En effet, pour l’ancien dirigeant du Mouvement Ennahda, Fateh Rebiai, les noms proposés pour la conduite du dialogue sont dans l’ensemble « acceptables », ce qui constitue, selon lui, le début de la solution à la crise. Fateh Rebiai a exprimé son souhait de voir la liste complétée avec des personnalités nationales de « poids » et d’ « adhésion populaire ».
Le président du parti Talaie El-Hourriyet a, pour sa part, apporté son soutien au panel des six personnalités nationales qui vont jouer les « médiateurs » entre les Algériens et le Pouvoir. «Le dialogue national est désormais plus qu’un choix, c’est aujourd’hui une nécessité vitale qui inclut l’intérêt suprême de la patrie », écrit Ali Benflis sur sa page Facebook. Il se montre des plus confiants quant à l’issue de ce dialogue. Pour lui, on n’a jamais été proches du règlement de la crise politique depuis son début. « Depuis le début de la crise, nous sommes aujourd’hui plus proches que jamais d’une solution », assure-t-il. « Les conditions du règlement de la crise sont à notre portée plus qu’elles ne l’ont été durant toutes les précédentes étapes », conclut-il.
Le président du Front de l’Algérie Nouvelle (FAN), Djamel Benabdeslam, a, quant à lui, enregistré avec satisfaction l’adhésion de Karim Younès à la direction du dialogue et rappelé que ce dernier était présent à plusieurs reprises, dans les rues d’Alger, avec le mouvement populaire. « Lorsqu’on lui a proposé de diriger le dialogue, il a refusé d’être proposé par le pouvoir sans le consentement des autres parties (société civile, partis de l’opposition, personnalités nationales). Il a tenu une série de rencontres avec ces derniers pour demander conseil et leur avis sur le sujet. Il a exigé des mesures d’apaisement pour accepter la mission, ainsi que l’indépendance totale du panel et de ses décisions», a-t-il précisé, tout en mettant en exergue les qualités de l’ancien président de l’APN, dont le parcours, selon lui, le place à la hauteur de la mission qui lui a été confiée. Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ) prend note des engagements annoncés par la présidence de l’Etat dans le communiqué chargeant un panel de personnalités nationales à mener le dialogue national inclusif en vue de l’élection présidentielle. Dans ce sens, il l’invite à les réaliser rapidement. Le parti de Mohamed Saïd considère que la rupture existe entre le Pouvoir et le peuple, laquelle s’est aggravée depuis le 22 février. Il s’accorde ainsi le temps nécessaire pour s’assurer de la sincérité de la volonté politique du Pouvoir, avant de se prononcer sur ses relations avec le panel, une fois sa composition définitive achevée.
Pour sa part, le Dr Liès Merabet, président du Syndicat des praticiens de la santé publique, estime que le panel est chargé d’une mission historique noble, celle d’ouvrir la voie du dialogue entre les Algériens et de revenir au processus électoral. Toutefois, il propose d’élargir ce panel à d’autres personnalités à forte adhésion populaire pour créer un équilibre régional et idéologique. Il cite, à ce titre, l’ancien diplomate Taleb El Ibrahimi, l’ancien chef du gouvernement Mouloud Hamrouche, la moudjahida Djamila Bouhired et d’autres noms proposés par le
« Hirak populaire ».
Pour ce qui est des engagements pris par la Présidence de l’Etat, en ce qui concerne notamment la libération des détenus du mouvement populaire, Liès Merabet estime que « ce sont des signes positifs pour le succès du dialogue ». Hamza Kharoubi, président de la Coordination nationale des aides-soignants affiliée à la Fédération des forces productives, a déclaré que la direction du dialogue avec sa structure actuelle est acceptable. Il déplore, toutefois, l’absence totale d’éléments jeunes, susceptibles de rendre ce panel plus influent et acceptable pour tout le peuple algérien. Le Front des forces socialistes (FFS) considère que «cette commission n’a de mandat que celui que les décideurs lui ont attribué afin d’encadrer un dialogue imposé au pas de charge», estimant qu’à travers ce dialogue, «les tenants du pouvoir essayent encore une fois de gagner du temps». Le Parti des travailleurs (PT) s’est dit, de son côté, «convaincu que la voie qui permettra de réaliser le changement radical réclamé par des millions de citoyennes et de citoyens réside dans la mise en place d’une Assemblée constituante souveraine».
Salima Ettouahria
Auteur: elmoudjahid
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