En cette journée de jeudi de ce mois de Ramadhan, la commune de Texenna connaît une ambiance particulière : les rues de cette ville grouillent de monde, les commerces sont bondés, les citoyens vaquent à leurs préoccupations quotidiennes dans cette bourgade qui est chef-lieu de daïra située à une altitude de plus de 700 mètres et se trouvant sur la RN 77 reliant Jijel à la wilaya de Sétif.
La bourgade natale de l’écrivain Saïd Boutajine dont la notoriété des monts de Béni Khetab servaient du QG de l’organisation terroriste dissoute de l’ex-AIS, a dépassé les frontières nationales durant les années de terrorisme a été fortement touchée par l’exode. Aujourd’hui, les localités de Dar Benamer, Draâ Dissa, Melhout , Boukhlef, Terakechet, Sidi Ali sont des hameaux fantômes , nous a confié Mustapha, habitant la localité 
El Gherienna, fonctionnaire dans une administration publique à Jijel, ajoutant que de nombreux citoyens de ces régions ont quitté avec armes et bagages leurs patelins fuyant les années rouges pour s’installer ailleurs, citant entre autres Jijel, Taher, Boumerdès .
La population de cette commune est passée de 30 000 en 1990 à 15 000 actuellement, selon une source communale. Un chiffre qui traduit l’ampleur de cet exode qui a provoqué le déracinement de ces milliers d’habitants qui ont perdu totalement le lien avec la terre. Certains d’entre eux dont la source de leur vie dépend des retraites des émigrés, ont acquis des biens immobiliers et des commerces notamment au quartier de camp Chevalier à Jijel, Taher et Boumerdès, a souligné notre compagnon qui nous a révélé que sa région est réputée pour ses fameux gâteaux connus sous le nom des «Dzeriettes». En ce mois de carême, deux heures avant l’iftar la région des monts de Sidi Ali est prise d’assaut par une nuée de jeûneurs à la recherche de ce gâteau dont la notoriété a dépassé les frontières de la wilaya, selon notre compagnon . 
Non loin de la grande mosquée du village, baptisée au nom d’un ancien grand notable en l’occurrence Belkacem Menia et juste au coin d’un quartier situé à proximité de la station de bus, on trouve la boulangerie de Bouheniba qui est réputée pour ses Dzeriettes, un gâteau très prisé en ce mois de carême .
Interrogé, le jeune vendeur, la vingtaine entamée, portant un tablier rouge, nous a affirmé que l’établissement de la famille fait ce gâteau depuis 1982 soulignant qu’on vient de Jijel, de Taher de Djimla, Kaous, même hors wilaya pour acheter des Dzerietes. On se bouscule au portillon de l’établissement de Salah connu sur la place locale, a précisé notre compagnon Mustapha. Rencontré chez un marchand des fruits et légumes, Farès originaire de la commune de Djimla, archéologue de profession, a souligné qu’il s’arrête à Texenna juste pour acheter des Dzeriettes et poursuivre son chemin pour rentrer chez lui à Bojouada. 
S’agissant de l’origine de ce gâteau, Mustapha a tenu à préciser que de nombreux habitants de la région ont appris les secrets de ce métier de pâtissier à Alger car  nombreux d’entre eux s’émigrent vers la capitale en quête d’emploi. Il convient de souligner qu’ en dépit des mutations socioculturelles enregistrées ces quinze dernières années dans cette région au relief montagneux, le Ramadhan garde toujours son cachet particulier qui attire de nombreux jeûneurs en quête de convivialité et de villégiature dans les monts de Sidi Ali qui furent jadis la «République des émirs» qui ont semé mort et désolation. Autres temps, autres mœurs. 
Bouhali Mohammed Cherif

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