Lors d’une conférence animée jeudi dernier à l’auditorium du campus Hasnaoua dans le cadre des rencontres «Les débats de l’UMMTO», Dr Said Sadi, ancien président du RCD, a estimé que «la graine d’avril a fait éclore les nouvelles formes de lutte qui animent les revendications d’aujourd’hui». Il a indiqué que «la singularité d’avril 1980 est essentielle à comprendre dans la mesure où le mouvement ne visant pas à une prise de pouvoir mais une transformation sociale et des réformes démocratiques». L’un de ces questionnements, et non des moindres, est l’échec de l’Etat-nation», a-t-il analysé. Le conférencier a affirmé que si les insurrections d’avril 80 et celle de février 2019 étaient inattendues, elles n’étaient pas imprévisibles, tant que dans les deux situations, le soulèvement est dû à l’incapacité des pouvoirs publics à prendre en charge la question de la citoyenneté. Pour Said Sadi, l’Etat n’a pas vocation à contrôler et encore moins à soumettre le peuple. Après avoir fait cette jonction entre le printemps amazigh d’avril et la dynamique citoyenne du février 2019, l’ancien président du RCD a mis en exergue la nécessité d’aller vers la création «d’un nouvel ordre constitutionnel». «Une fois ce constat élémentaire, mais fondamental, admis, on peut engager la réflexion sur les durées, les méthodes, les structures, le contenu et les objectifs de la transition», a-t-il fait savoir. S’il est admis que la phase de transition doit être aussi courte que possible, il n’en demeure pas moins pour Sadi que ce «souci légitime ne doit pas évacuer l’importance qualitative de cette période dont tout dépend. «Toute précipitation peut engendrer des effets pervers dont le pays peut faire l’économie pour peu que les démarches soient à la hauteur des exigences de l’heure », a averti le militant du mouvement culturel berbère. Selon lui, la phase de transition doit être pensée comme la clé de voûte de l’Algérie future. Sadi estime que tous les acteurs politiques les plus avisés, les groupes sociaux les plus crédibles doivent être mobilisés pendant cette période pour poser en termes lisibles les principes généraux qui détermineront la vie de la nation démocratique. Pour le reste, indique-t-il, les propositions de sortie de crise de l’opposition, à savoir la présidence collégiale, gouvernement de transition, commission indépendante d’organisation des élections, se recoupent sur le fond et font consensus. L’essentiel pour le conférencier étant que les préalables démocratiques soient clairement et solennellement prescrits en tant que postulats inviolables. Enfin, Said Sadi n’a pas manqué de rendre hommage à cette jeunesse algérienne qui, depuis le 22 février dernier, fait l’objet de l’admiration du monde par son ouverture d’esprit, sa générosité, sa mixité et son humour.
Bel. Adrar
Auteur: elmoudjahid
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