Les participants à une rencontre organisée, dimanche à Oujda par l’Association nationale de développement social (ANDS), ont souligné l’importance de la fédération des efforts des différents acteurs pour renforcer les actions de lutte contre la violence faite aux femmes et aux filles.
Ce phénomène requiert un effort collectif dans le cadre d’une approche globale et intégrée, ont-ils indiqué, estimant que la poursuite des actions de mobilisation, de sensibilisation et de conscientisation est nécessaire pour réduire le taux de prévalence de la violence à l’égard des femmes et renforcer la lutte contre toutes les formes de discrimination fondées sur le genre.
Marquée par la présentation du bilan des activités menées dans ce sens par l’ANDS dans le cadre du projet «Kafa» (Stop !), financé par l’Union européenne dans le cadre du programme Moucharaka Mouwatina, la rencontre a mis l’accent sur les conséquences des actes de violence sur la santé physique, sexuelle et mentale des femmes et des filles, et sur la loi 103-13 relative aux violences faites aux femmes.
Les effets de la violence à l’égard des femmes, qui est l’une des formes de violations des droits humains les plus répandues dans le monde, sont multiples et peuvent être immédiates ou à long terme, ont fait remarquer des intervenants, déplorant le fait que la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19) s’est accompagnée d’une hausse des cas signalés de violences domestiques à l’égard des femmes.
La présidente de l’Association nationale de développement social (ANDS), Douayri Khadija a dévoilé à cette occasion les résultats d’une étude réalisée en juillet dernier au niveau de la ville d’Oujda avec pour objectif de déterminer l’étendue des connaissances des femmes et des hommes sur la loi 103-13 et ses implications en matière de protection et de sanction.
Selon elle, les résultats de cette étude menée auprès d’un échantillon de 60 personnes, dont 70 pc de femmes ont révélé que 72,9 pc des femmes ont subi des actes de violence, physique en particulier (70,3pc).
L’étude a montré aussi que 66,7 pc des cas de violence se sont produits au foyer conjugal et que seulement 34,7 pc des femmes violentées ont eu recours à la justice, a ajouté Mme Douayri tout en mettent l’accent sur les répercussions de la violence notamment sur la santé psychique des femmes, en plus des effets économiques et sociaux.
Dans une déclaration à la Map, la présidente de l’ANDS et professeur universitaire a expliqué que le projet « Stop ! » entend soutenir les femmes et les protéger de toute violence en organisant plusieurs activités de sensibilisation afin de mettre en lumière la loi 103-13 relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes.
Elle a ajouté que l’association a organisé une série d’activités, en mode virtuel dicté par la Covid-19 ou en présentiel, afin de sensibiliser et d’informer sur le contenu de la loi 103-13, citant, entre autres actions, une conférence en ligne encadrée par Khaled Kharraji, procureur adjoint du Roi et chef de la Cellule locale de soutien aux femmes et enfants victimes de violence au tribunal de première instance d’Oujda, et une session de formation au profit de 70 hommes et femmes.
D’autres rencontres initiées par l’association ont porté sur la mise en application effective des dispositions de la loi contre les violences faites aux femmes, et sur les conséquences de la violence et la procédure de recours à la justice.
De son côté, Benyounes Znasni, coordonnateur régional du Programme Moucharaka Mouwatina a indiqué que cette rencontre a permis de présenter le bilan du projet « Kafa » mis en œuvre par l’ANDS et financé par l’Union européenne dans le cadre du Programme Moucharaka Mouwatina.
Il a rappelé que ledit Programme vise à soutenir les initiatives de la société civile dans les domaines de la jeunesse, de l’égalité et de l’environnement dans quatre régions du Royaume (l’Oriental, Casablanca-Settat, Souss-Massa et Tanger-Tétouan-Al Hoceima), affirmant que le projet « Kafa » a enregistré d’importants résultats en matière de lutte contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles.
Auteur: Soufiane ELAHMAR
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