italie.
Les ressortissants tunisiens font partie de la population étrangère étudiée, mais le communiqué général ne fournit pas de taux de pauvreté spécifique à leur communauté.
Il serait donc incorrect d’appliquer directement aux Tunisiens le taux de 29,8 % observé pour l’ensemble des ressortissants étrangers.
Des rapports consacrés à la communauté tunisienne, publiés par les autorités italiennes, permettent d’étudier plus précisément sa situation en matière d’emploi, d’intégration économique et de conditions de vie.
Pour les familles concernées, la situation économique en Italie peut également peser sur la capacité d’épargne et les transferts financiers vers les proches restés en Tunisie. Aucun effet chiffré sur ces transferts ne peut cependant être déduit des seules données de pauvreté publiées par l’ISTAT.
Le rapport dresse finalement le portrait d’une pauvreté profondément ancrée dans un pays développé, où les difficultés ne se limitent ni au chômage ni aux régions historiquement défavorisées.
Plus d’un million d’enfants pauvres, des ménages salariés qui ne parviennent pas à couvrir leurs besoins essentiels et de fortes inégalités selon la nationalité : derrière la stabilité des statistiques nationales, la précarité demeure une réalité quotidienne pour des millions de résidents en Italie.
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Auteur: balkis T
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