Alors qu’ils sont en prison depuis plus d’un an
Photo : D. R. – Hamid Melzi – Khalida ToumiLa chambre d’accusation près la cour d’Alger a prolongé de quatre mois la détention provisoire de l’ancienne ministre de la Culture, Khalida Toumi, et l’ex-directeur général de l’entreprise Sahel de gestion de la zone d’Etat de Club des Pins et de Moretti, Hamid Melzi. Les deux sont incarcérés, pour Khalida Toumi, depuis 15 mois et pour Melzi, depuis 21 mois.
Lex-PDG de la SIH (Société d’investissement hôtelier), responsable de la gestion des résidences d’Etat, de Club des Pins et de Moretti, Hamid Melzi, ainsi que l’ex-ministre de la Culture, Khalida Toumi, vontdevoir rester encore quatre mois en prison.
La chambre d’accusation près la cour d’Alger a décidé, mardi dernier, de prolonger leur détention, à la demande des juges d’instruction, chargés de leurs affaires, au niveau du pôle financier près le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger.
Les demandes de ces derniers ont été introduites, nous, apprend-on de source judiciaire, en raison du non-retour des réponses des commissions rogatoires, délivrées à des pays étrangers. Me Miloud Brahimi se dit «scandalisé», même si, ajoute-t-il, la loi permet à la chambre d’accusation d’aller au-delà des délais de détention prévus, en cas de non-réponses aux commissions rogatoires.
Il est important de rappeler que l’ex-ministre de la Culture, Khalida Toumi, a été placée en détention provisoire le 4 novembre 2019, par le magistrat conseiller près la Cour suprême, pour «octroi d’indus avantages dans les marchés publics», «abus de fonction en accomplissant un acte en violation de la loi», des accusations qui concernent la réalisation des manifestations «Alger, capitale de la culture arabe en 2007», le «Festival panafricain en 2009», «Tlemcen, capitale de la culture islamique en 2011».
Le 4 juillet dernier, alors qu’elle bouclait ses huit mois de détention, ses avocats ont interpellé le président de la République, «en tant que premier magistrat du pays, garant du respect des lois», pour dénoncer des «violations d’une extrême gravité» et «une détention illégale» qui dépasse, selon eux, largement le délai prévu par le code de procédure pénale, et l’exhortent de lui permettre de retrouver son «droit à la liberté».
Composé des Mes Fatiha Chellouch, Miloud Brahimi, Boudjemaa Ghechir et Anouar Tassabasset, le collectif fait état de «violations d’une extrême gravité», et demande l’intervention du Président pour «garantir» à l’ex-ministre de la Culture son «droit à la liberté», consacré par la loi, tout en expliquant que cette intervention «ne saurait en aucun cas être interprétée comme une interférence dans le fonctionnement de la justice», parce qu’elle ne «touche ni le fond de l’instruction ni les accusations», mais «concerne uniquement le respect de la loi et la concrétisation de la crédibilité des actes de l’administration de la justice».
Pour les avocats, «la détention ne peut excéder les huit mois, comme prévu par l’article 125 du code de procédure pénale», qui stipule qu’en matière délictuelle, «la détention provisoire ne peut excéder 4 mois, et s’il s’avère nécessaire de maintenir l’inculpé en détention, le juge d’instruction peut, après avis motivé du procureur de la République, la prolonger par ordonnance une seule fois pour quatre autres mois». Le cri de colère n’a pas eu d’écho, puisque, depuis, Khalida Toumi a passé sept autres mois, prolongés depuis mardi dernier de quatre mois supplémentaires.
Il en est de même pour Hamid Melzi, placé sous mandat de dépôt le 7 mai 2019, d’abord pour «espionnage économique», avant que d’autres chefs d’inculpation, liés à la gestion des résidences d’Etat de Moretti et de Club des Pins, et l’attribution suspecte de contrats de réalisation à plus plusieurs sociétés, poursuivies en tant que personnes morales, ainsi que les liens présumés entre l’enrichissement de ses quatre enfants et son épouse, avec ces marchés. Ses quatre enfants avaient été libérés, alors que lui a été maintenu en prison.
La chambre d’accusation a prolongé sa détention de quatre mois, alors qu’il venait de boucler vingt et un mois d’incarcération. Les cas de Khalida Toumi et de Hamid Melzi, ne sont pas isolés et remettent sur le tapis le problème de la détention provisoire, devenue un règle générale, alors que le code de procédure légale la présente comme étant une mesure exceptionnelle.
De nombreux jeunes hirakistes sont en attente de procès depuis plus d’un an, alors que les deux candidats à l’élection présidentielle avortée d’avril 2019, Rachid Nekkaz et Ali Ghediri, sont en détention provisoire depuis plus de 22 mois, pour Ali Ghediri, malgré l’annulation par la Cour suprême, des chefs d’inculpation validés par la chambre d’accusation près la cour d’Alger, et de 14 mois, pour Rachid Nekkaz, qui a été, en dépit de sa lourde maladie, transféré vers une prison au sud du pays. Des mesures dénoncées par de nombreux avocats, qui les qualifient «d’abusives».
Absence de Saïd Bouteflika aux funérailles de son frère : Sa demande a été rejetée par l’autorité judiciaire
Incarcéré à la prison d’El Harrach, à Alger, Saïd Bouteflika, frère conseiller du Président déchu, n’a pas assisté à l’enterrement de son frère, l’avocat Abdelghani, lundi dernier, à Alger, en raison du refus que lui a opposé l’autorité judiciaire.
Décédé le 8 février dernier à la suite d’une longue maladie, Abdelghani Bouteflika a été enterré en présence de son frère Nacer, de nombreux avocats et de sa proche famille, au cimetière de Ben Aknoun, à Alger.
Poursuivi et incarcéré pour des affaires de droit commun, Saïd Bouteflika n’a pu avoir l’autorisation pour accompagner son frère à sa dernière demeure. S. T.
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Auteur: Anis Khecheba
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