6,2% cette année et 6,1% l’année prochaine
Pékin devrait favoriser davantage la consommation intérieure
Les recommandations du dernier rapport de la Banque mondiale
La Chine se place au deuxième rang mondial en ce qui concerne la création des richesses. En 2019, sa part dans le PIB mondial devrait s’établir à 18,2%
La Chine doit «revoir son modèle économique». C’est le constat dressé par la dernière livraison de la Banque mondiale. Sur fond de ralentissement économique et de guerre commerciale sino-américaine, l’empire du milieu a vu sa croissance s’essouffler. Elle devrait s’établir à 6,2% cette année pour se replier à 6,1% en 2020. Un niveau qui ne permet pas de créer suffisamment d’emplois dans le cas de l’économie chinoise.
Dans un environnement moins favorable (ralentissement de la croissance mondiale), l’économie chinoise devra de plus en plus s’appuyer sur la demande intérieure, recommande la Banque mondiale.
«En réponse à la modération de la croissance et à des conditions externes moins favorables, Pékin a mis l’accent sur les incitations fiscales», relève Martin Raiser, directeur pour la Chine de la Banque mondiale.
«Alors que le gouvernement central dispose d’un espace budgétaire pour accroître les dépenses si nécessaire, les mesures de relance doivent être financées de façon appropriée», précise-t-il. Ceci, soit directement au niveau central, soit par des transferts budgétaires supplémentaires aux provinces.
Des dépenses plus élevées dans la santé, l’éducation et la protection sociale pourraient contribuer à stimuler la demande et à améliorer la qualité des services. «En 2019, de nouvelles réductions d’impôts combinées au relèvement du plafond des emprunts sur le budget des gouvernements locaux peuvent conduire à un déficit d’environ 5,9% du PIB, prévient la banque.
Le rapport indique également que les exportations nettes auront peu d’impact sur l’économie dans un contexte d’une nouvelle taxation douanière et du ralentissement de la croissance mondiale.
L’escalade des tensions commerciales, une plus faible confiance des entreprises et une croissance plus lente du commerce mondial devraient peser sur les investissements et les exportations en 2020. Ce qui amène la Banque mondiale à revoir à la baisse sa prévision de croissance pour l’année prochaine à 6,1%.
Pour faire face à l’essoufflement plus rapide que prévu de la croissance, plusieurs mesures ont été prises pour relancer l’activité économique. Les émissions d’emprunts des administrations infranationales destinées à financer des projets d’infrastructure se sont accélérées, tandis que la Commission d’Etat pour le développement et la réforme approuvait de plus en plus de projets.
Aux habituelles mesures en faveur des infrastructures s’est ajouté cette fois tout un ensemble de réductions d’impôts. Le secteur des entreprises bénéficie non seulement d’une réforme de l’impôt sur le revenu des personnes physiques représentant 0,52 % du PIB (suppression de l’abattement individuel et des deux tranches inférieures d’imposition) dans l’objectif de stimuler la consommation. La Chine a également procédé à une forte réduction des taxes et redevances. Les taux de TVA ont été ramenés dans le courant de l’année 2018 de 17 % à 16 % et de 11 % à 10 %.
Les droits d’importation ont été abaissés à deux reprises en 2018, en passant de 9,8 % à 7,5 %, d’où un allégement de 0,3 % du PIB de la charge qu’ils représentent. Les droits de douane sur les automobiles importées des États-Unis ont été ramenés de 40 % à 15 %.
En ce qui concerne l’endettement, le ratio de la dette publique chinoise en pourcentage du PIB n’est pas particulièrement élevé: 36%. Dans l’hypothèse d’une décélération progressive du taux de croissance, qui s’établirait à 5 % à l’horizon 2030, d’une remontée à 4 % des taux d’intérêt et d’un déficit budgétaire à 2,8 %, la dette publique s’annonce viable.
Cependant, le vieillissement rapide de la population et son coût, en termes de protection sociale, de santé et de dépendance, pèseront sur les dépenses publiques et creuseront le déficit.
A.G.
Auteur: hlafriqi
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