Le moteur de la zone UEMOA en proie à de vives tensions politiques
Le pays est la première destination des investissements directs marocains en Afrique
Alliés jusqu’à peu, le président Alassane Ouattara et Guillaume Soro, ancien président de l’Assemblée nationale, ne sont plus sur la même longueur d’onde. Ce dernier est sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour «tentative d’atteinte à l’autorité de l’Etat». Des accusations qu’il dément (Ph. AFP)
Les Ivoiriens sont appelés en octobre 2020 à élire un nouveau président. Ces élections s’annoncent d’ores et déjà tendues. L’actuel président Alassane Ouattara et Guillaume Soro, ancien Premier ministre et ex-président de l’Assemblée nationale, qui l’a aidé à accéder au pouvoir pendant la crise postélectorale de 2010-2011 ne s’entendent plus.
La rupture entre les deux est totale. Candidat déclaré à la présidentielle de 2020, Guillaume Soro est sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour «tentative d’atteinte à l’autorité de l’Etat». Des accusations que démentent Guillaume Soro, s’estimant victime d’une manipulation. Son retour en Côte d’Ivoire, après six mois à l’étranger, a été avorté, son avion ayant fait demi-tour vers l’Europe.
Ce samedi 28 décembre, le président Alassane Ouattara a mis en garde contre toute tentative de déstabilisation de la Côte d’Ivoire: «Nul ne sera autorisé à déstabiliser la Côte d’Ivoire», a-t-il déclaré lors d’un point-presse à l’issue d’une rencontre à Abidjan avec le président de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema.
«Le droit sera appliqué à tous, candidat ou pas. Nul n’est au-dessus de la loi, aussi bien les anciens présidents de la République, les présidents d’institution, le président de la République et tous les autres», a poursuivi Alassane Ouattara.
Depuis Paris, Guillaume Soro promet d’organiser la «résistance politique». L’ex-président de l’Assemblée nationale a prévu d’adresser un «message à la Nation en direct sur tous ses médias sociaux le 31 décembre», en même temps que la traditionnelle allocution de nouvelle année du chef de l’Etat ivoirien.
Ces nouvelles tensions font remonter à la surface de mauvais souvenirs. Si elles perdurent, elles sont susceptibles de ralentir la première économie de la zone UEMOA et affecter les performances des pays voisins. Par ailleurs, la Côte d’Ivoire est un pays stratégique pour les entreprises marocaines. C’est la première destination des investissements directs marocains en Afrique subsaharienne. Le pays a attiré 7,4 milliards de DH d’investissements entre 2003 et 2017.
J. R.
Auteur: hlafriqi
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