Parmi les décisions qui ont soldé la réunion du Conseil des ministres de ce 23 Août, on retient notamment celle relative à l’instruction du Président de la République à l’endroit du gouvernement quant à la nécessité de « faire face aux manœuvres tendant à maintenir l’opacité dans la gestion de l’économie nationale ». Si la généralisation de la numérisation de l’administration s’impose dans ce sens comme étant un impératif dicté par la nouvelle approche socioéconomique, en matière de lutte contre la corruption et les pratiques bureaucratiques, il n’en demeure pas moins que la réhabilitation du système national de production des statistiques constitue aujourd’hui une priorité et besoin pressant de par son rôle dans l’instauration des éléments de la transparence et de la bonne gouvernance dans la conduite du développement mais aussi de rationalité et de lisibilité économique.
L’information statistique qui doit normalement servir de support et de guide aux actions de planification économique est, on ne peut pas le nier, grandement déficiente et encore loin d’être dans cette perspective. Les contradictions et les décalages relevés dans les données statistiques, produites par les différentes sources, ont souvent fait l’objet de contestation par les experts, d’autant plus que « la communication de l’information par les institutions et services étatiques en Algérie est en retrait », comme le souligne le professeur en finances, Zine Barka. Une réaction somme toute logique qui interpelle les pouvoirs publics à plus de transparence et de cohésion dans la collecte et la production de l’information pour une gestion efficiente de l’économie nationale. Le constat général des experts est que le service public de la statistique ne remplit pas convenablement son rôle, pour des raisons évidentes, de même qu’il manque de transparence, d’où la nécessité de mettre en place des mécanismes de rationalité économique, de crédibiliser et de réhabiliter le système de production de l’information économique.
En fait, il s’agit de situer la statistique dans son rôle de levier de transparence, d’instrument d’orientation de l’effort national de développement, mais aussi d’évaluation des politiques publiques et de planification. Aussi, le plan de relance socioéconomique du gouvernement exige une base de données statistique fiable pour un meilleur cadrage des plans de développement. Par conséquent, la mise en place d’une stratégie de développement statistique en tant qu’outil d’aide à la décision devient indispensable. Aussi, la création d’un ministère délégué chargé des Statistiques et de la Prospective répond à ce souci de redonner à cette fonction un rôle dans la conception des projections socioéconomiques du pays. Le nouveau département, en plus de sa mission de contribuer à l’amélioration de la gouvernance économique et financière, aura la charge d’œuvrer pour une synergie de l’information économique, et la mise en place d’un système de veille statistique ce qui suppose une réorganisation du fonctionnement des institutions et organismes concernés. D. Akila
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Auteur: elmoudjahid
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