Par : Samir LOTFY
Commune de Sidi El Mokhtar (Chichaoua) – A plus d’une vingtaine de kilomètres de la ville de Chichaoua, plus précisément au coeur de la commune de Sidi El Mokhtar, se dresse en témoin de longs siècles de l’histoire, l’emblématique Medersa de la Zaouia de Sidi El Mokhtar pour l’enseignement originel, qui se veut « un minaret lumineux » du soufisme, de recueillement et de ressourcement spirituel.
Créée en 1010 de l’Hégire, à l’initiative du Saint et vénéré Cheikh Sidi El Mokhtar dont elle porte le nom, cet espace chargé d’histoire se trouve complètement dédié, des siècles durant, à l’initiation aux préceptes de l’islam tolérant et du juste milieu, à l’inspiration à partir de la Souna du prophète Sidna Mohamed (PSSL) et au savoir et à l’apprentissage des sciences coraniques et téléologiques, ce qui lui a conféré une notoriété si exceptionnelle.
En effet, l’histoire rayonnante de la Zaouia du vénéré Sidi El Mokhtar, qui compte une Médersa traditionnelle et une mosquée, demeure intimement liée à celle de toute la région, étant donnée que cette Medersa est très connue par la rigueur scientifique de son staff pédagogique, ainsi que par la qualité des cours dispensés au profit des apprenants, basés notamment sur la mémorisation, la psalmodie et la récitation du Saint Coran, ainsi que sur un retour aux préceptes et principes de l’islam tolérant, tel que fondé sur le rite Malékite et le dogme Achâarite.
Une rigueur scientifique et intellectuelle qui s’avère payante puisqu’un nombre conséquent de « Tolbas » (étudiants) ayant reçu leur formation au sein de cette institution vont devenir par la suite des prêcheurs, des mourchidines, des enseignants des sciences téléologiques et des mémorisateurs et psalmodeurs du Saint Coran.
Si le rôle majeur de cette école traditionnelle dans la diffusion et la promotion de l’islam modéré a été palpable à travers des longues années, cet espace d’apprentissage a toujours bénéficié d’une attention particulière.
Et pour preuve : Ce lieu de culte et du savoir avait déjà fait l’objet de travaux de réfection et d’extension de la zone réservée à la prière et ce, à l’initiative du Caïd Moulay Yarâah Sbaïi, selon une note de présentation de cette école.
Cet intérêt pour la préservation de cet espace de mémorisation du Saint Coran et de maîtrise des sciences téléologiques va se poursuivre, puisqu’à partir de l’année 2000, c’est un bienfaiteur qui, dans un geste de solidarité et d’entraide, a pris l’initiative de construire un nouveau siège pour cette Medersa.
Gérée actuellement par l’Association « Al Mouhamadiya » pour l’école traditionnelle de Sidi El Mokhtar, cet espace d’apprentissage compte 9 salles de classe, une bibliothèque, un internat accueillant plus de 100 étudiants, en provenance de différentes régions du Royaume, avec des dortoirs, un réfectoire, une cuisine, outre des dépendances administratives.
A ses débuts, l’enseignement au sein de la Medersa de Sidi El Mokhtar était limité à la mémorisation du Saint Coran et à la formation dans certaines sciences téléologiques, en se servant d’outils classiques d’apprentissage (planches : Alouah), avant d’adhérer à partir de 2007, au programme de l’enseignement originel mis en oeuvre par le ministère des Habous et des Affaires Islamiques.
A partir de cette date, il a été procédé à la remise de certificats scolaires aux lauréats dans différents cycles d’enseignement au sein de ladite Medersa, que ce soit : le primaire, le collégial ou encore le secondaire.
Actuellement, la Medersa de Sidi El Mokhtar est dirigée par un directeur, deux surveillants généraux, un économe, outre un staff pédagogique composé de 17 enseignants qui dispensent des cours dans différentes disciplines modernes, à l’instar des langues étrangères (français et anglais), la philosophie, l’informatique et ce, à côté de cours en sciences classiques (la langue arabe, le fikh, l’interprétation, ou encore le hadith).
Approché par la MAP, M. Mohamed Nait Abdellah, chargé de la Medersa de la Zaouia de Sidi El Mokhtar pour l’enseignement originel, a fait savoir que cette école, créée au début du 11è siècle, a continué sa mission de mémorisation du Saint Coran et d’enseignement des sciences téléologiques, tout en jouissant d’une notoriété incontestable parmi les anciennes Medersa du Royaume.
Cette école qui accueille des apprentis en provenance de différentes régions du Maroc, était au départ une ancienne bâtisse, avant qu’elle ne soit dotée d’un nouveau siège construit d’une manière moderne, à l’initiative d’un bienfaiteur, s’est-il félicité, notant que l’école continuait de jouer son rôle classique en matière d’éducation et de formation, jusqu’à 2007 pour devenir plus organisée en couvrant tous les cycles d’enseignement et ce, sur la base d’un test de classement et une évaluation des connaissances des élèves par niveau scolaire.
« Nous avons commencé par le cycle primaire et nous avons poursuivi notre mission de formation et actuellement, la Medersa de Sidi El Mokhtar dispose d’un cycle secondaire », a-t-il enchaîné, relevant que nombre de lauréats de cette Medersa s’orientent facilement, par la suite, pour poursuivre des études universitaires ou autres », a expliqué M. Nait Abdellah.
Et d’ajouter que les élèves au sein de cette Medersa sont internes et pris en charge (nourriture, logement….) et ce, grâce à l’Association gestionnaire, faisant savoir que ce lieu de culte dispose aussi, de recettes générées par certains magasins dont elle est propriétaire, les dons de bienfaiteurs, outre ce qu’on appelle la « Ratbiya », une tradition séculaire au niveau local et qui consiste à ce que les étudiants de la Medersa s’orientent vers les familles de Sidi El Mokhtar pour apporter des repas (déjeuner et dîner).
La Medersa de Sidi El Mokhtar bénéficie aussi de certaines subventions du ministère de tutelle, outre des bourses octroyées aux étudiants en fonction de leur niveau scolaire, a-t-il expliqué.
« Cette rigueur a fait que notre Medersa à permis de former des Savants, des érudits, des prêcheurs et des mourchidines dont certains sont installés à l’étranger », s’est-il réjouit, mettant en avant la Haute Sollicitude dont Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, ne cesse d’entourer le champ religieux, ainsi que les anciennes Medersa et écoles coraniques à travers l’ensemble des régions du Royaume.
De son côté, M. Abderrahim Meskini, président de l’association « Al Mohamadiya » de la medersa de Sidi El Mokhtar, s’est attardé sur le rôle joué par cette « forteresse » de la connaissance et du savoir dans la diffusion des valeurs et principes de l’islam tolérant et du juste milieu.
Il a, de même, loué l’ensemble des initiatives prises par les bienfaiteurs ainsi que par les autres donateurs, à l’image du Croissant Rouge Marocain (CRM), les instances élues ainsi que les autorités provinciales, de manière à permettre à cette Medersa de continuer à s’acquitter de ses nobles missions, dans d’excellentes conditions.
Auteur: Meriem IGASS
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