La réduction de la moitié des capacités d’accueil des crèches et garderies n’a pas été sans impact sur la reprise de la vie active des parents. Alors que ces structures préscolaires baignent dans le flou absolu pour le choix des enfants à garder, les parents, eux aussi, sont dans l’incompréhension.
Rym Nasri – Alger (Le Soir) – La rentrée sociale et la reprise de la vie professionnelle ont mis beaucoup de parents dans l’embarras. La levée du congé exceptionnel rémunéré accordé aux femmes enceintes et celles ayant des enfants âgés de moins de 14 ans depuis quelque deux semaines, et la reprise du travail par les femmes n’ont pas été faciles pour la plupart d’entre elles. Face aux crèches et garderies qui demeurent fermées, reprendre le travail avec des jeunes enfants, s’avère compliqué. Qui s’occupera des enfants de ces femmes travailleuses ?
Une situation qui a poussé les pouvoirs publics à autoriser la réouverture de ces établissements de la petite enfance. Une reprise conditionnée dans un premier temps, par l’accueil de seulement 50% des enfants inscrits avec le respect d’un protocole sanitaire rigoureux, afin de réduire le risque de contamination au virus du Covid-19. La moitié des enfants qui fréquentent habituellement les crèches et garderies ne seront pas donc retenus. Une restriction qui pénalise d’ailleurs de nombreux parents qui ne trouveront pas où placer leurs enfants en bas âge.
«J’ai inscrit ma fille de trois ans à la crèche en juillet dernier, afin de réserver la place. Mais j’ignore à ce jour, si elle sera admise ou pas puisque le nombre d’enfants à accueillir a été réduit de moitié pour chaque crèche», raconte Sihem, employée dans une entreprise privée. Après cinq mois de télétravail, Karim et sa femme ont repris le travail au bureau depuis quelques jours. Parents d’une fille scolarisée et d’un garçon de quatre ans, eux aussi, ont déjà inscrit leur fils à la crèche de leur quartier.
«À la mi-août, l’administration de la crèche nous a contactés pour réinscrire mon fils et régler les frais qui ont d’ailleurs augmenté. Ils nous ont expliqué que seuls 50 des enfants seront admis à la crèche, mais nous ne savons pas sur quels critères ont été choisis les enfants inscrits», s’interroge ce père de famille. Les gérants des crèches et garderies, quant à eux, baignent dans un flou absolu. Ils ne savent plus comment procéder pour choisir les enfants à accueillir. Alors que certains établissements envisagent d’opter pour un tirage au sort des inscrits, d’autres ont eu le génie de proposer aux parents de garder leurs enfants un jour sur deux.
«Certaines crèches ont proposé de garder les enfants un jour sur deux pour pouvoir accueillir tous les enfants inscrits. De cette façon, une moitié des inscrits iront à la crèche un jour et l’autre moitié le lendemain, ainsi de suite. Mais ce n’est pas une solution. Et les mamans, comment vont-elles faire ? Elles aussi vont travailler un jour sur deux, le jour où leurs enfants seront gardés ? C’est insensé !», s’indigne Manel.
Pour retourner au travail, cette mère de deux jeunes enfants est obligée de les faire garder par sa mère. «Ma mère est une femme âgée et ne peut vraiment s’en occuper, mais je n’ai pas d’autres solutions», témoigne-t-elle.
Comme Manel, elles sont nombreuses à faire appel à des membres de leurs familles, aux grands-mères ou aux tantes, pour faire garder leurs enfants pas encore en âge d’aller à l’école. D’autres femmes actives optent pour des nourrices non agréées, souvent des voisines, femmes au foyer.
Ry. N.
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