
La région de l’Oriental a besoin de l’ensemble de la diaspora marocaine, particulièrement celle issue de cette région frontalière, pour poursuivre son élan de croissance et de prospérité dans le cadre de la mise en œuvre du Nouveau modèle de développement (NMD), ont souligné les participants à un webinaire organisé, mercredi soir, à Paris, Oujda et Rabat.
Cette rencontre virtuelle, organisée à l’initiative de l’association CADOriental Europe, un collectif d’Associations pour le Développement de l’Oriental en Europe, et l’Université Mohammed Premier (UMP) d’Oujda sous le thème « Marocains des deux rives engagés ensemble pour le développement: Cas de la Région de l’Oriental », a réuni acteurs de la diaspora marocaine, hommes politiques et élus marocains et universitaires.
La rencontre a été marquée aussi par la participation notamment du ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement rural et des eaux et forêts, Mohammed Sadiki, et du Premier vice-président du Conseil de la région de l’Oriental, Omar Hejira.
Ouvrant le wébinaire, le président de l’association CADOriental Europe, Abdelkader Hassini, a affirmé que le Maroc regorge de compétences installées à l’étranger notamment celles issues de la région de l’Oriental et qui ne demandent qu’à être impliquées dans la mise en œuvre du Nouveau modèle de développement, au service de leur pays d’origine auquel elles sont indéfectiblement attachées et lui portent un amour inconditionnel.
Les Marocains du monde veulent être acteurs du Nouveau modèle du développement et ils sont outillés pour le faire, a-t-il souligné, appelant à mieux valoriser cette « force vive » et à l’impliquer davantage en vue de propulser le Maroc sur la voie du développement.
« Les Marocains du monde sont un gisement de compétences et une passerelle entre le Maroc et les pays d’accueil. Ils contribuent au rayonnement et à l’émergence du Maroc. Mais c’est une diaspora qui veut être écoutée pour qu’elle puisse co-construire et contribuer à l’élaboration du NMD, qui se veut un projet fédérateur pour un Maroc de demain, un Maroc des compétences », a-t-il considéré.
De son côté, Yassine Zaghloule, Président de l’université Mohamed Premier d’Oujda, a affirmé que le Maroc a besoin de l’ensemble de ses enfants qu’ils soient à l’intérieur ou à l’étranger, soulignant l’importance du rôle des Marocains du Monde – une diaspora qui renferme un grand potentiel de compétences et dont le rôle en matière de transfert du savoir et de la technologie n’est plus à démontrer- , dans le développement du pays, particulièrement la région de l’Oriental.
Il s’est également attardé sur le rôle de l’université dans le développement socio-économique des régions du Maroc, affirmant que dette attente du rôle de l’université rejoint les attentes du Nouveau modèle du développement.
L’UMP d’Oujda, qui est une pépinière de jeunes compétences, participe elle aussi au processus de développement de la région en ouvrant des cursus qui répondent aux besoins de développement de l’Oriental et en initiant des formations, des expertises et des projets en collaboration avec nombre de ses partenaires, notamment le Conseil de la région.
Dans son intervention, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement rural et des eaux et forêts, Mohammed Sadiki, a passé en revue l’ensemble des projets structurants qu’initie le gouvernement pour le développement de la région de l’Oriental.
L’Oriental est une région où la science et la recherche internationale prennent une dynamique intéressante, s’est félicité le ministre qui s’est dit heureux de voir cette région décoller à plusieurs niveaux.
Il a également souligné que le gouvernement, conformément aux hautes instructions royales, veut voir le Maroc relever tous les défis présents et futurs, notamment au niveau territorial, avec pour repère le Nouveau modèle de développement.
L’exécutif, a-t-il dit, entend aussi poursuivre les principes de base du développement économique global, en intégrant les territoires dans cet élan de développement, et ce à travers une série de réformes continues.
Après avoir souligné que le facteur humain reste le pilier de tout développement, M. Sadiki a estimé que grâce à la régionalisation avancée, la région de l’Oriental est appelée à poursuivre l’élan de développement entamé dès 2003.
Le dernier rapport de 2019 du Haut commissariat au Plan sur la contribution des régions au PIB global du pays place la région de l’Oriental, encore malheureusement, à la 7ème place des 12 régions que compte le Royaume avec une contribution de 5,6 pc, a-t-il rappelé. En ce sens, l’un des objectifs du gouvernement, a dit le ministre, est de jeter les bases d’un développement territorial équilibré et qui soit le reflet d’une régionalisation avancée dans ce domaine.
Le gouvernement à travers ses incitations multiples facilite et encourage les régions à plus d’innovation dans leurs schémas régionaux d’aménagement du territoire. « On se réjouit, aujourd’hui, de voir les régions se doter de programmes de développement régionaux (PDR) et le gouvernement entend les accompagner à travers la conclusion d’importants contrats-programmes/contrats Etat-Régions », s’est félicité M. Sadiki.
« Nous soutenons la région de l’Oriental évidemment, qui a une position très particulière, frontalière, avec certes des contraintes mais également nombre atouts et de nombreuses potentialités. Nous appelons de nos vœux à ce que cette région se positionne en tant que véritable pôle de croissance fort pourvoyeur d’emplois et de richesses », a-t-il souligné .
Dans tous les secteurs, « nous consoliderons évidemment les acquis des projets antécédents (port de Nador West-med, la station balnéaire de Saaidia, la technopole d’Oujda, l’agropole de Berkane, le parc industriel de Salouane) en plus d’importantes infrastructures de transport aérien et terrestre », a encore affirmé le ministre, assurant que le gouvernement « met tout pour favoriser l’émergence socio-économique de cette région du Royaume ».
« L’Oriental occupe également une place de choix dans tous les plans sectoriels du pays et dans le programme gouvernemental, elle sera bientôt dotée d’une cité des métiers et de compétences et où l’UMP d’Oujda va jouer un rôle essentiel. Les propositions de formation de la cité répondront et compléteront l’existant aujourd’hui tout en s’ouvrant sur le monde de demain », a indiqué le ministre, soulignant que la dynamique de développement de l’Oriental va se poursuivre avec des projets « structurants » et des budgets « conséquents » pour permettre à la région de se hisser, conformément aux hautes orientations royales, pour occuper une place de choix parmi les autres régions du Maroc.
De son côté, Omar Hejira, vice-président du Conseil régional de l’Oriental, a passé en revue les grandes lignes et stratégies pour relever les défis socio-économiques qui se posent à la région de l’Oriental, notamment la promotion de l’emploi et le développement du monde rural.
L’Oriental est devenu depuis 2003, et grâce aux orientations royales, un véritable modèle de développement économique, a-t-il souligné, affirmant que le Conseil de la région travaille en « synergie » avec le gouvernement pour la mise en œuvre du programme de développement gouvernemental notamment en ce qui concerne l’Oriental.
L’Oriental, une région de plus en plus connectée via les infrastructures routière, portuaire et aérienne, ne veut plus être considéré comme une région « frontalière », mais aspire à devenir une région modèle et il dispose de tous les atouts pour ce faire, a-t-il dit.
Le Conseil de la région oeuvre à rendre cette région plus attractive pour les investisseurs nationaux et étrangers à travers de incitations fiscales, a affirmé M. Hejira. Il entend aussi ériger l’Oriental en plate-forme d’échange entre le Maroc et l’Afrique et entre le Maroc et l’Europe. « Et la diaspora marocaine, dont une grande partie est issue de cette région, peut y jouer un grand rôle », a-t-il affirmé.
« Les 8 provinces de l’Oriental ont besoin de leurs enfants, notamment sa diaspora installée à l’étranger. Nous avons besoins des Marocains du Monde dans divers niveaux : investissements, transfert du savoir et des connaissances…. », a-t-il souligné.
Les autres intervenants ont affirmé qu’il existe une réelle volonté pour la mise en œuvre du nouveau modèle de développement.
Ils ont également affirmé que la région de l’Oriental est appelée à esquisser les scénarios d’une reprise économique, mais aussi une coordination entre les politiques publiques sectorielles, défi stratégique pour la mise en œuvre du NMD. D’où la mobilisation de tous les acteurs et décideurs, sans oublier la nécessaire implication de la diaspora qui ne demande que cela.
Pareillement, les intervenants ont souligné que l’université, milieu du savoir et de la connaissance, et les Marocains du Monde, gisement de compétences, ont un rôle important pour relever les défis du nouveau millénaire en matière du développement sociétale et économique par la créativité et l’innovation.
Cette conférence s’inscrit dans le cadre d’une série de tables rondes destinées à lancer une réflexion collective autour des programmes de développement de la région de l’Oriental, en mobilisant les forces vives des deux rives.
Organisées durant les deux mois à venir, ces rencontres, qui visent à préparer les assises d’un colloque international qui se tiendra le 26 février 2022 à Oujda, en présentiel si la situation sanitaire liée à l’épidémie du Covid-19, venait à le permettre, portent l’attention sur la mise en œuvre du NMD et vont débattre plusieurs thématiques prioritaires au niveau de la région de l’Oriental afin de répertorier les domaines prioritaires pour assurer un décollage socioéconomique certain, débattre des meilleures pratiques pour réussir la régionalisation avancée et proposer les stratégies pour une déclinaison territoriale raisonnée du NMD vision 2035.
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Auteur: Soufiane ELAHMAR
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