Signé entre les pays d’Afrique, des Caraïbes, du Pacifique et l’Union européenne en 2000, l’accord de Cotonou arrive à échéance cette année. Il régit les relations politiques, commerciales et de coopération au développement entre les deux blocs. Tout a débuté en 1975 avec les accords de Lomé. Les 79 pays partenaires ont dressé le bilan de leurs échanges, avant d’entamer les négociations pour dessiner l’avenir de cet accord. Supposées se dérouler en février 2020, lesdites négociations ont été repoussées au mois de décembre 2020.
Mais déjà, à voir le bilan des deux dernières décennies, l’on constate que le volet commercial présente de multiples faiblesses. « La part des importations et des exportations entre les pays d’Afrique et l’UE ne cesse de décroître. Entre 2012 et 2016, les importations ont chuté de 11,1% et les exportations de 1% », a souligné l’Union africaine dans une position commune qualifiant le bilan de la coopération avec l’UE de mitigée.
Signés entre l’UE et différents blocs régionaux des pays ACP, ces accords sont très critiqués par les pays africains, qui leur reprochent d’entraver l’intégration du continent en fragmentant les marchés régionaux. Certains pays tels que le Nigéria refusent toujours de signer les APE, estimant que ces accords se font à leur détriment en ouvrant les marchés nationaux à la concurrence européenne.
Bilan politique
Un des pivots de la coopération politique entre les deux blocs repose sur les droits de l’Homme, les principes démocratiques et l’État de droit, que les deux parties s’engagent à respecter. Cette coopération est régie par l’article 96 de l’accord qui permet la suspension de l’aide en cas de violation répétée des droits de l’Homme. Dans la pratique, le dialogue politique prévu par Cotonou a été utilisé à de nombreuses reprises depuis l’entrée en vigueur de l’accord.
L’article 96, qui permet des sanctions en cas d’échec du dialogue politique, a été utilisé assez régulièrement par l’UE en réponse à des coups d’État ou des violations des droits de l’Homme, aux îles Fidji (2000 et 2007), au Zimbabwe (2002), en République centrafricaine (2003), en Guinée-Bissau (2004 et 2011), au Togo (2004) et à Madagascar (2010) et au Burundi (2015). Mais certaines dispositions de l’accord de Cotonou sur la coopération politique n’ont jamais été appliquées.
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Auteur: Manuela Nomegne
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