Pour m’offrir les bancs de classe mon père s’est privé de ses rations
Les mains nues, il a brisé du roc pour payer la rançon de mon éducation
Je l’ai vu creuser et bêcher dans la motte stérile des terres arides sans relâche
Je l’ai vu suer sous la nuée ardente des volcans en colère sans lâcher sa hache

Pour m’ouvrir les clés du savoir mon père a dû forcer les portes du destin
Sur les marches abruptes de l’épreuve qui rebute, il me sert de preuve face au malin
Face aux murs du futur, il a affronté les armures de l’avenir pour m’apprendre à devenir
Même quand je trébuche, je tombe sans casser la cruche qu’il m’a laissée en souvenir

Il me disait que le cœur était plus fort que les bras et que la volonté était une panacée
Il me chantait l’hymne des braves, le ton grave, la lave aux yeux, sans jamais se lasser
Il me prévenait de me méfier de la paresse qui caresse le faible pour saisir la lame qui saigne
Il me soufflait que la sagesse s’abaisse pour mieux grandir entre les maux qui règnent

Parce que au-delà de savoir lire et écrire, il y a le savoir-vivre qui guide les pas
On peut réussir à l’école et faillir dans la vie, il y a des leçons qu’on n’apprend pas
On peut être le premier de classe et se mettre au ban de la masse, sans place
En apprenant tes leçons, n’oublie pas le cours de conduite sociale, la vie est une classe

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

Auteur: BM. Sidwaya
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