Marrakech – Les participants à un colloque organisé, samedi à Marrakech, ont appelé à l’amélioration de la qualité des plaidoiries dans les affaires de la justice des mineurs et ce, dans le cadre d’une approche participative avec les autres professionnels qui contribuent à la prise de décision judiciaire inhérente aux affaires de cette catégorie.

Au cours de cette rencontre, initiée sous le thème « L’Enfant en conflit avec la Loi : Enfance victime ou Enfance coupable ? », les intervenants ont souligné l’importance de la recherche des solutions les plus efficaces pour la mise à niveau de la justice des mineurs, ce qui nécessite un diagnostic de l’état des lieux afin de déterminer les dysfonctionnements et les défaillances de la performance professionnelle, ainsi que les moyens à même de permettre d’améliorer la qualité des plaidoiries dans les affaires des mineurs.

Dans ce sillage, Me Mohamed Karam, professeur à la faculté de droit de Marrakech et avocat au barreau de la cité ocre, a passé en revue la chronologie des chartes et conventions internationales relatives aux droits de l’enfance, avec un focus sur les garanties qu’elles offrent au mineur déféré devant la justice, notant que le législateur marocain a procédé à l’actualisation des lois nationales conformément aux engagements internationaux tel que stipulé dans le préambule de la Constitution de 2011.

De son côté, Mme Fatima Achhab, avocate au Barreau de Marrakech, s’est attardée sur la sanction de l’enfant délinquant, tout en s’interrogeant si l’établissement pénitentiaire peut se substituer aux institutions à vocation éducative, comme la famille, l’école et les maisons de jeunes.

Elle a, dans la foulée, insisté sur l’importance de renforcer la réconciliation au sein de la justice familiale, en particulier en cas de divorce, mettant en relief la dimension sociale dans le domaine de la justice pénale.

Pour sa part, Me Moulay Houssein Raji, avocat au barreau de Marrakech, s’est arrêté sur le rôle de l’avocat dans la justice des mineurs, qui commence dès l’arrestation du mineur par les éléments de la police jusqu’à la fin de la procédure, soulevant l’existence de plusieurs contraintes qui entravent la mise en œuvre de ce principe.

Quant à Me Moulay Rachid Ghorfi, du même Barreau, il a abordé le rôle de l’avocat dans la protection des mineurs, relevant le manque de référentiels et de preuves à même de soutenir l’avocat dans ses plaidoiries au sujet des affaires des mineurs.

Il a mis l’accent sur la nécessité du réseautage entre les barreaux en tant que force de pression et de plaidoyer pour répondre aux problématiques posées par la justice des mineurs.

Initiée par la Fondation Mohammed VI pour la Réinsertion des Détenus, en partenariat avec l’Ordre des avocats de Marrakech et l’appui de l’UNICEF, ce colloque qui intervient dans le cadre de la célébration de la Journée Nationale de l’Enfant (25 mai), vise à enrichir le débat, à favoriser l’échange des expériences pionnières et des bonnes pratiques et à définir les défaillances et les lacunes afin d’y remédier.

La clôture de cette rencontre a été marquée par la tenue des finales de la première édition du Concours Régional de l’Art de Plaidoirie en matière de Justice des mineurs.

Première initiative du genre organisée au Maroc, avec l’appui de l’UNICEF et de l’initiative de la Fondation Mohammed VI pour la Réinsertion des Détenus, le concours portait sur des présentations simulées des meilleures plaidoiries retenues suite à la présélection parmi plus de 15 avocats-stagiaires participants audit concours.

A l’issue de ce concours, les trois meilleures Plaidoiries sélectionnées par un Jury composé des représentants de l’Ordre des Avocats de Marrakech, du Pouvoir judicaire, du Ministère Public et de la Fondation Mohammed VI pour la Réinsertion des Détenues, ont ainsi été primées.

Auteur: Meriem IGASS
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