Après une courte «accalmie», le ballet des personnalités politiques et des hommes d’affaires devant la justice reprend de plus belle, à la faveur de l’ouverture, hier, du dossier de Tahkout, le patron de Cima Motors.
En effet, plusieurs anciens hauts responsables ont été auditionnés par le procureur de la République près le tribunal correctionnel de Sidi M’hamed, puis par le juge d’instruction, pour des affaires de corruption et de malversations. Il s’agit, notamment de l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et d’autres anciens membres du gouvernement : Abdelghani Zaâlane, ministre des Transports et des Travaux publics, Youcef Yousfi et Abdeslam Bouchouareb (Industrie), ainsi d’ex-walis, dont Abdelkader Zoukh.
En l’absence d’informations officielles émanant du parquet de Sidi M’hamed, les spéculations vont bon train, et l’on ignore même si l’audition porte uniquement sur le dossier Tahkout ou sur d’autres affaires, notamment celle de l’homme d’affaires Ali Haddad. Tahkout a été entendu avec plusieurs membres de sa famille, dont son frère et son fils, sur des dossiers portant sur l’octroi de privilèges à sa société Cima Motors.
Il s’agit d’affaires liées aux marchés publics, de foncier et d’obtention d’indus avantages, impliquant l’Agence nationale du développement de l’investissement (ANDI), l’Office national des œuvres universitaires (ONOU) et même l’ETUSA pour le transport urbain et suburbain. L’homme d’affaires est mis en cause suite à l’acquisition en 2013 d’une centaine de bus et de camions fabriqués par l’entreprise SNVI, une opération qui a été financée par des crédits bancaires. Outre ces hauts responsables, d’autres cadres seront auditionnés par la justice. On parle de pas moins de 120 personnes qui sont concernées par l’enquête.
Il est à rappeler à la fin que dans le cadre de l’affaire Haddad, et en application des dispositions de l’article 573 du Code de procédure pénale, le parquet général près la Cour d’Alger a transmis, le 26 mai dernier, au procureur général près la Cour suprême, le dossier d’enquête préliminaire, instruite par la Gendarmerie nationale pour des faits à caractère pénal, à l’encontre de 12 anciens responsables qui bénéficient de la règle du privilège de juridiction, en raison de leurs fonctions au moment des faits.
S. A. M.
Auteur: elmoudjahid
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