Le ministre de tutelle vient de réunir coup sur coup, les présidents des universités ainsi que les doyens des facultés du royaume, à la veille de la nouvelle rentrée 2019/2020.
Une opportunité pour les uns et les autres de scruter les missions assignées d’une prochaine année universitaire, loin de ressembler à ses précédentes, puisqu’elle survient, juste après les discours du Monarque, aussi aiguillonnant que pimpant, notamment celui du trône, en fin du mois écoulé. Ces retrouvailles si déterminantes échouent également dans un nouveau contexte marqué par la mise en application des textes approuvés, non sans peine, à l’hémicycle bicaméral, relatifs à la loi-cadre du secteur, celle du conseil national et de l’amazighité. C’est dire combien l’ébauche ardue de l’université marocaine, dans ses multiples sections, serait très attendue au tournant, par l’embrocation élitiste du système scolaire national !
Il est donc question de disséquer à bon escient, les passages du message royal dont la teneur mise, non seulement sur la notion de la compétence, mais il interpelle aussi sur l’efficience des apprentissages à investir. De toute évidence, l’université marocaine incarne, depuis des lustres, le degré émancipateur de la génération avant-gardiste de la société, à plus d’un titre. Elle se fait siens les aspects cognitifs de la science et du savoir mais de surcroît, elle se porte garante et se veut dépositaire des bonnes valeurs. Cette jonction organique qui, de tout temps, avait noué des liens cimentés entre la formation plurielle et l’éducation civique, se remet d’aplomb avec les exigences, de plus en plus pressantes pour un pays résolument tournée vers l’émergence.
Il va sans dire que, quoiqu’on puisse dire dans un environnement général infecté par les médisances, l’université marocaine est détentrice d’excellence, puisqu’elle regroupe dans ses enceintes, le zénith des cadres richement aguerris et fort prédisposés à s’aligner sur les obligations souvent contraignantes de la conjoncture actuelle.
Sans aucunement verser dans la dénégation renégate, à des exceptions près néanmoins, la majeure partie de ces «militants» du sens large du terme, serait en mesure de relever le défi de l’université de tous les espoirs. Le nouveau modèle de développement sur lequel reposent les fondements de la relance du souffle démocratique, passerait inéluctablement par la revitalisation de l’université marocaine, en parfaite synchronisation avec tous les cycles du système scolaire national.
A ce propos, il convient de rappeler que l’espace universitaire renferme une constellation ethnique et culturelle de plusieurs régions de la nation dont le brassage enrichit davantage l’épanouissement et endurcit le sentiment d’appartenance à la patrie, en dépit des diversités et des adversités. Ce n’est que l’université qui puisse décrisper les tensions et assagir les frictions, sous l’effet des idéaux nobles de l’acception et de la tolérance.
On conviendra à dire que l’université a toujours été et demeurera, sans doute, le berceau de la bonne cause, le havre de la continuité pluraliste dont s’enorgueillit notre pays et, de ce fait, constituera le talon d’Achille de la résurrection escomptée. C’est enfin et surtout le fief propice pour éduquer des jeunes sur la vie collective et ses principes, avant même le souci de lui apprendre des choses et des choses. Pour ce faire, il va falloir repenser le produit universitaire et dépenser pour le besoin estudiantin. Hervé Bazin, le romancier français ne cessait de répéter dans ses œuvres : «Mais, plutôt que d’enseignement, c’est d’éducation que manque réellement aujourd’hui la jeunesse!».
Auteur: M’hammed rahal
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