Marrakech- Les travaux du Sommet international sur la Sécurité Hydrique se sont ouverts, mardi à Marrakech, en présence de plus de 500 participants, dont des ministres et responsables chargés du secteur de l’Eau, des acteurs institutionnels et financiers, des experts nationaux et internationaux dans les secteurs public et privé, ainsi que des représentants de la société civile.

Placé sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, ce conclave de grande envergure, initié sous le thème « Pour une gestion participative et innovante du bassin », s’assigne pour objectifs de débattre des différents aspects de la problématique de l’eau, à l’échelle locale, régionale et mondiale, et particulièrement des défis liés à l’insécurité hydrique.

Organisé par le ministère de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, conjointement avec le Réseau international des Organismes de Bassins (RIOB) et l’Institut international pour l’Eau, l’Environnement et la Santé (GIWEH), ce Sommet s’inscrit dans le processus des événements préparatoires du 9è Forum Mondial de l’eau qui se tiendra en mars 2021 à Dakar, au Sénégal.

Ce sommet, qui revêt une importance majeure de par son agenda, le choix des thématiques, le niveau des intervenants et la diversité des sujets à aborder, vise, entre autres, à maintenir le momentum politique et rehausser l’engagement des décideurs en faveur de la sécurité hydrique, à réaffirmer la nécessité de mettre en dialogue tous les niveaux d’acteur, afin de mettre en œuvre les solutions identifiées aux défis de la sécurité hydrique, à renforcer la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) afin d’assurer le développement rural, à assurer la mise en oeuvre concrète des avancées techniques et scientifiques dans les politiques et stratégies de gestion de l’eau, et à porter une attention particulière aux régions les plus vulnérables à l’insécurité hydrique, notamment l’Afrique.

En effet, la sécurité hydrique représente un enjeu majeur qui impacte le développement socio-économique à l’échelle mondiale: Si le concept est considéré avec plus d’acuité dans les zones arides, d’autres régions du monde commencent aussi à connaître des problèmes de pénurie d’eau du fait de l’accroissement considérable de la demande en eau et de l’augmentation de l’intensité́ et de la fréquence des phénomènes hydrométéorologiques extrêmes résultant du changement climatique.

Dans ce contexte de tensions quantitatives et qualitatives, exacerbé par de multiples pressions (démographiques, urbaines, climatiques et bien sûr celles exercées par les usages eux-mêmes), « comment assurer, à l’échelle des bassins versants, un accès durable à des ressources en eau en quantité et en qualité suffisantes pour la santé humaine et celle des écosystèmes dont nos sociétés dépendent ? », s’interrogent les organisateurs.

Dans ce cadre, le Sommet international de Marrakech sur la Sécurité Hydrique entend contribuer à la mise en œuvre de solutions concrètes sur ces enjeux vitaux.

Au programme de cet événement, figurent ainsi une session ministérielle de haut niveau sur la sécurité hydrique en relation avec la paix sociale, le développement économique et le besoin en matière de coordination des politiques publiques, ainsi que cinq sessions de travail qui traiteront de diverses thématiques à savoir: « Nexus Eau-Energie-Sécurité alimentaire », « La gestion de l’eau dans le contexte du changement climatique », « La connaissance et l’innovation dans le domaine de l’eau », « La diplomatie de l’eau et la coopération internationale et transfrontalière » et « Le financement ».

Sera tenue également lors de ce Sommet, la 11è Assemblée Générale du RIOB, à l’issue de laquelle le Royaume du Maroc assurera la Présidence du Réseau pour le mandat 2019-2022.

Le sommet a été précédé, le 30 septembre, par la tenue des réunions des réseaux régionaux du RIOB et du Bureau mondial de liaison du RIOB.

A noter que selon le rapport 2017 de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de l’UNICEF, 11% de la population mondiale, soit 844 millions d’individus, n’a pas eu accès à l’eau potable en 2015, et que d’après les Nations Unies, à l’horizon 2025, les deux tiers de la population mondiale vivront en situation de stress hydrique, sachant que le Continent africain est particulièrement concerné.

Siégeant à Paris, RIOB est une organisation non gouvernementale œuvrant pour la promotion des échanges d’expériences et le développement des mécanismes pour une gestion efficiente des eaux à l’échelle des bassins aux niveaux national et local.

Le GIWEH est un institut basé à Genève qui regroupe des scientifiques et des universitaires et œuvre pour le renforcement des liens entre les politiques et les scientifiques dans les domaines de l’eau et de l’environnement, afin de promouvoir le changement positif dans les modèles de gouvernance et favoriser le partage des connaissances.

Auteur: Mohammed KOURSI
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