Depuis qu’ils sont sortis dénoncer la situation qui prévaut et les verdicts énoncés par eux sous la pression, je fais ce que je peux pour comprendre. J’avoue, en toute humilité, que l’affaire est compliquée. Vous arrivez, vous, à faire la différence entre ceux qui revendiquent une justice indépendante, se rangent derrière le mouvement populaire et affirment soutenir les raisons qui ont poussé les gens dehors et ceux qui jugent sévèrement les jeunes gens arrêtés durant les marches ? Pas moi ! Je parle, tout le monde aura compris l’allusion, des magistrats. Des juges qui savent pourtant que ces derniers sont sortis exprimer les mêmes attentes auxquelles leur corps a clamé souscrire. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi, dans ce cas, ceux des manifestants qui sont interpellés, avec la brutalité que l’on sait, puis livrés à leur jugement, ne sont-ils par élargis au nom de la liberté d’expression consacrée par la loi ?
Les juges savent pourtant que les jeunes rêvent d’un futur que le système leur interdit d’envisager. D’un avenir indépendant de son bon vouloir. Adhèrent-ils vraiment au contenu de ces attentes comme ils l’ont affirmé à quelques reprises ? Il n’y a pas que les magistrats qui sont sortis remettre en cause les dérives qui menacent l’intégrité du pays.
Les avocats l’ont fait, eux aussi ! Où sont-ils ? Pourquoi courent-ils les plateaux de télévision au lieu de foncer défendre et faire libérer des concitoyens injustement interpellés ? Il ne se passe pas un jour sans que l’on regrette que les juges et autres procureurs ne soient là que pour répondre aux seules injonctions de l’autorité. Des magistrats honnêtes et sincères ? Il doit, sans aucun doute en exister, comme partout ailleurs. Il n’a jamais été question de décréter qu’ils étaient tous coulés dans le même moule. Mais, qu’ils se soient tous trouvés des accointances avec les vertus et les promesses du Harak — qualités que les justiciables ne leur connaissaient pas jusqu’alors — ça me laisse perplexe. Où sont les tribunaux censés rendre la justice en toute sérénité ? Peut-être attendent-ils, encore, que de là- haut, on leur lâche la main et leur en donne la permission ?
M. B.
Auteur:
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.