
Les intervenants lors de cet important conclave, rehaussé par la participation de M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi et Président Fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, d’éminentes personnalités et d’un parterre d’experts et de chercheurs, venus des quatre coins du monde, ont jeté la lumière sur cet héritage combien séculaire, varié et riche en enseignements pour les générations actuelles et montantes.
Dans ce sillage, le professeur à l’Université de Bar Ilan Tel Aviv, M. Shimon Ohayon, s’est attardé sur les différents aspects de cette histoire millénaire de la communauté juive marocaine, liés entre autres aux volets linguistique, culturel, musical et gastronomique, avec un focus très particulier sur la contribution incommensurable de ce legs dans l’édification de la société israélienne.
L’expert n’a pas manqué de se féliciter de la dynamique enclenchée, dans ce sens, depuis Essaouira et la démarche prônée à cet effet par l’Association Essaouira-Mogador, tout en saluant la création du centre d’études et de recherche en droit hébraïque au Maroc en tant que source d’inspiration.
Avec cette démarche et ce genre d’initiatives, « nous mettons en place un cadre de leadership » en matière de droit hébraïque marocain, a enchaîné M. Ohayon.
De son côté, le directeur de l’Académie régionale de l’éducation et de la formation (AREF) de Casablanca-Settat, M. Abdelmoumen Talib, a présenté un exposé dans lequel il a passé en revue le bilan d’étape des réalisations accomplies dans le cadre de la Convention tripartite, conclue en juin 2021, entre l’Association Essaouira-Mogador, l’AREF et le centre d’études et de recherche en droit hébraïque au Maroc pour la promotion des valeurs de tolérance et de diversité au sein des établissements scolaires.
Ainsi, M. Talib a fait savoir que le nombre de clubs de tolérance créés au sein des différents établissements d’enseignement relevant du ressort territorial de l’AREF a atteint 2.090 en 2021, dont 1.310 au niveau de l’enseignement public et 780 dans le privé, sachant que le nombre d’élèves bénéficiaires de ces structures au cours de l’année scolaire 2020/2021 s’est établi à 75.532.
En termes d’activités, le responsable a relevé, entre autres, la présentation notamment de 150 pièces théâtrales, la mise sur pied d’une chorale plurilingue (Arabe, Amazigh, Hébreu, Français,…), la réalisation de 200 capsules vidéos de sensibilisation, la tenue d’une série d’expositions thématiques, 64 rencontres de réflexion, des compétitions sportives, la réalisation d’affiches et de dépliants, l’élaboration d’un dispositif de formation pour l’éducation par les pairs, l’organisation d’une caravane de tolérance, des sessions de formation au profit de 494 professeurs animateurs et la conception d’une cinquantaine de bandes dessinées, outre l’élaboration d’un guide desdits clubs de tolérance.
Il a également précisé que l’Académie prévoit la création de 1.000 clubs supplémentaires durant l’année en cours, des visites au profit de 1.000 apprenants à Bayt Dakira, des sessions de formation au profit de 600 professeurs-animateurs, d’un concours du meilleur club de tolérance et le lancement du prix de la meilleure capsule de sensibilisation en 2022, ainsi que l’élaboration d’une revue scolaire avec les meilleures pratiques en la matière.
Ce projet de création des clubs de tolérance a eu un impact positif tangible sur la vie scolaire au niveau des établissements relevant de l’AREF de Casablanca-Settat, a-t-il conclu.
Le directeur de la Chaire du Droit hébraïque au Maroc et vice-président du centre d’études et de recherche en droit hébraïque au Maroc, M. Farid El Bacha a, quant à lui, qualifié d’historiques ces moments qu’Essaouira vient de vivre deux jours durant, soulignant que « notre identité plurielle s’exprime notamment par le bas », grâce notamment à l’action de la société civile, comme en témoigne le lancement de cette chaire universitaire.
La prise de conscience de cette démarche touche désormais le plus grand nombre, a-t-il soutenu, annonçant la création à la Faculté de Droit de Rabat-Agdal d’un club de la diversité et de la tolérance, le premier du genre à l’échelle des universités marocaines.
Abondant dans le même sens, le président du centre d’études et de recherche en droit hébraïque au Maroc, M. Abdellah Ouzitane, a mis en relief ces moments « exaltants » et « historiques » qu’a vécus la Cité des Alizés le temps de cet important colloque international, tout en saluant l’engagement et la mobilisation des différents partenaires pour la transmission de ce legs séculaire et le succès des travaux de cette rencontre.
Pour sa part, le président de la Fédération Sépharade du Canada, M. Avraham Elarar, a noté que le Maroc dispose d’un vaste recueil de précédents juridiques qui font partie de la loi administrée par les tribunaux juifs.
Ainsi, la création de la Chaire contribuera grandement à la promotion des études et des recherches sur le droit hébraïque, a-t-il expliqué, tout en se félicitant du lancement de cette initiative, qui ouvrira de grandes perspectives pour la connaissance davantage du patrimoine juif dans le contexte du Maroc.
Enfin, les intervenants ont insisté sur la nécessité de continuer à conjuguer les efforts afin de franchir d’autres seuils, faisant constater qu’avec de telles initiatives, Essaouira et Bayt Dakira, en particulier, ce haut-lieu emblématique et chargé d’histoires « prend de l’envol pour apporter notre regard au monde entier ».
Ce colloque international a été initié conjointement, sous le thème « L’enseignement de nos diversités au cœur de la modernité de notre société », par le centre d’études et de recherche en droit hébraïque au Maroc, la Fondation Konrad Adenauer, l’Association Essaouira-Mogador, Bayt Dakira et la Fédération Sépharade du Canada.
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Auteur: Mohammed KOURSI
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