Depuis le déclenchement de la crise migratoire de Sebta, la relation entre le Maroc et l’Espagne traverse une zone de fortes turbulences, accentuées par les comportements puérils d’un bon nombre d’acteurs politiques chez le voisin du Nord, mais aussi par des médias excellant dans le mensonge, le dénigrement et la diffamation.
Les autorités marocaines n’ont de cesse de chercher et d’encourager l’apaisement, partant du principe que la géographie est une donnée immuable. On ne choisit ni ses voisins, ni son emplacement sur la carte du monde. Dans ces temps où l’irrationnel l’emporte largement et partout sur la raison, il faudra rappeler ces vérités simples, inlassablement. Des évidences qui perdent aujourd’hui leur signification et leur valeur chez les acteurs pour engranger de petits gains électoraux, satisfaire des lubies idéologiques ou, tout simplement, flatter un égo démesuré.
En septembre dernier, le ministère marocain des Affaires étrangères a envoyé une série d’interrogations à la partie espagnole, restées sans réponse depuis. Pourquoi maintenir le réquisitoire contre le Maroc, alors qu’aucune donne, fait ou rapport n’établit une quelconque implication des autorités marocaines ? Pourquoi les migrants illégaux ne sont-ils pas refoulés, alors même que le gouvernement marocain s’est officiellement engagé à les réadmettre ? Pourquoi les mineurs non-accompagnés sont-ils maintenus loin de leurs familles, alors que le Maroc a demandé instamment leur retour ?
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Si les Espagnols sont empêtrés dans la gestion de leur crise de logement et la conduite d’une énième campagne électorale, le Maroc leur montre la voie à suivre pour repartir sur de bonnes bases. Et cette fois-ci, la clarification émane de la plus haute autorité du pays, en l’occurrence Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dont le sens de la mesure et l’attachement au bon voisinage ne sont plus à démontrer.
A l’ouverture de la première session de la première année législative de la 12è Législature, vendredi 9 octobre 2026, le Souverain a analysé la situation dans des mots clairs et précis pour ne pas laisser place à l’interprétation ou aux lectures tordues qu’affectionnent les politiciens et les journalistes espagnols, particulièrement les fameux experts du Maghreb, dont les sources sont toujours anonymes, inconnues ou carrément inexistantes.
Avant d’adresser la relation avec l’Espagne, le Souverain a posé, d’abord, le cadre général : « Le Royaume a pu conforter sa position à l’international, en tant que partenaire responsable, fiable, soucieux d’honorer ses engagements et parfaitement fondé, par voie de conséquence, à recevoir le même traitement de la part de ses partenaires ».
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« Cependant, nous devons reconnaître, avec courage et objectivité qu’en la matière, le modèle actuel de coopération a atteint ses limites, comme en attestent clairement les crises récurrentes », poursuit Sa Majesté, qui rappelle les « résultats concrets » obtenus en la matière par le Maroc, grâce à son approche équilibrée.
Maintenant que le diagnostic global est établi, le Souverain va évoquer le cas spécifique de l’Espagne. Certes, le partenariat a connu d’importantes avancées, y compris dans la lutte contre l’immigration irrégulière, mais les derniers développements vont laisser une trace indélébile, à cause de la stratégie de la peur alimentée depuis les salons de Madrid occupés à agiter l’épouvantail d’un ennemi imaginaire, en allant puiser des références dans des mythes médiévaux.
Pour revenir au discours royal devant le Parlement, le Souverain atteste : « Cette coopération se heurte aujourd’hui à des défis majeurs, liés à certaines dispositions légales dépassées et à des décisions judiciaires éloignées de la réalité. Malheureusement, un tel attelage entrave le rapatriement des mineurs et des personnes usurpant le statut de réfugié, et aiguise l’appétit des réseaux criminels ».
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La relation bilatérale se trouve actuellement dans une impasse, mais elle n’a pas encore atteint le stade de l’insolubilité. Les échanges commerciaux empruntent leur trajectoire normale, les liens d’affaires se font toujours aussi denses, du moins en apparence, les déplacements des personnes ne sont pas affectés jusque-là…. De bon augure pour la préservation des relations entre les deux pays, dont l’entente relève presque de la fatalité.
Dans ce cadre, le Souverain annonce que le Maroc présentera à ses partenaires un document dans lequel sera exposée une vision stratégique, claire et pratique, porteuse d’une orientation nouvelle visant à promouvoir le co-développement, la compétitivité économique et la stabilité régionale.
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« Nous affirmons que le partenariat est un choix souverain et un engagement volontaire, qui ne saurait faire l’objet d’aucune pression ou menace, ni d’aucun chantage ». A bon entendeur, salut !
Auteur: Jamal Chibli
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