«Je suis résolument contre l’exclusion. L’heure est venue de fédérer nos énergies pour un seul objectif : sauver l’Algérie», ainsi s’est exprimé le candidat indépendant à la présidentielle, Abdelmadjid Tebboune, qui était, hier, l’invité du Forum d’ El-Hiwar, où il s’est longuement étalé sur son programme électoral.
«Je suis un homme de dialogue et je respecte toutes les positions», a-t-il affirmé. Il a ainsi mis en relief la nécessité de fournir davantage d’efforts pour convaincre cette frange de citoyens non encore convaincue que la présidentielle est la solution idoine, tant pour résoudre la crise que vit le pays que pour consacrer la souveraineté du peuple et entamer le processus de changement. La révision profonde de la Constitution étant l’un des engagements phares de son programme électoral, là aussi, il s’engage, s’il est élu, à ouvrir un vaste dialogue national devant aboutir à une nouvelle mouture de la loi fondamentale. Un régime politique semi-présidentiel est, de l’avis du candidat indépendant, le plus adapté à la réalité algérienne. Toutefois, il promet de conférer de larges prérogatives au Parlement dans le cadre de ses missions de contrôle. «Le document que je compte proposer préservera les constantes de l’identité nationale, y compris l’amazighité, question déjà tranchée dans l’actuelle Constitution», a-t-il soutenu. Invité à émettre un avis sur le mouvement citoyen, communément appelé le Hirak, celui-ci, même s’il incarne l’expression d’un cumul de déceptions, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une dynamique porteuse de beaucoup d’espoirs». Le candidat s’est engagé, rappelle-t-on, à satisfaire toutes les revendications pacifiquement exprimées par des milliers de citoyens qui ont battu le pavé depuis le 22 février. Hier encore, il a réitéré son engagement à poursuivre la lutte contre la corruption, précisant que s’il est élu, il dispose d’ores et déjà d’une stratégie devant permettre la récupération des deniers publics détournés par la bande. «L’argent détourné, comme chacun le sait, se trouve dans les paradis fiscaux ou sous forme d’investissements à l’étranger. Sa récupération relève du domaine du possible et j’ai déjà mis en place toute une batterie de mesures pour consacrer cet objectif», a-t-il dit. Il ajoutera : «Si l’on parvient à récupérer 5 milliards de dollars de l’argent dilapidé, le problème des retraités sera définitivement résolu et pour longtemps». Consolider davantage le principe d’une justice indépendante figure, par ailleurs, en bonne place dans le programme électoral de M. Tebboune. Il s’engage à ce propos à optimiser la prise en charge de l’ensemble des problèmes dont se plaint la corporation des magistrats.
Le FLN est libre de sa position concernant la présidentielle
Abdelmadjid Tebboune fera savoir en outre qu’aucun des cinq candidats en lice pour la présidentielle ne jouit du soutien du haut commandement de l’institution militaire, saluant au passage le rôle assumé par l’Armée nationale populaire dans la préservation de la stabilité du pays et la protection de la nation. Rappelant qu’il est «membre du comité central du parti du Front de libération nationale, il dira que ce «parti est libre dans ses positions» vis-à-vis de la présidentielle.
Il a tenu à souligner que de nombreux partis politiques et associations de la société civile «le soutiennent», y compris «des partis politiques de la mouvance islamiste», relevant que son programme électoral, qui comprend 54 engagements, en référence à l’année du déclenchement de la guerre de Libération, concerne toutes les catégories du peuple et non un parti ou une obédience particulière». Au sujet de l’homme d’affaires et ex-député du RND, Omar Allilat, sa mise en détention dans le cadre du traitement par la justice du dossier des frères Kouninef «n’a rien à voir avec la présidentielle», a-t-il fait savoir.
Au volet économique, le prétendant à la magistrature suprême du pays s’engage à maintenir l’importation, mais «pas au détriment de la production nationale», à encourager la finance islamique et à revoir le secteur de la culture pour que «la voix de l’Algérie retentisse partout dans le monde».
Au plan international, M. Tebboune s’engage à poursuivre le soutien aux causes justes dans le monde.
Concernant l’avenir des relations algéro-marocaines, il a affirmé qu’elles seront revues dans le cas où le Maroc présente ses excuses à l’Algérie, qu’il avait accusée d’être le commanditaire de l’attentat perpétré en 1994 de l’hôtel Asni à Marrakech.
Karim Aoudia
Auteur: elmoudjahid
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