Manifestation contre la hausse des prix
Karim Ben Amar
Les marches de protestations se suivent et se ressemblent. Dans plusieurs provinces du pays, la manifestation du dimanche est un rendez-vous immanquable pour des milliers de familles qui pâtissent de la tendance haussière des produits alimentaires et, surtout, de la sourde oreille du gouvernement. L’approche du mois sacré de Ramadan exacerbe la crainte de la classe moyenne, touchée, elle aussi, de plein fouet par la flambée des prix et redoute le pire. Pour se faire entendre, tout porte à croire que le citoyen marocain n’a pas d’autres moyens que d’investir les rues. Pendant ce temps, et pour ne rien changer, l’Exécutif se terre dans le mutisme, face aux revendications légitimes du peuple marocain qui broie du noir.
À Tanger, et plus précisément sur la place des Nations, citoyens ont utilisé à bon escient le droit de manifester. Dans une ambiance empreinte de responsabilité, les manifestants ont réclamé et à juste titre la baisse des prix des produits alimentaires.
Lamiaa, une jeune trentenaire mère de famille et salariée, a déclaré à l’équipe d’Al Bayane que « nous sortons manifester pour notre pouvoir d’achat. Nous avions l’habitude de protester pour une éventuelle réforme de la Santé ou de l’Éducation, mais voilà qu’aujourd’hui nous manifestons contre le prix de la tomate et de la pomme de terre. Ceci est une véritable humiliation ».
« Nous n’avons d’autres choix que de demander l’intervention de SM le Roi Mohammed VI. Notre souverain est le seul capable à faire reculer l’offensive gouvernementale déployée contre les consommateurs, qu’ils soient démunis ou nantis », a tonné Mehdi, un jeune au Smic.
Khadija, une diplômée chômeuse a rappelé pour sa part, « nous avons porté Akhannouch à la tête du gouvernement, nous le ferons chuter à la prochaine occasion. Le Marocain n’a plus les moyens d’acheter du poisson ou de la viande, c’est une aberration pour un pays qui a plus de 3500 km de côtes et qui est aussi un pays d’agriculture et d’élevage ».
Au cours de cette journée, nous avons pu prendre la température. Les Marocains sont en colère et ne comptent pas se laisser faire. D’ailleurs tout au long de la manifestation, les participants se donnaient rendez-vous le lundi 27 février, déclarée journée de grève générale dans le pays, en réponse à l’agressivité du gouvernement.
Même son de cloche du côté des centrales syndicales qui mobilisent leurs troupes en vue d’investir les rues pour le rendez-vous du lundi. Tout porte à croire que la prochaine manifestation sera bien imposante que les précédentes. Le pire, c’est que le citoyen marocain n’attend plus rien de cet Exécutif qui semble être le plus faible depuis les 20 dernières années.
Selon l’Article 4, « les dispositions des articles 2 et 3 ne font pas obstacle à ce que des mesures temporaires contre des hausses ou des baisses excessives de prix, motivées par des circonstances exceptionnelles, une calamité publique ou une situation manifestement anormale du marché dans un secteur déterminé, soient prises par l’administration, après consultation du conseil de la concurrence. La durée d’application de ces mesures ne peut excéder six mois prorogeable une seule fois par l’administration ».
Autrement dit, ce gouvernement semble vivre dans une léthargie et fait preuve de nonchalance et de négligence inouïe. Il est complétement déconnecté de la réalité du pays auquel il fait courir les risque d’une instabilité dont il est complétement inconscient . Il n’active pas les mécanismes de régulation afin de palier aux hausses arbitraires ce qui pousse la rue à gronder et à se révolter.
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Auteur: M’hammed rahal
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