Marrakech – Toutes les composantes de la famille de la justice, notamment son épine dorsale, à savoir les magistrats et les cadres et fonctionnaires du Secrétariat-greffe, doivent faire preuve d’esprit d’équipe et travailler en harmonie pour satisfaire les exigences du justiciable, a affirmé, vendredi soir à Marrakech, le Premier Président de la Cour de Cassation, Président délégué du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), M. Mustapha Fares.

« Le justiciable d’aujourd’hui réclame l’efficacité, la gouvernance, la transparence et la moralisation. Des exigences qui obligent toutes les composantes de la famille de la justice, en particulier son épine dorsale, les magistrats et les cadres et fonctionnaires du Secrétariat-greffe, à faire preuve d’esprit d’équipe et à travailler en harmonie selon un plan d’action efficace », a-t-il expliqué dans une allocution lue en son nom par le chef de la division de la communication institutionnelle au CSPJ, Mohamed Khadraoui, à l’ouverture du Forum national des professions spécifiques de l’Administration judiciaire.

Un plan d’action, qui fixe les tâches et responsabilités et unifie les efforts, loin de toute vision élitiste étriquée, a-t-il ajouté à l’occasion de cette Rencontre de deux jours, organisée par l’Amicale des Fonctionnaires de la Justice en partenariat avec le ministère de la Justice et en coordination avec le Syndicat démocratique de la Justice, sous le thème « l’Ordre du secrétariat-greffe: entre problème d’identité et question de diversité ».

Dans ce cadre, M. Fares a tenu à exprimer sa grande fierté d’avoir travaillé tout au long de sa carrière professionnelle avec nombre de femmes et d’hommes du Secrétariat-greffe, qui étaient un modèle d’assiduité, de sacrifices et de générosité à donner le meilleur d’eux-mêmes malgré l’absence des moyens, des incitations et des conditions favorables de travail.

Rappelant que le Royaume, et avec lui la justice, a toujours été riche par sa diversité et fort de sa capacité à assimiler sa pluralité dans le cadre d’un projet sociétal unifié par ses objectifs, sa vision et sa mission, M. Fares a expliqué qu’il s’agit d’un projet visant à consacrer l’Etat de Droit et des Institutions et reposant, entre autres, sur une justice compétente, intègre et moderne, toujours proche des attentes et aspirations des justiciables.

Ce sont des défis qu’aucune composante, à elle seule, ne peut plus relever et affronter dans le cadre d’une approche où elle s’accapare la gestion et la mise en place des plans et stratégies, a-t-il dit.

A cet égard, il a fait observer qu’aujourd’hui, la justice à travers le monde est tenue de garantir les droits, de consacrer les libertés, de diversifier et d’améliorer la qualité des services, de statuer sur les affaires dans des délais raisonnables, d’accélérer les procédures, d’activer leur mise en œuvre et d’assurer la sécurité judiciaire dans toutes ses dimensions politiques, sociales, économiques, solidaires et des droits de l’Homme.

Il a, en outre, insisté sur la nécessité d’ériger en priorité la manière de faire de cette diversité un capital immatériel qui « nous permettra de jouir de la confiance des justiciables, de réaliser la justice, de mettre en œuvre le contenu de la vision Royale pour la réforme de la justice et d’être à la hauteur des multiples attentes et aspirations ».

Mettant en avant la vision Royale incarnée à travers de nombreux Discours, dont le Discours historique prononcé par le Souverain en 2009 à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, dans lequel Sa Majesté le Roi Mohammed VI a tracé un plan de réforme basée sur six axes dans le cadre d’une approche participative et intégrée, M. Fares a fait remarquer que ces axes démontrent, sans ambages, le rapport et le lien constant entre le système judiciaire et le Secrétariat-greffe et témoignent de leur centralité et de l’impératif de leur réforme, de leur encadrement, de leur formation, de leur moralisation et de leur mise à niveau en vue de relever le défi de la réforme du système judiciaire.

« Après tous les acquis positifs cumulés par notre pays dans le domaine de la justice, nous sommes tenus aujourd’hui de traduire dans les faits toutes ces conclusions et livrables dans le cadre de projets concrets et clairs avec patriotisme, professionnalisme et un esprit responsable », a-t-il insisté.

A cet égard, il a soutenu qu’il n’y a plus de place dans la justice d’aujourd’hui à une quelconque approche fragmentaire étriquée ou idéologie élitiste, soulignant que tous sont appelés à tirer profit de la diversité et à répondre aux questions d’actualité pour aboutir à une justice efficace et équitable.

Pour sa part, le premier secrétaire général adjoint du Syndicat Démocratique de la Justice, Fakhreddine Benhaddou a salué l’importance de la tenue de ce Forum qui permet d’ouvrir le débat sur un chantier complexe ayant trait aux professions spécifiques de l’Administration judiciaire et de poser des questions profondes exigeant des réponses appropriées selon une approche participative.

Il a également mis l’accent sur l’importance du corps du Secrétariat-greffe dans la réforme du système judiciaire, précisant que les différentes composantes de ce corps professionnel ont le devoir de préserver, de consacrer et de consolider les fondements de l’indépendance du Pouvoir Judiciaire en vue de garantir l’efficacité, la gouvernance, la transparence et l’intégrité du système de la justice.

Dans ce sillage, M. Benhaddou a insisté sur l’impératif de la modernisation de l’administration judiciaire et du corps du Secrétariat-greffe pour mieux servir la justice et les justiciables, ajoutant que les greffiers ont un rôle central et représentent une valeur ajoutée pour le renforcement et l’appui de l’Administration judiciaire.

Il a, en outre, expliqué que le chantier de réforme des professions spécifiques de l’Administration judiciaire ne peut se concrétiser sans la promotion du corps du Secrétariat-greffe et la redéfinition de ses attributions, vu la diversité des spécialités qui composent ce corps.

M. Benhaddou a, par ailleurs, invité les responsables, notamment au ministère de la Justice, à accorder un grand intérêt à cette catégorie professionnelle et à les motiver sur les plans professionnel, matériel et social afin que ses membres puissent mener à bien les missions qui leur incombent.

Auteur: Meriem IGASS
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