Le PPS au parlement
S’adressant au Chef du gouvernement lors de la séance mensuelle, consacrée lundi 8 mai 2023 par la Chambre des Représentants aux questions de politique générale sur le thème : «souveraineté alimentaire », le président du groupe du progrès et du socialisme, Rachid Hamouni, a expliqué que c’est en agissant de la sorte dans le cadre du débat institutionnel que le gouvernement contribue « au rétablissement de la confiance dans la politique et les institutions élues ».
Rétablir la confiance dans les institutions élues
« C’est la discussion institutionnelle, qui porte sur le vécu quotidien des citoyennes et des citoyens, qui est à même de renforcer la confiance dans la politique et les institutions élues », a-t-il affirmé.
C’est pour cette raison que le Parti du Progrès et du Socialisme a adressé une lettre ouverte au Chef du gouvernement et non à un quelconque parti politique pour attirer son attention sur la détérioration des conditions de vie des Marocains, a-t-il rappelé, expliquant que cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’engagement du PPS, en tant que parti qui assume pleinement son rôle dans l’opposition nationale et constructive, de défendre les dispositions de la Constitution et de la pratique démocratique saine et d’appeler à des mesures concrètes pour protéger le pouvoir d’achat des Marocains et ce conformément au «concept de l’État social » que le gouvernement a adopté comme slogan.
La lettre ouverte du PPS au Chef du gouvernement
Le Parti du Progrès et du Socialisme a donc envoyé au Chef du gouvernement une lettre ouverte, après des dizaines d’initiatives de l’intérieur et de l’extérieur du Parlement, pour lui exposer la situation difficile dans le pays, a-t-il rappelé.
Et sans s’arrêter sur « certaines méthodes basses utilisées par d’aucuns pour interagir avec cette lettre », parce que le PPS appartient à « une école politique qui considère que la politique est une éthique », le député a tenu à souligner qu’il est du devoir de son groupe et de son parti de « défendre le contenu de la Constitution et la pratique démocratique » et de s’arrêter sur le refus du Chef du gouvernement de répondre et de déléguer cette tâche à son parti, qui « n’en était pas le destinataire ».
« Cette réponse, a-t-il expliqué, a montré un manque de compréhension de la Constitution et de la pratique démocratique, au point de nier le droit d’un parti politique de s’adresser au Chef du gouvernement ! ».
Mais « quelle est l’importance d’un parti politique, surtout dans l’opposition dans laquelle votre parti peut basculer demain, s’il ne joue pas son rôle constitutionnel et politique dans la critique et la proposition de toutes les manières et méthodes légales », s’est-il interrogé.
C’est pourquoi le Parti du Progrès et du Socialisme va continuer , de l’intérieur et de l’extérieur du Parlement, avec la force de la Constitution et de la loi, et de ce qu’impose la pratique démocratique saine, à demander des comptes à votre gouvernement, afin qu’il puisse rompre son silence et son incompétence et ressentir réellement les conditions sociales délicates, avec la grave détérioration du pouvoir d’achat des Marocains, la persistance de la flambée exorbitante des prix, l’élargissement significatif du cercle de la pauvreté et du chômage et l’escalade de la tension et de la colère dans tous les milieux de la société », a-t-il martelé.
Il ne s’agit pas d’un « débat de Gamila (marmite) », comme le décrivent d’aucuns d’entre vous « au mépris flagrant et inacceptable de la souffrance des citoyens », mais de « phénomènes inquiétants confirmés par des rapports et des données des institutions nationales officielles », a expliqué le député.
La souveraineté alimentaire à l’ordre du jour
Après avoir rappelé que la question de la souveraineté alimentaire est désormais à l’ordre du jour mondial, et pas seulement au Maroc, Hamouni a estimé qu’il incombe au pays en l’état actuel des choses de « se concentrer davantage sur la production de ce qu’il consomme et sur la consommation de ce qu’il produit selon ses propres ressources et ses besoins nationaux, et non en obéissant aux intérêts des grands détenteurs de monopoles du marché alimentaire, au niveau international et national ».
La souveraineté alimentaire « requiert la création d’un système national intégré lié au stock stratégique des matières premières, comme l’a souligné Sa Majesté le Roi, que Dieu Le protège », a-t-il affirmé.
Il a rappelé de même que le Maroc n’est pas dans un Etat de la faim, et que les Marocains, depuis l’indépendance du pays, n’ont jamais eu de problème avec la disponibilité de la nourriture.
Selon lui, le plus gros problème aujourd’hui du Marocain est comment peut-il se rendre au marché et remplir son couffin à un prix raisonnable.
La politique agricole est à revoir
Dans le même ordre d’idées, le député a reconnu qu’en toute objectivité, la politique agricole du pays a « accumulé un certain nombre de succès, notamment en termes d’intensification et de diversification de la production, d’augmentation des exportations, de développement de la recherche scientifique agricole, d’utilisation des technologies modernes, d’amélioration de la performance d’un certain nombre de coopératives et de productions locales ».
Il a toutefois fait remarquer que « plus l’abondance de certains produits est grande, plus l’on assiste à une augmentation des prix sans précédent qui dépasse les moyens des citoyens ».
C’est ainsi que le Maroc est obligé aujourd’hui d’importer des céréales, des bovins, de la viande, du sucre, de l’huile et d’autres produits, a-t-il rappelé avant de poser la question de savoir où sont les fondements de la sécurité alimentaire et de l’autosuffisance dont le pays a besoin!?
Et d’ajouter que ceci traduit aussi l’échec de la plus grande partie des formes de soutien financier qui ont bénéficié principalement aux grands propriétaires, alors que les petits agriculteurs et éleveurs continuent de souffrir. « Les trois quarts des pauvres vivent dans les zones rurales, alors que l’on a récemment perdu environ 229000 postes d’emploi dans les zones rurales, selon le HCP, a-t-il encore avancé.
Et Hamouni de dénoncer que «ce que nous exportons consomme d’énormes quantités d’eau, qui dépassent nos ressources hydriques déjà limitées, menacées par la sécheresse structurelle et le changement climatique ».
Selon lui, rien ne doit justifier « la poursuite de la consommation excessive et anarchique de l’eau dans les cultures d’exportation, alors que la priorité devrait être donnée à l’eau potable, avec la rationalisation et l’encadrement de l’utilisation de l’eau destinée à l’irrigation agricole, bien sûr ».
Le débat autour du PMV n’est pas un tabou
Dans cet ordre d’idées, le député a fait savoir que d’aucuns considèrent de manière « étrange » que tout débat autour du bilan du Plan Maroc Vert et de la stratégie agricole actuelle comme « un sujet sacré et tabou, qui suscite une sensibilité excessive, comme s’il s’agissait d’une question personnelle que personne n’a le droit d’aborder ou d’exiger son évaluation et sa révision ».
Selon lui, il n’existe pas de plan au monde qui réussit à 100%.
Pour ce qui le concerne, a-t-il rappelé, le PPS, attaché à son patriotisme et à ses engagements, va continuer, à partir de sa position dans l’opposition responsable et constructive, à présenter un certain nombre de propositions et de solutions que le gouvernement devrait examiner pour protéger la souveraineté alimentaire du pays.
Et ce dans le but de préserver le droit des générations futures aux ressources naturelles, d’équilibrer les marchés intérieur et extérieur, de réaliser l’autosuffisance de base, d’améliorer les conditions de vie des petits agriculteurs et éleveurs et d’augmenter les revenus des travailleurs agricoles. Il s’agit aussi de prêter attention à l’agriculture familiale et solidaire, d’investir dans l’agriculture durable, de réaliser la réforme des marchés de gros, de réprimer la spéculation et les monopoles, d’orienter la production poissonnière vers la satisfaction en premier lieu des besoins du consommateur marocain et de développer les industries alimentaires et agricoles.
Où en est-on du revenu de la dignité et de nombreuses autres promesses..?
Pour revenir à la hausse des prix et aux propositions du PPS concernant notamment leur plafonnement progressif, le député a estimé qu’il est du droit et du devoir des Marocains de se demander où en est-on du revenu de la dignité, de l’augmentation des salaires et des retraites, de l’élargissement des classes moyennes, principalement dans les zones rurales et de la réalisation d’un taux de croissance de 4%.
Où en est-on aussi de la création de 200 000 emplois permanents par an et de la sortie d’un million de familles de la pauvreté, s’est-il encore demandé.
Et le plafonnement des prix progressif des prix !!?
Et quelle est la réponse du Chef du gouvernement aux propositions du PPS concernant le plafonnement progressif des prix, le contrôle des défaillances de commercialisation, la répression ferme des pratiques frauduleuses de certains grands intermédiaires et spéculateurs, l’évaluation immédiate du soutien des professionnels de transport, l’utilisation des recettes fiscales supplémentaires et exceptionnelles pour accorder un soutien direct aux familles pauvres, la suppression de la TVA et de la TIC sur les produits les plus consommés, l’assainissement du secteur des hydrocarbures et l’adoption des décrets dont le Conseil de la concurrence a besoin pour s’acquitter de sa tâche, s’est encore interrogé le député du PPS.
Protéger le droit des générations futures aux ressources naturelles du Maroc
Il l’a également invité à réagir à la demande du Parti du Livre d’évaluer la révision de la politique d’exportation agricole au détriment de l’autosuffisance, tout en œuvrant pour établir les conditions de la bonne gouvernance, de l’application de l’Etat de droit dans le domaine économique et de la lutte contre la rente, la prévarication et le monopole.
Et de souligner en fin de compte que la perception de la souveraineté alimentaire, au groupe parlementaire et au Parti du Progrès et du Socialisme, « fait partie intégrante de notre identité, qui place la dignité humaine au cœur de cette perception ». « Chaque citoyen a droit à une alimentation adéquate et sûre à des prix convenables à son revenu », a-t-il expliqué.
« Notre conception de la souveraineté alimentaire est basée aussi sur le respect de l’espace, la protection du droit des générations futures aux ressources naturelles de leur pays, le soutien et la protection de la production locale, l’implication des agriculteurs et leur intégration dans le cycle économique, car ils sont les véritables producteurs », a-t-il affirmé.
M’Barek Tafsi
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Auteur: M’hammed rahal
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