Conjoncture particulièrement difficile oblige, la Banque d’Algérie a de nouveau décidé d’ajuster ses outils classiques pour parvenir, entre autres, à un renforcement des banques en liquidités, donc mettre des crédits à la disposition des entrepreneurs.
Moins de deux mois après la dernière initiative du genre, au titre de cette année 2020 qui s’annonce très particulière sur le plan économique notamment, à travers son Comité des opérations de politique monétaire, réuni pour le passage en revue des principales évolutions de la situation économique, monétaire et financière nationale et internationale, ainsi que de ses perspectives à court et moyen terme, notamment celles ayant trait à l’évolution de l’inflation, de la liquidité bancaire, du crédit et de la croissance économique, la Banque d’Algérie a pris la résolution — qui ne surprend pas à vrai dire – d’agir sur le régime de réserve obligatoire de liquidité en le portant à 6% au lieu des 8% actuellement en cours, libérant ainsi de l’argent frais pour notamment des crédits qui devraient faire courir les agents économiques incessamment sous peu, après les affres induites par le Covid-19 et pour la conduite des promesses de refonte économique. L’étude de l’évolution de la situation a également conduit le Comité des opérations de politique monétaire de la BA à décider de ramener le taux d’intérêt directeur à 3% en l’abaissant de 0,25% et en parallèle relever le seuil de refinancement des titres publics négociables de 90% à 95% pour les échéances résiduelles inférieures à 1 an, de 80% à 90% pour les échéances résiduelles de 1 an à inférieures à 5 ans et de 70% à 85% pour les échéances résiduelles égales ou supérieures à 5 ans. Une instruction qui entrera en vigueur le 15 du mois courant, selon le communiqué diffusé par la Banque d’Algérie qui, explique-t-elle, conforte par ces décisions celles prises afin de permettre de «libérer, pour le système bancaire, des marges additionnelles de liquidités et mettre ainsi à la disposition des banques et établissements financiers des moyens supplémentaires d’appui au financement de l’économie nationale à des coûts raisonnables».
La banque des banques ne compte pas s’arrêter là puisqu’elle laisse entendre dans son communiqué ayant sanctionné la réunion de mercredi dernier qu’elle prendra d’autres mesures selon l’évolution de la situation économique du pays et suite aux évaluations qui seront opérées par ses services des mesures prises par les banques et les établissements financiers pour mettre en application les mesures décidées, notamment celles édictées pour accompagner les entreprises impactées par les effets du Covid-19.
Azedine Maktour
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