Avant d’aller vers l’évocation de votre vision en général à imprégner dans le domaine de la Culture à travers toute sa diversification, qu’en est-il des dossiers de l’heure sur lesquels vous vous êtes attelée en tant que ministre de la Culture ?

Effectivement, nous avons procédé le 20 avril dernier au lancement officiel  du mois du patrimoine que nous  considérons comme titre de manifestation d’extrême importance. La cérémonie a eu  lieu au Palais de la Culture en présence de nombreux ministres qui nous ont assuré de leur soutien et de leur accompagnement dans cette mission très noble de préservation du patrimoine. Plusieurs projets ont été entamés à travers lesquels il est gagé de valoriser notre patrimoine matériel et immatériel suivant  une approche de proximité avec le citoyen. A cet effet, un riche programme a été établi comportant diverses manifestations au niveau des collectivités locales et des directions de wilaya de la Culture. Il s’agit, notamment d’expositions comme celle mettant en valeur les dernières découvertes d’Ain El Hnech de Sétif ou encore une exposition photo sur les monuments historiques ainsi qu’une troisième traitant du patrimoine immatériel intitulée «Africa». A cela s’ajoute une série de visites de musées et de sites archéologiques à l’exemple du ceux du Grand  Sud, mais aussi au niveau des galeries et des bibliothèques d’art. Des conférences sont aussi programmées à travers tout le territoire national. Elles seront animées par des spécialistes en vue de mieux sensibiliser le citoyen sur la nécessité de valoriser et surtout de protéger notre patrimoine. Ce qui est souhaité à  travers cette dynamique c’est surtout d’aboutir à une politique à même de sécuriser au mieux les sites culturels et archéologiques en les rendant plus accessibles aux citoyens à travers des visites accompagnées d’explications nécessaires tout en mettant l’accent sur l’importance de les préserver de toute dégradation, d’où toute la complexité de la mission de protéger un musée à ciel ouvert. On est d’ailleurs en train d’étudier les possibilités d’amender la loi 89-04 y afférente que nous pensons, aujourd’hui, dépassée. Le projet d’amendement sera proposé au moment opportun. En attendant, en dépit de certaines lenteurs constatées, je peux vous assurer que l’ensemble des cadres du ministère relevant des différents services travaillent d’arrache-pied pour protéger les sites culturels et anthologiques. Mêmes les collectivités locales sont mobilisées sur cette question dans la mesure où elles s’opposent fermement à délivrer des permis de construction lorsqu’il s’agit de travaux à mener à proximité des sites historique où autres vestiges. Du reste, l’on ne peut parler de Mois du patrimoine sans mettre en lumière notre culture orale. C’est ainsi qu’il est question dans le cadre de cette manifestation de présenter des pièces théâtrales de même que la programmation d’artistes et de chorales comme cela a été le cas avant-hier à Alger avec la chorale Arabesque composée de jeunes talents âgés de 6 à 26 ans. 
Nous sommes à quelques jours du mois sacré du Ramadhan, une période habituellement animée par nombre de manifestations culturelles, qu’en est-il au juste de «la feuille de route» du ministère pour cette année où le mois sacré intervient dans une conjoncture bien particulière eu égard au contexte actuel que vit le pays ? Pour le Ramadhan, il faut d’abord souligner d’entrée le travail de base élaboré habituellement à chaque avènement du mois sacré. Un travail que l’on reprend bien évidemment dans le but de mieux l’enrichir, le valoriser et le mettre au goût du jour et au goût du citoyen. La nouveauté pour cette année c’est que l’on rajoute un autre programme qui va intéressé directement la jeunesse suivant toujours le concept de proximité. Ce nouveau programme a été confectionné dans le cadre d’une coopération interministérielle mobilisant de ce fait les ministères de l’Intérieur et des Collectivités locales, du Tourisme, des Affaires religieuses, des Affaires étrangères et de la Communication. En appoint, nous avons  aussi mis à profit des conventions signées auparavant avec le ministère de la Solidarité et celui de la Justice. Bien évidemment, dans le cadre de cette démarche intersectorielle, il n’est pas question d’aller vers le festif au détriment de l’aspect religieux qui est le propre du mois sacré, et en ce sens des groupes de travail mixtes relevant des ministères de la Culture et des Affaires religieuse se sont justement concertés pour valoriser tout ce qui est manifestations à caractère religieux programmées pour le Ramadhan. Avec le ministère de l’Intérieur en revanche, la coopération est quotidienne et on a pu établir un programme qui couvre tout le territoire national, dans le sens où même les régions les plus éloignées pourront en bénéficier. Je citerai à titre d’exemple pour les régions du  Sud, le programme ciné-sud qui consiste en des caravanes ambulantes qui feront des projections là où elles passent. Dans le Sud, les régions intérieures et même dans les wilayas du littoral, on a prévu aussi des bibliobus qui auront, elles aussi, à sillonner différentes localités. Ce qui s’inscrit encore et toujours  suivant l’approche de proximité. En outre, un nouveau concept sera lancé pendant ce  mois du Ramadhan sous l’appellation de «Café Cosy». Il s’agit d’un café littéraire sous l’intitulé «ici l’Algérie» et dans ce cadre  nous envisageons de travailler directement avec la société civile et les associations locales. L’idée est très simple : les associations peuvent décider elles mêmes d’un thème a débattre et à nous en tant que ministère d’offrir les espaces nécessaires pour de telle rencontres où il est souhaité de faire appel à une personnalité du monde de la Culture pour  faire le topo sur tel ou tel sujet culturel. Une fois de plus ce qui est gagé à travers ce concept c’est la concrétisation de la politique de proximité. Une initiative qui s’ajoute donc à d’autres manifestations prévue en espace clos, c’est-à-dire dans la salle où il est prévu des spectacles de musique, des pièces théâtrales et des de projection de cinéma. En  plus de toutes ces activités initiées par les établissement sous tutelle et qui ont d’ailleurs convié beaucoup d’artistes pour des manifestations autant pour adultes que pour enfants, d’autres spectacles sont prévus au profit des enfants aux besoins spécifiques, et même au niveau des prisons pendant ce mois sacré. Notre communauté à l’étranger n’est  pas en reste dans le cadre de cette dynamique, puisque de nombreuse actions culturelles sont programmées dans le cadre d’une étroite collaboration avec les services consulaires algériens .
 

Auteur: elmoudjahid
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