Oran
Une liesse indescriptible
Indescriptible ! Difficile de trouver un autre mot pour décrire la liesse qui s’est répandue dans les rues et les quartiers d’Oran, où des milliers d’Oranais s’apprêtaient à fêter pendant toute la nuit et jusqu’à l’aube, la victoire des Fennecs (sacrés champions d’Afrique pour la deuxième fois dans l’histoire).
À peine le match terminé, la place du 1er-Novembre (ex-place d’armes), le Front de mer et l’esplanade Sidi-Mhamed étaient déjà noirs de monde et envahis par des milliers de supporters euphoriques, femmes hommes, jeune et vieux… bref de tous les âges et catégories sociales. Ils n’étaient pas là parce qu’ils sont des supporters des Fennecs ou du ballon rond, mais parce qu’ils sont algériens et c’est l’Algérie qui a décroché le deuxième sacre africain de son histoire. Le drapeau national qui flotte partout, cris «One Two Three viva l’Algérie», des youyous fusent de toutes les maisons et dans tous les sens, embrassades, klaxons, feux d’artifice, fumigènes… tout est bon pour fêter ce deuxième titre et le savourer jusqu’à «l’apothéose». Sur les places publiques, où des écrans géants diffusaient le match en direct, on a tout simplement du mal à contenir ses émotions. La joie est débordante.
Les gens qui étaient en délire dansaient, chantaient et criaient dans tous les sens. « C’est magnifique, non ? Nous sommes champions d’Afrique», s’exclame un jeune supporter âgé de 22 ans et qui n’a pas vécu la victoire de 1990, contrairement à Ami Saïd, un sexagénaire qui en garde de bons souvenirs. «Franchement, pour avoir vécu l’évènement de 1990, qui était tout de même la première pour nous, je peux vous dire que la victoire d’hier dégage un goût spécial ! Mabrouk Alina, Mabrouk pour l’Algérie, que Dieu préserve notre pays», lance-t-il.
Les scènes de joie et de liesse, qui ont gagné Oran à vue d’œil, ont rendu la circulation automobile presque impossible, en particuliers dans les agglomérations relevant du groupement du grand Oran. Jusqu’à l’écriture de ces lignes, aucun accident ou incident n’a été enregistré officiellement.
A. S.
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Tizi Ouzou
Belle ambiance
Après avoir manifesté la journée pour la deuxième République, les citoyens et citoyennes de Tizi Ouzou sont sortis massivement la nuit pour fêter la deuxième coupe d’Afrique des nations (CAN), arrachée héroïquement. Les festoyeurs de cette nuit étaient plusieurs fois supérieures et mille fois surexcités que ceux qui manifestaient en cette journée caniculaire pour l’instauration d’un deuxième République, tout en ayant la tête au Caire où nos Fennecs ont livré une rude bataille face aux Lions de la Téranga, à l’effet de réussir l’ascension sur le toit de l’Afrique.
Tout le monde à Tizi Ouzou a vécu sur ses nerfs tout au long de cette journée et pendant les 90 minutes de cette rencontre décisive durant laquelle les combattants du Sahara, ayant inscrit le premier et seul but à la première minute, faisaient tout pour aboutir au sacre. Les fans de notre équipe nationale qui regardaient le match transmis à travers des data show au niveau des placettes publiques et des cafés réagissaient avec des cris rageurs face à toutes les actions ratées par nos Fennecs et de soulagement face aux ratages des Lions de la Téranga. Ce décor de suspense s’est poursuivi jusqu’au sifflet final et libérateur du référée. Tout de suite après, les supporters et fans des coéquipiers de Riadh Mahrez et poulains du maestro Djamel Belmadi se sont mis à jubiler de joie de belle fort manière, en se mettant à danser et à crier à gorge déployée : «One, Two, Three, viva l’Algérie» et «Championé championé», à travers les rues et placettes de la ville des Genêts et de toutes les localités de la wilaya. L’ambiance monte crescendo à travers toutes les communes de la wilaya, juste après la cérémonie de remise de trophée de la coupe d’Afrique au stade du Caire. Place alors à la plantation du décor à des scènes de liesse populaire indescriptibles à travers les quatre coins de la wilaya.
Bel. Adrar
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Sétif
Explosion de joie
Autant la cité d’Aïn El-Fouara, probablement comme toutes les villes et les villages du pays, retint son souffle jusqu’à la fin de ce match qui donnait l’impression de ne jamais s’achever, autant elle «explosa» au coup de sifflet final, fière sans limites du cœur déployé par ces guerriers qui finirent par arracher de leurs tripes, ce trophée africain, durant 29 années attendu.
Une rencontre qui restera certainement durant longtemps gravée dans les mémoires de dizaines de milliers de Sétifiens et de Sétifiennes qui ont vécu 90 longues minutes d’incertitude, de hauts et de bas et d’émotions qui a fini par instants d’atteindre son paroxysme et faire pleurer plus d’un de ces adeptes de l’Algérie qui gagne, qui est certes revenue de loin, ce soir, mais n’a jamais abdiqué, et qui, grâce au cœur et au sang déployés par ses guerriers, a su relever un défi historique. À Sétif, cette sublime réalisation a fini par défrayer la chronique, tant et si bien que la ville qui donnait l’impression de s’être vidée subitement de sa population après le but de Bounedjah, venu trop tôt pour être préservé avec tant de courage, de hargne et de folle détermination, semblait devenue trop exiguë pour contenir cette même marée humaine qui s’en alla dans un élan fou de joie à la conquête des grands espaces, ces esplanades chantant et dansant à ne plus en finir. C’est même sentiment de joie et de fierté qui planait sur tous ces lieux où avaient été dressés des écrans géants, place de la maison de la Culture, stade du 8-Mai 1945 ou palais des Expositions, alors que les cafés et les commerces étaient aussi bandés de monde au fur et à mesure que la victoire des Verts se dessinait, quand bien même ces quatre minutes de temps additionnel ont fait craquer plus d’un inconditionnel pour arriver à leur terme. Alors que les forces de police, qui avaient pris le soin au préalable d’appeler, notamment les conducteurs de véhicules et de motos, à éviter tout comportement pouvant gâcher cette fête, ils furent les premiers à investir le terrain et à prendre toutes les mesures nécessaires, pour que cette fête puisse se dérouler dans les meilleures conditions.
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Alger
Délivrance
Les Algérois ont envahi, vendredi soir, les rues de la capitale, pour fêter ensemble la victoire de l’équipe nationale. Après vingt-neuf ans d’attente, le onze national a décroché le deuxième sacre continental de son histoire, grâce à l’unique but de la rencontre marqué par Baghdad Bounedjah, à la 2e minute de jeu.
Le coup de sifflet final de la rencontre, proclamé par l’arbitre camerounais Alioum Néant, a été une véritable délivrance pour des dizaines de milliers de supporters, sortis spontanément manifester leur joie, après un match stressant. Des cortèges de voitures drapées aux couleurs de l’emblème national ont ainsi sillonné les rues de la capitale à coups de klaxons. Plusieurs familles algériennes ont choisi le temple olympique du 5-Juillet, où un écran géant a été installé, pour suivre les débats et encourager les Verts. À l’ouverture du score et au coup de sifflet final, c’était le délire total dans un stade plein comme un œuf. Le calme dans lequel étaient plongés les quartiers d’Alger a laissé place à une liesse ayant illuminé la capitale en cette soirée estivale. Les «One, two, three, viva l’Algérie», «Championné, Championné», «Had el aâme la coupe lina» (Cette année, la coupe est à nous), entremêlés de youyous stridents, fusaient de partout dans une atmosphère qui en dit long sur la joie de tout un peuple. Enveloppés de l’emblème national et coiffés de chapeaux aux couleurs vert, rouge et blanc, jeunes et moins jeunes ont sillonné, à pied, en voiture ou en scooter, les différents quartiers et communes de la capitale, où il y avait foule. D’El-Madania à Bab El-Oued, en passant par Belouizdad et la place des Martyrs, les mêmes scènes de joie sont observées. Toutes les expressions de joie ont été étalées. Les couleurs vert, rouge et blanc ont dominé le décor. La nuit sera longue à Alger, qui a retrouvé cette joie et cette magie procurées par le football. Une ambiance qui n’a pas manqué de raviver les souvenirs forts agréables des triomphes et autres épopées sportives algériennes.
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Constantine
La fête jusqu’au bout de la nuit
À l’instar des autres régions du pays, Constantine et ses alentours ont vécu une nuit blanche qui a commencé au coup de sifflet final de l’arbitre Alioum annonçant le sacre des Fennecs en Coupe d’Afrique des nations de football, et couronnant le parcours exemplaire des camarades de Smaïl Bennacer dans cette compétition qui leur a souri, pour la dernière fois, il y a déjà 29 ans. Aux stades Hamlaoui et Benabdelmalek-Ramdane, où avaient pris place des milliers de supporters, dont de nombreuses familles, de même qu’au niveau des différents points de rassemblement des fans de l’EN, que ce soit au chef-lieu ou dans les autres localités, passée l’euphorie du but précoce de Baghdad Bounedjah, le suspense a vite repris le dessus, et c’est le silence qui a prévalu lors de la majeure partie de la rencontre, d’autant plus que les débats sur la pelouse du Cairo Stadium étaient compliqués pour les poulains de Djamel Belmadi. La délivrance n’a eu lieu qu’aux environs de 21h50, et c’est un véritable raz de marée de Constantinois qui, dès lors, a investi les rues pour fêter la victoire rêvée par tout un peuple. Au chef-lieu, la foule s’est rassemblée au niveau des places principales, comme celles de la Pyramide et des Martyrs, en face de la maison de la Culture Mohamed-Laïd-Al-Khalifa, entonnant des chants et dansant sur les derniers tubes à la gloire des Verts. La célébration a continué jusqu’aux premières lueurs de l’aube, et le concert de klaxons et de vuvuzelas ne s’est arrêté qu’à l’appel de la prière. Cerise sur le gâteau, les services de la Protection civile, dont les différentes unités étaient en état d’alerte maximale, n’ont signalé aucun accident de la circulation, et hormis deux cas d’évanouissement rapidement pris en charge par les pompiers, la soirée a été tranquille. C’est dire que la fête a été totale.
Issam B.
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SIDI BEL-ABBèS
«ONE, TWo, THREE, VIVA l’ALGéRIE»
Une cité en effervescence dont la population ne s’est point retenue durant toute cette folle soirée pour exprimer sa joie à la suite de cet exploit inédit de nitre onze national.
Aux couleurs vert, blanc et rouge, le décor mis en place conditionnait le commun des habitants qui ne se s’est point empêché pour envahir les artères et avenues et rejoindre la foule. Au centre de la ville ou dans les quartiers périphériques, l’ambiance était identique au vu de cette excitation observée d’une jeunesse fière de l’engagement de leurs fans pour s’identifier à leur talent, à leur bravoure et à leur esprit de sacrifice notamment.
Des scènes parfois hystériques ont été vécues lors de cette soirée dédiée exclusivement aux artisans de cette victoire et détenteurs du deuxième trophée Africain dans l’histoire de l’équipe nationale. Un trophée synonyme d’une deuxième étoile à enrichir un palmarès et donner un nouvel élan à la discipline populaire qui est le football, cette forte passion des Algériens.
Le centre-ville fut à l’occasion fermé à la circulation pour s’ériger en une esplanade à l’image du boulevard de la Macta qui fut animé de bout en bout permettant aux jeunes ,par différentes formes d’expression, de glorifier la bande à Belmadi et de lui rendre surtout un vibrant hommage pour le bonheur qu’elle a procuré.
Le slogan « Fiers de vous »n’était pas un vain mot par rapport à ces marques de sympathie et de reconnaissance affichées haut et fort par une population juvénile attachée au prestige de son pays.
Sonorité et lumière, le scenario frisait l’irréel souvent pour que tout le monde se confonde dans le paysage et célèbre dans la liesse l’événement. La sortie de ces milliers de citoyens qui ont suivi la rencontre à partir du complexe du 24 février au sifflet final ne pouvait que donner de la résonance à cette soirée placée sous le signe de l’union et de la solidarité, de la fierté et de l’amour pour les couleurs nationales. Même les abords du cours d’eau de la Mekkerra ont été squattés temporairement pour se transformer en espaces pour les troupes musicales locales comme pour prendre à témoin ce repère de la ville d’un soutien inconditionnel et d’un attachement indéfectible de la population aux coéquipiers de Mahrez.
A. Bellaha
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MASCARA
Le DÉLIRE
Les Mascaréens, à l’instar de tous les citoyens des autres régions du pays, n’ont pas fermé l’œil de toute la nuit. Une vague euphorique qui chante la victoire des Fennecs qui remportent la coupe d’Afrique des nations, 29 ans après. Des scooters, des motos, des voitures drapées du drapeau national descendent les rues en résonnant «One, two three viva l’Algérie». Ce sacre de l’Algérie a déclenché une liesse indescriptible des fans des Fennecs. Une liesse contenue autour des différents quartiers et localités de la cite de l’Émir. K. et M., deux émigrés en vacances en Algérie, la quarantaine, se tiennent, eux, sagement en retrait à l’angle et souhaitaient être à la Canebière, mais ils nous diront que c’est une aubaine de fêter la victoire de notre équipe nationale chez nous dans cette ambiance de liesse populaire inégalable. «C’est la fierté. Franchement, on aurait misé dès le début pour se retrouver en finale», glisse le premier. «J’espère juste qu’ils ne vont pas tout casser», complète le second. Le but de Bounedjah dès la 2e minute a délivré l’Algérie et ses supporteurs. Mascara a explosé de joie et a vibré aux sons de la victoire. De la victoire des Verts. Des cris «R’bahnahoum gaâ !» et «Djebna el-kehloucha» fusent de partout. Des klaxons annoncent le triomphe des Fennecs. Les balcons étaient bariolés aux couleurs nationales et des youyous fusent de partout. Les rues de Mascara et de ses environs sont envahies par une marée humaine. Des processions d’hommes et de femmes sillonnent les rues. À pied, en voiture, dans les malles ouvertes pour la circonstance, des manifestants fêtent la victoire de l’Algérie. Mascara a dansé et chanté à la gloire de l’équipe nationale qui a remporte le trophée au Caire. Les mots s’avèrent impuissants pour exprimer, encore moins pour décrire les scènes d’un peuple en transe.
A. Ghomchi
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Annaba
Ambiance des grands jours
Annaba, à l’instar des autres régions du pays, a vibré à l’occasion et n’a laissé aucune chance au hasard pour bien préparer la fête. Ainsi, des écrans géants ont été placés devant le Théâtre régional Azzedine-Medjoubi, à la plage Rizzi-Omar (ex-Chapuis), le stade du 19-Mai 1956 et pas moins de 17 établissements relevant du secteur de la Jeunesse et des Sports, ont été équipés de data-show. Les terrasses de l’esplanade du cours de la Révolution ont été également mobilisées pour la retransmission du match pour la circonstance.
Ces dernières ont été prises d’assaut dès 17 heures par les familles et la gent féminine , notamment. Au coup de sifflet final, les Annabis, fous de joie après la victoire des Verts contre les Sénégalais, sont sortis par dizaines de milliers dans la rue. Ils ont sillonné tous les artères et les quartiers de La Coquette pour se retrouver sur le cours de la Révolution, place emblématique de la métropole et les plages de Saint-Cloud et Chapuis, où des scènes de joie, rappelant celles de l’indépendance, ont duré jusqu’à une heure tardive. Des youyous lancés à partir des balcons et les files de voitures enveloppées par l’emblème national en créant un chant de klaxons et un bouchon interminable jusqu’aux plages.
Ils ont défilé bruyamment un peu partout dans la région d’Annaba, laissant exploser leur joie librement sous l’œil vigilante des services de sécurité et de la Protection civile. Aux cris de «One, Two, Three ,viva l’Algérie», des milliers de supporters débarqués tant de la banlieue d’Annaba que des quartiers voisins du centre-ville, ont également marqué cet évènement qui a procuré la joie et le plaisir à toute une population qui a continué jusqu’à hier à vanter le mérite et l’exploit des poulains de Djamel Belmadi en terre égyptienne. La victoire des Verts a été célébrée comme il se doit et l’ambiance des grands jours était présente dans l’ensemble des foyers des familles algériennes, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger.
B. Guetmi
Auteur: elmoudjahid
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