La céramique, un business à partLa céramique, un business à part

Faïence, grès, porcelaine, poterie, terre crue ou cuite, de l’art ancestral à la production industrielle, la céramique revient en force dans notre quotidien. C’est pour mettre en valeur cette industrie que l’Association professionnelle des industries de la céramique réunit, le 15 mai à Casablanca, les acteurs clés du secteur, industriels, architectes, designers.

Contrairement aux idées reçues, l’industrie de la céramique connaît un renouveau certain, marqué certes par un boom du « fait main », mais également par l’essor des céramiques techniques. C’est ce qui fait que l’Association professionnelle des industries de la céramique (APIC) compte bien monter en puissance avec l’organisation de la première édition de la Journée nationale de la céramique.

Organisée le 15 mai à Casablanca par l’APIC, cette première édition, placée sous l’égide du ministère de l’Industrie et du Commerce, devra réunir industriels, architectes, designers et experts autour d’un même objectif : monter en puissance pour faire de la céramique un pilier de l’industrie nationale, au centre des enjeux de construction, d’innovation et de compétitivité.

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Au moment où la filière fait face à une pression croissante sur les prix et à l’évolution des normes de qualité, l’APIC entend instaurer un dialogue de haut niveau pour structurer et transformer le secteur. Les acteurs clés du secteur, que ce soient les industriels, architectes, designers, experts et autres représentants institutionnels, seront ainsi invités à échanger autour des opportunités à saisir pour repositionner la céramique comme un levier stratégique de l’industrie nationale. À l’heure où les exigences en matière de qualité, de durabilité et de compétitivité s’intensifient, la filière cherche à redéfinir sa place dans les dynamiques de construction et d’innovation.

C’est d’ailleurs en ce sens qu’ont été pensés les panels, qui traiteront de la revalorisation du matériau, de la labellisation « Made in Morocco » et des perspectives de développement à l’échelle nationale. Il s’agit aussi de la revalorisation de la céramique, de l’évolution de sa perception, du positionnement du produit marocain, ainsi que des perspectives de développement à l’échelle nationale. Sans oublier le marché international, très friand de ce genre de produits. Ce qui fait dire à Omar Chaabi, le président de l’APIC, que : «Cette initiative traduit une volonté collective de fédérer les acteurs autour d’une ambition commune : faire de la céramique un secteur moderne, compétitif et créateur de valeur pour l’économie nationale. »

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Or, l’ambition de repositionner la céramique au cœur des enjeux industriels exige une véritable révolution économique. D’autant plus que le secteur est confronté à une concurrence internationale sauvage qui mise beaucoup sur l’innovation et la modernisation industrielle pour se pérenniser. Un écosystème marqué par la contrefaçon, qui a autant besoin de protection juridique, de certification marocaine que d’un label national qui protège des usurpations et met en lumière des produits locaux alliant des savoir-faire anciens et des spécificités locales, par tradition. Les organisateurs espèrent bien que ce premier pas pourrait ainsi poser les jalons de rencontres plus régulières, de manière à soutenir fortement l’essor d’une industrie en mutation. 

Auteur: Abdelaziz Bouabid
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