La déception et la frustration sont là ! La colère aussi ! Mais l’espoir, lui, n’a pas disparu. Il n’a pas abandonné ceux qui le cultivent, le portent et continuent de l’exprimer de la façon ultime qu’ils auront trouvée pour le faire ! Occuper la rue pour prolonger la contestation et exiger que l’on corrige les travers qui persistent à tirer le pays vers le bas et entretiennent l’opacité dans laquelle il navigue. Au moment où je rédige cette chronique, je ne sais pas encore comment les choses vont se passer, mais  les hélicos chargés de veiller au grain ont, quant à eux, repris du service. Ils sillonnent de nouveau le ciel dans l’assourdissante et indiscrète surveillance du terrain que l’on sait. Je ne sais pas quel sera l’impact qu’aura la commémoration de ce deuxième anniversaire du Hirak sur la gestion d’une crise dont on devrait mesurer les risques qu’elle fait peser sur la stabilité du pays. Remanier, en partie, le gouvernement et reconduire à la tête du nouveau celui censé s’être planté dans le choix de membres précédents ! Dissoudre l’Assemblée nationale et engager des élections anticipées en vue de remplacer les hommes et les femmes qui y officiaient jusque-là. S’engager à opérer une moralisation inédite des profils qui sévissent au sein d’une chambre d’enregistrement qui excelle dans le vote à main levée pour tout ce que l’on propose à son assentiment. Remettre au boulot une chambre basse qui a pour tradition de ne pas trop se fouler la rate en faveur d’électeurs qu’elle est censée représenter. 
Des députés qui, par ailleurs, ont trop à faire et se fichent complètement de la mauvaise réputation qu’ils  doivent aux affaires qu’ils entreprennent en dehors de l’hémicycle, quand ils ne commencent pas par réclamer plus de privilèges et des salaires plus conséquents. On a annoncé des grâces présidentielles qui ont tout juste touché quelques détenus d’opinion parmi ceux déjà condamnés. Une grâce ! Pour confirmer que seule l’expression tolérée est considérée comme libre. Les autres détenus attendront, à leur tour, d’être jugés, pour avoir bousculé l’image du système, avant que leur cas soit soumis à une potentielle miséricorde !
M. B. 

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