Les manifestations et les contestations populaires de l’élection présidentielle que connaissent plusieurs wilayas du pays passent à la vitesse supérieure.

Dans la wilaya de Bouira, un climat de tension règne, et ce, depuis le début de la campagne électorale. En effet, ce sont des centaines de personnes qui ont bloqué, pour le deuxième jour consécutif, les deux sièges de l’APC et de la daïra de Haïzer, a-t-on constaté sur place.

La situation a failli dégénéré. Plusieurs fourgons de police antiémeute ont été mobilisés à proximité des administrations publiques. Le renfort du service de sécurité a été déployé pour empêcher les manifestants de murer l’entrée de l’APC.

Déterminés, les contestataires ont réussi a muré l’édifice, en rééditant le même mode opératoire après celui de l’APC d’Ath laâziz, qui a connu une nuit mouvementée.

Les services de police ont procédé à l’interpellation de 14 jeunes suspectés de destruction de panneaux d’affichage électoral installés à proximité de l’ancienne gare routière de la ville de Bouira.

Ils étaient plus de 1000 manifestants à marcher dans les rues du chef-lieu de wilaya, et ce, pour réclamer la libération des personnes injustement arrêtées. La mobilisation citoyenne ne se fait pas attendre. Des dizaines de jeunes, visiblement chauffés à blanc, ont été acheminés par plusieurs bus depuis les localités de la commune, a-t-on constaté sur place. Une marche de protestation a été organisée depuis l’entrée de la ville au siège de la première sûreté urbaine.

La foule a été rejointe par d’autres personnes qui l’attendaient au niveau de l’ancienne gare routière. Déployant en force l’emblème amazigh, la procession humaine qui a repris les slogans hostiles au régime et réaffirmé son rejet de l’élection présidentielle.

Plusieurs véhicules antiémeute de la Gendarmerie nationale ont été mobilisés. La tension est montée d’un cran. Les fourgons et les camions des brigades d’intervention rapide étaient là pour quadriller les édifices publics. Les forces de sécurité ont dû se redéployer à la hâte. De gros fourgons ont été stationnés et d’autres se sont dirigés à vive allure vers le siège de la première sûreté urbaine.

Premier réflexe des renforts de police, ou plutôt première consigne, était de contrôler les manifestants et, du coup, déployer le maximum d’unités à proximité du tribunal et de la cour de justice. L’alerte était maximale. Tout était encerclé par des policiers en uniforme ou en civil. Les policiers ont réussi de contenir les manifestants, mais sans violence. L’instruction avait, certainement, été donnée de ne pas user de la matraque, et ce, pour éviter des dérapages.

Des sages de la région sont aussi intervenus invitant les manifestants à se disperser dans le calme, et garder le caractère pacifique des actions de protestation. Les manifestants, qui ont assiégé l’édifice de la police, ont libéré les lieux. Un officier de police s’est engagé à ce qu’aucun PV ne soit établi et toutes les personnes arrêtées ont été libérées.

Hier, des dizaines de citoyens ont marché depuis l’esplanade de la maison de culture Ali Zamoum au siège de l’Autorité nationale indépendante des élections. La foule, qui a observé un rassemblement de protestation devant le siège en question fortement quadrillé par un dispositif policier, a crié haut et fort son rejet du scrutin présidentiel.

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Auteur: Hicham Chouadria
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