Au fil des jours et des semaines, les manifestants semblent de plus en plus déterminés et le rythme soutenu de la rue ne s’est pas affaibli, en ce sixième vendredi de mobilisation, appelant encore et toujours au «changement radical» du régime politique. Ce vendredi, les Algériens ont réaffirmé encore une fois que «le peuple est la source de tout pouvoir». Hommes, femmes, de différentes tendances, mais unis sous le même emblème, les Algériens sont activement engagés dans les marches grandioses qui secouent le pays, une mobilisation inédite!
«L’Algérie est une République et non une monarchie», «le peuple exige l’application de l’article 7», tels sont les slogans scandés par les manifestants, ce vendredi partout en Algérie. Encore une fois, les Algériennes et les Algériens ont démontré magistralement, que leur volonté politique exprimée pacifiquement dans la rue, mais fermement déterminée être entendue.
Le contenu politique des pancartes brandies lors de différentes marches à travers le pays se dégage plus nettement, le discours qui en émane se développe résolument, de semaine en semaine. En effet, pour ce dernier vendredi, les manifestants ont rejeté la proposition de l’application de l’article 102, et on invoqué un autre, celui de «l’application de l’article 7 de la Constitution». Un article selon lequel «le peuple est la source de tout pouvoir» et «la souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple». En réponse à la proposition de mettre en vigueur la procédure de destitution du chef de l’État, à travers l’application de l’article 102, les internautes ont ironisé sur les réseaux sociaux «l’article 102 est hors service, veuillez contacter le peuple» ou encore «on demande l’application de l’article sans eux, pas 102». Désormais, l’humour comme forme de contestation politique caractérise les manifestations, et les Algériens, ne sont pas en manque d’idées ni, n’affichent un «désespoir de cause», commente un observateur.
Ce qui est perceptible dans ce phénomène nouveau et inédit des manifestations, c’est que la préservation du caractère pacifique, a encouragé les plus sceptiques à rejoindre la rue pour se réapproprier l’espace public «longtemps verrouillé». L’ingéniosité des manifestants, branchés à l’actualité politique, pour suivre l’évolution de la situation dans laquelle se trouve le pays après le report de l’élection présidentielle se confirme encore une fois. En remodelant leurs slogans conséquemment aux nouveaux développements, les manifestants réaffirment, que le peuple a décidé aujourd’hui en maître absolu et incontesté, de se débarrasser «de la caste mafieuse». La dynamique populaire atteste de la détermination des Algériens d’en découdre définitivement avec le régime politique, et réaffirment une revendication devenue une constante «la souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple». Cette grandiose mobilisation qui ne s’affaiblit pas depuis plus d’un mois déjà, et soutenue par des personnalités politiques, des syndicats, des activistes de la société civile, par l’ordre des avocats, entre autres, réaffirme aux observateurs que la population est consciente de la nécessité «d’opérer une transition politique dans un cadre institutionnel, et dans le respect des lois de la République».
Un autre fait qui ne devrait pas échapper à tout observateur averti, est que les slogans historiques et les revendications politiques portés et scandés par des millions de manifestants à travers tout le pays, ont rendu un hommage éternel aux martyrs de la révolution et à ses symboles qui ont consacré leur vie pour libérer le pays du colonialisme abject : les photos des chouhadas, et des militants de la cause nationale devraient constituer matière à réflexion pour les chercheurs et universitaires quant à l’attachement des Algériens à leur histoire, à l’unité de leur patrie, et à la préservation de l’avenir de leurs enfants dans la cohésion et la solidarité, sans toutefois en faire matière à surenchère, ni à s’y référer comme «lien indéfectible qui devrait perdurer éternellement», place aux jeunes, scandent t-ils tous.
Les juristes et observateurs avancent que l’appel à l’application de l’article 7 de la Constitution, constitue une subtilité politique pour les Algériens pour se détacher de ce système et créer cette «rupture» vis-à-vis «de la mafia politico-financière» qui a hypothéqué le sort de la nation des décennies durant.
«La solution n’est pas dans la procédure, elle est dans l’évolution du processus de changement, et de la transition démocratique enclenché par «son excellence le Peuple» lit on dans un compte rendu publié hier, dans les colonnes de la presse internationale. Que dire de plus ?
Tahar Kaidi
Auteur: elmoudjahid
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