La cheffe du gouvernement tunisien a déclaré, lors de son intervention au nom de la Tunisie à l’ouverture du sommet Russie-Afrique, que le système international de paix et de sécurité traverse une crise de confiance, marquée par un recul sans précédent de son efficacité et de sa crédibilité.
Selon la présidence du gouvernement, elle a souligné que la communauté internationale se trouve aujourd’hui à un tournant décisif, alors que les décisions internationales sont de plus en plus soumises à des calculs géopolitiques étroits et que les règles du droit international sont appliquées de manière sélective, selon une logique de « deux poids, deux mesures ».
Elle a estimé que l’incapacité des Nations unies à mettre fin à ce qu’elle a qualifié d’« injustice historique et de génocide » subis par le peuple palestinien, ainsi qu’à freiner les politiques de colonisation et de privation alimentaire, constitue l’illustration la plus manifeste d’un dysfonctionnement structurel menaçant les fondements mêmes du système de sécurité collective.
La Tunisie réaffirme son attachement au multilatéralisme
Dans le même contexte, la cheffe du gouvernement a affirmé que l’engagement profond de la Tunisie en faveur de la coopération internationale et du multilatéralisme n’a jamais été un choix dicté par les circonstances, mais s’inscrit dans la continuité d’un parcours historique de lutte, profondément enraciné dans le combat pour la libération nationale et le parachèvement de la souveraineté.
Selon la même source, elle a insisté sur le fait que la paix et la sécurité ne peuvent être instaurées par l’imposition de rapports de force, mais nécessitent un véritable rétablissement de la justice et de l’équité, ainsi qu’un engagement sincère en faveur de l’ensemble des principes et objectifs consacrés par la Charte des Nations unies.
Un appel à une réforme profonde des Nations unies
À cet égard, la cheffe du gouvernement a réaffirmé la position de la Tunisie quant à la nécessité d’accélérer une réforme globale et profonde du système des Nations unies.
Cette réforme devrait, selon elle, tenir compte des transformations que connaît le monde, contribuer à redonner toute sa place à l’action collective et favoriser l’instauration d’un ordre mondial plus juste, plus équitable et plus équilibré.
Elle a également souligné l’importance de garantir une représentation équitable du continent africain et des pays en développement au sein des instances internationales.
Le renforcement de la coopération russo-africaine au cœur du sommet
La cheffe du gouvernement a par ailleurs estimé que ce sommet se tient dans un contexte international particulièrement complexe, marqué par une accélération des évolutions géopolitiques et une multiplication des crises, des tensions et des conflits armés.
Elle a également évoqué les perturbations économiques et énergétiques, les menaces sanitaires ainsi que les risques liés au changement climatique.
Selon elle, ces défis ne se limitent plus à des zones géographiques déterminées, mais revêtent désormais des dimensions internationales interdépendantes, nécessitant des approches globales et une solidarité internationale effective.
Dans ce cadre, elle a considéré que la volonté des parties africaine et russe d’organiser ce sommet traduit une détermination renouvelée à poursuivre le renforcement de leur coopération, à consolider les acquis déjà réalisés et à porter leur partenariat vers des niveaux plus ambitieux et plus efficaces.
Elle a enfin insisté sur la nécessité de développer cette coopération dans un esprit de respect mutuel et de recherche de l’intérêt commun, sur la base d’une vision claire de l’avenir, d’une volonté politique affirmée et de mécanismes permettant de transformer les engagements communs en réalisations concrètes.
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Auteur: Mohsen Tiss
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