
Au fil des siècles, ce monument cultuel et religieux aux côtés d’autres, à l’instar de la mosquée de la Koutoubia, de la Medersa de Ben Youssef, et d’autres Zaouias de confréries religieuses ayant contribué à la confection de l’histoire religieuse si authentique et singulière du Royaume, ne cessent de contribuer au rayonnement de la Cité ocre en tant que ville de promotion et de diffusion des valeurs de paix et de tolérance religieuse, mais aussi d’études et de recherches dans le domaine théologique.
Après plusieurs mois de fermeture en raison de la propagation de la pandémie de la Covid-19, la mosquée Mouassine semble retrouver actuellement son lustre d’autan, en accueillant en ce mois béni, des fidèles venus en masse de tous les quartiers limitrophes, se ressourcer et accomplir leur devoir moral dans une ambiance empreinte de piété et de recueillement et dans le respect le plus strict des mesures préventives instaurées par les autorités compétentes, en raison de la conjoncture exceptionnelle liée à cette crise pandémique.
Des fidèles de tout âge prennent ainsi, place dans l’enceinte de cette mosquée emblématique, connue également sous le nom « Jami’al-Ashraf » (Mosquée des chorfas) pour écouter le prêche et accomplir les cinq prières du jour, tout comme la prière de vendredi et les Trawihs.
La mosquée est également un haut-lieu de bénédiction et de recueillement. Une fois le fidèle franchit une de ses trois grandes portes (une entrée nord alignée avec l’axe principal du bâtiment et deux entrées symétriques à l’est et à l’ouest), il se trouve englouti dans une ambiance rarissime et combien même « apaisante » où, silence profond, une lumière soft et contrastée, et une fraîcheur douce font bon ménage pour lui offrir un périple dans le temps et dans l’espace, rompant avec toute l’agitation ambiante qui règne dans le quartier Mouassine avec ses souks et lieux de négoces.
« Outre les fidèles qui affluent vers la mosquée de tous les quartiers de l’ancienne médina pour accomplir leurs prières, la mosquée Mouassine, qui jouit d’une longue histoire au sein de la cité ocre, a toujours constitué une destination de choix pour les érudits, qui venaient de toutes les régions du Royaume et de l’étranger afin d’enseigner aux disciples toutes sortes de sciences », a souligné Moulay Hicham Essaidi, membre de la Délégation provinciale des Affaires islamiques, dans une déclaration à M24, la chaine télévisée de l’information en continu de la MAP.
Ces érudits tenaient, dans cette mosquée mythique, des cercles, qui ont attiré des étudiants assoiffés du savoir et des connaissances religieuses, ainsi que des habitants de la ville, qui venaient demander des fatwas ou des consultations d’ordre religieux sur des questions du quotidien, attestant du rayonnement et de l’ouverture de cette mosquée sur son environnement, a relevé M. Essaidi.
Pour sa part, le chercheur et l’historien M. Ahmed Ammalak a indiqué que ce joyau architectural fait partie du complexe Mouassine, qui comprend une bibliothèque, un hammam, une Medersa et une fontaine, faisant savoir que ce complexe « témoigne de la grandeur et de la richesse de la civilisation islamique à l’ère de la dynastie Saâdienne ».
« A l’instar de la mosquée Bab Doukkala érigée à la même époque, la mosquée Mouassine se caractérise par ses ornements très raffinés (calligraphies, arcs, qibabs…) qui reflètent le génie des artisans Saâdiens qui se sont fortement imprégnés de l’art et du savoir-faire Almohades », a expliqué l’historien, ajoutant que cette mosquée se caractérise également par son petit minaret, situé au nord-ouest, qui est composé d’un seul bloc rectangulaire de 19,2 m.
Edifiée sur une superficie de 2.618 m2 par le Sultan Saâdien Moulay Abdellah Al-Ghalib entre 1562 et 1573, la mosquée Mouassine, qui peut accueillir plus de 2.000 fidèles, a adopté un style purement arabe hypostyle selon un plan en T, la travée menant au Mihrab ainsi que celles longeant les murs latéraux sont plus larges que les autres.
Les fidèles sont accueillis par un sahn (Cour) carré occupant la moitié nord du bâtiment, avec une fontaine au centre entourée par trois galeries en arcs et un mur de la grande salle de prière, couvert en partie par un écran en bois appelé « Anaza » qui couvre l’entrée de l’allée menant au mihrab central.
Une rangée d’arcs perpendiculaires délimite les deux travées latérales en direction de la qibla. Les arcs avoisinant le mihrab ont un profil en lambrequin avec des arcs en « muqarnas » (motif ornemental de l’architecture islamique), alors que le Mihrab est une alcôve voûtée ornée d’une petite coupole en muqarnas et entouré d’un mur sculpté en stuc aux motifs arabesques, géométriques et calligraphiques.
Dans la continuité des minbars almohades et almoravides, le minbar de la mosquée est fait en bois de cèdre et de l’ébène de différentes. Sa décoration mêle marqueterie, incrustation d’ivoire et panneaux à reliefs sculptés pour former à la fois des motifs géométriques et végétaux.
La mosquée Mouassine demeure très connue par sa fontaine, la plus grande de toutes les fontaines de la cité ocre. Située immédiatement au nord de la salle d’ablutions de la mosquée, cette fontaine est de forme rectangulaire et mesure 18,10 m de longueur et 4,70 m de largeur et regroupe trois grands abreuvoirs couverts de voûtes ouverts sur la rue par trois arcades.
Vivement appréciée par tous les visiteurs et hôtes de passage à Marrakech, cette merveille de la création islamique a fait l’objet de soins constants par les différentes dynasties qui se sont succédé sur le Royaume jusqu’à nos jours, témoignant, si besoin est, de tout l’intérêt accordé à la promotion de l’islam tolérant et du juste milieu, à l’attachement aux origines et à la préservation des pages rayonnantes de l’histoire du Maroc au profit des générations montantes.
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Auteur: Meriem IGASS
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