
Organisée en collaboration avec l’Ecole nationale des Sciences appliquées (ENSA) relevant de l’Université Cadi Ayyad et la Grande Ecole de Commerce (GEC) de Marrakech, cette rencontre avait pour objectif de sensibiliser sur l’ampleur de ce phénomène qui reste encore « un sujet tabou » et de faire connaitre les mécanismes mis en place pour assister et encourager les femmes à recourir à la justice pour dénoncer ce genre de crimes.
Cette table ronde a également offert l’occasion pour aborder la question de la recrudescence du fléau de la cyber-violence et du crime numérique contre les femmes sous plusieurs angles et points de vue : technique, sociologique, légal, juridique, sécuritaire…
Intervenant à cette occasion, la présidente du Rotary club Marrakech Majorelle, Jamila Mabsout, a relevé que les progrès technologiques et la prolifération des réseaux sociaux ont contribué à faciliter et augmenter les cas de violence contre les femmes, mettant l’accent sur les différentes formes de ce genre de crimes (harcèlement, insultes, diffamation, intimidation, propos malsains, partage de photos personnelles, atteinte à la vie privée…) qui laissent de graves séquelles, causent des traumatismes aux victimes et peuvent mener dans certains cas au suicide.
Dans ce cadre, Mme Mabsout a mis en exergue les grands pas accomplis par le Maroc dans le cadre de la lutte contre la violence à l’égard des femmes à travers la ratification des différentes conventions internationales en la matière, la promulgation de la loi 103-13, ainsi que l’élaboration de politiques publiques visant l’éradication de ce phénomène.
De son côté, l’enseignant universitaire et responsable de la filière Génie cyber Défense et système de télécommunications embarquées à l’ENSA, Anas Abou El Kalam, a indiqué que l’organisation de cette rencontre traduit l’ouverture de l’université sur son environnement socio-économique et sur les véritables préoccupations de la société, relevant que la lutte efficace contre le fléau de la cyber-violence et du crime numérique contre les femmes requiert une mobilisation collective de la part des individus et des institutions publiques.
Mettant l’accent sur la complexité de ce genre de crimes qui ont émergé avec les progrès technologiques, ce chercheur a relevé que la question de la cyber-violence et du crime numérique, qui est un fléau mondial, demeure « un sujet tabou notamment dans les sociétés patriarcales ».
Le substitut du Procureur général du Roi près de la Cour d’appel de Marrakech, Moulay Hassan Souidi, a pour sa part, relevé que SM le Roi Mohammed VI accorde un intérêt particulier à la question de la promotion des droits de la femme et de l’amélioration de leurs conditions de vie, mettant l’accent sur les différentes législations nationales relatives à la protection de la femme de toutes les formes de violence et de discrimination.
M.Souidi, également président de la commission régionale de lutte contre la violence à l’égard des femmes à la circonscription de la Cour d’appel de Marrakech, a abordé dans son intervention, « le rôle du Parquet général dans le cadre de la protection de la femme contre la violence numérique », mettant l’accent sur la Loi 113-13 visant la protection des femmes contre toutes les formes de violence et la réalisation du droit de la femme à une vie sociale sûre.
L’enseignante chercheure et juriste en Droit des Affaires et du numérique, Rajae Ben Saoud, a pour sa part, relevé que les statistiques du Haut-commissariat au Plan (HCP), sur la violence à l’égard des femmes « sont assez révélatrices de l’ampleur du phénomène » en dépit des efforts consentis par tous les intervenants, estimant que le code pénal doit introduire de nouvelles infractions qui sont apparues avec les récents progrès technologiques.
Affirmant que la question de la cyber-violence et du crime numérique contre les femmes « n’est pas tolérée au Maroc », elle a mis en exergue les aspects de cette violence numérique ainsi que les outils technologiques mis en place par les plateformes numériques et réseaux sociaux en vue de lutter contre cette nouvelle forme de violence (suppression des comptes, signalement de contenus et de comptes, blocage des comptes, ), qui restent insuffisants pour éliminer cette forme de violence.
De son côté, le Commissaire de police, Othmane El Kaoui, chef de la brigade de lutte contre la cybercriminalité relevant de la préfecture de police de Marrakech, a abordé dans son intervention les caractéristiques de cette nouvelle forme de crimes, ainsi que la stratégie globale et multidimensionnelle de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), basée notamment sur le renforcement des capacités et l’équipement en matériels sophistiqués pour être en mesure d’accompagner le progrès, ainsi que le renforcement de la coopération et du partenariat avec plusieurs intervenants internationaux pour une lutte efficace contre ce genre de crimes devenus transfrontaliers.
Cette rencontre a été aussi marquée par la projection d’une vidéo relatant les témoignages de femmes ayant été victimes de cyber-violence et de crime numérique, ainsi que la présentation d’un spectacle artistique et théâtral sur ce fléau.
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Auteur: Meriem IGASS
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