Les cours du brut continuent de s’éroder et filent droit vers les niveaux d’avant la guerre au Moyen-Orient. Ce mercredi 24 juin, concomitamment avec la reprise progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz, le baril de Brent de la mer du Nord a reculé de 3,0% à 74,81 dollars. C’est fait, les prix sur le marché mondial tombent sous la barre des 75 dollars, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis le 28 février dernier, date à laquelle Washington a eu la funeste idée de liquider les maîtres de Téhéran.
L’équivalent américain du Brent, West Texas Intermediate (WTI), a baissé presque dans les mêmes proportions, -2,9% à 71,04 dollars. Alors le président Donald Trump fait ce qu’il fait le mieux : il s’engage, promet, sur la base, dit-il, de ce que l’Iran lui a donné comme garanties. Le républicain a claironné qu’il n’y aura pas de péage dans le détroit d’Ormuz…
Trump s’est enflammé sur son réseau Truth Social : « l’Iran a informé les Etats-Unis que, malgré les informations contraires diffusées par les médias menteurs perturbateurs, il n’y a +AUCUN PÉAGE, AUCUN FRAIS D’ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS DE QUELQUE NATURE QUE CE SOIT+ demandés ou perçus par l’Iran sur les navires transitant par le détroit d’Ormuz« .
Faut-il croire la Maison-Blanche ? Faut-il prendre pour argent comptant ce que débite « l’homme le plus puissant de la planète » (c’était avant son naufrage en Iran) ? Evidemment NON. Rappelons qu’il a fallu attendre sa 38e annonce pour voir émerger un protocole d’accord avec l’Iran. Et encore les choses sont incroyablement compliquées et ça ira crescendo à mesure qu’on s’approche du délai imparti – 2 mois – pour sceller un accord ferme sur le nucléaire iranien et les autres dossiers.
Trump est d’autant moins crédible que dans cette même journée le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, a dit haut et fort que c’est Téhéran qui aura la main sur le détroit d’Ormuz. Ce sont les Iraniens qui dictent le tempo et donc ce sont eux qu’il faut écouter. Quand ils avaient décidé d’ajourner les négociations parce qu’Israël continuait de tuer au Liban le vice-président américain n’a eu d’autre choix que d’annuler son départ vers la Suisse…
Quand Téhéran a imposé le silence sur le nucléaire au premier jour des discussions et posé sur la table ses préoccupations (restitution des avoirs gelés et levée des sanctions), J.D. Vance, Steven Witkoff et Jared Kushner ont obtempéré. Enfin rappelons que c’est l’Iran qui a dicté sa loi sur les 14 points du protocole d’accord, ce qui a été interprété comme une « capitulation » à Washington, la grogne a même gagné les rangs du président.
Tout cela pour dire que la balle a changé de camp, elle est chez l’Ayatollah Mojtaba Khamenei. Les ronds de jambe et la flagornerie de Trump en direction du Guide suprême n’y changeront rien, il payera le prix de ses forfaitures (il a frappé en juin 2025 et février 2026 en pleine négociation), il payera le prix fort pour le sang versé – celui de l’Ayatollah Ali Khamenei et de milliers d’Iraniens -, des destructions, des déclarations incendiaires (« rayer l’Iran de la carte« , le « ramener à l’âge de pierre« , etc.).
Trump payera pour tout le mal qu’il a fait, même s’il y a beaucoup à dire sur les Mollahs, qui sont tout sauf des enfants de coeur.
Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

Auteur: Souleymane Loum
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.
