Sans doute, notre pays aura-t-il fait des progrès à mettre à genoux un chameau. Ses avancées à tenir en haleine tout renégat, sont citées en modèle, sur la scène mondiale, au point de se faire baptiser de « nation d’exception ».  Mais, en revanche, il se fait bloquer par l’un de ses handicaps les plus astreignants de son entrain réformiste. Assurément, l’Administration des différents départements fonctionne, de façon si irrégulière qu’elle jette en pâture tout effort déployé. Moult ministères dont le dernier en date est celui de la Transition Numérique et la Réforme de l’administration, sont mis dans le bain de la remise en selle du secteur, depuis des lustres. Nonobstant, il semble bien que ce malabar administratif a tenu tête à tout essai de refonte, puisque ses tentacules nocives ne font que s’étendre, du fond en comble. Faute de mieux, le ministre de la fonction publique tel qu’il fut nommé par le passé, se serait alors contenté de « rajouter ou rabaisser » l’heure en début ou à la fin de la saison d’été. Le fond de la tâche dont il est à charge, celle de passer au peigne, le fonctionnement administratif en tout discernement, est renvoyé aux calendes grecques. En fait, dans le service administratif marocain, on y sera confronté à toutes sortes d’anomalies qui crèvent l’écran au grand jour: un sureffectif ahurissant pour une besogne en principe, destiné à un seul fonctionnaire, un laxisme incivique suscitant l’indignation de la population, une prolifération ahurissante des habitudes immorales chez une bonne partie du personnel… Que de déperditions de temps et de moyens, pour un rendement si piètre, au niveau de la prestation, de la compétence, du sens de responsabilité… Et plus on accède en haut dans la hiérarchie de l’administration, plus la dépravation est sans appel, car là, on est au stade des « barons » de la corruption et du soudoiement, des « intouchables » qui se la coulent douce dans l’impunité, des « fils à papa » qui trônent à la tête des grosses boîtes nationales, sans avoir décroché des diplômes ni passé des concours de recrutement… C’est une culture qui s’est incrustée dans le corps administratif marocain, depuis des décennies, sans qu’on n’ait eu ni la volonté politique ni le cran, encore moins la compétence d’y mettre fin. En dépit des textes rédhibitoires et coercitifs qui ont été épluchés et décrétés afin d’aussi bien réformer que performer la qualité des services de l’administration publique, rien ne s’est amélioré à cet effet, sauf peut-être celui inhérent aux Centres d’investissement Régionaux ( CRI ) qui s’est manifestement montré plus en phase des mutations opérées dans un pays en pleine gestation entrepreneuriale et économique. Comment pourrait-on alors relever ce défi pour être au diapason de pays en quête de l’Emergence, avec une Administration aussi désastreuse ? C’est un grand chantier auquel l’Etat devrait s’atteler, à travers des mesures volontaristes et fermes, sans clientélisme ni permissivité ni complaisance !                                

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Auteur: M’hammed rahal
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