Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a adressé un message de condoléances à la famille du membre de l’Assemblée populaire nationale (APN), le moudjahid Mahmoud Guemama, décédé hier, dans lequel il a souligné que l’Algérie «perd un patriote et un militant engagé pour les causes de son peuple et de sa nation».
«L’Algérie perd aujourd’hui, avec la disparition du moudjahid Mahmoud Guemama, un patriote et un militant engagé pour les causes de son peuple et de sa nation, un homme qui n’a jamais fléchi et dont la détermination est demeurée intacte depuis qu’il a pris les armes, aux côtés de ses vaillants frères moudjahidine, jusqu’à son dernier souffle en ce triste jour où nous ne pouvons que nous résigner devant la Volonté de Dieu», a écrit le Président Tebboune dans son message de condoléances.
«Le regretté Mahmoud Guemama, paix à son âme, appartenait à une génération unique de militants patriotes et loyaux qui ont fait du sacrifice pour la patrie leur credo», a ajouté le Président de la République.
Et d’ajouter «le défunt a voué sa vie à la libération de l’Algérie des affres du colonialisme abject, en rejoignant les rangs de la Révolution à la fleur de l’âge, en 1960, dans le camp d’entraînement Tahart de la wilaya VI historique».
«Au lendemain de l’indépendance et du recouvrement de la souveraineté nationale, il a poursuivi son engagement dans la bataille de l’édification et de la construction, se vouant corps et âme au service de son pays», a écrit le Président de la République, relevant que «le regretté est connu de tous pour son militantisme avéré et son attachement à ancrer l’image d’une Algérie prospère et unie».
«Dans le Grand Sud, feu Mahmoud Guemama jouit d’une grande renommée en tant que médiateur, intervenant pour concilier les frères d’un même pays à chaque fois que le feu de la discorde est attisé», a rappelé le Président Tebboune dans son message.
«Autant de qualités et de valeurs qui ont valu à feu Mahmoud Guemama le respect et la confiance des habitants de Tamanrasset qui l’ont choisi pour les représenter à l’Assemblée populaire nationale pour plusieurs mandats, au cours desquels il a été l’ambassadeur et le défenseur des préoccupations de la région et des aspirations de sa population, voire le représentant et le porte-parole de tous les Algériens», a encore écrit M. Tebboune. «Toutes les expressions de condoléances ne suffiront pas pour rendre hommage au moudjahid et militant Mahmoud Guemama, paix à son âme. Il nous quitte aujourd’hui au moment où l’Algérie a besoin de lui et de ses semblables nationalistes dévoués dont la seule loyauté est envers l’Algérie et sa défense, une des qualités des moudjahidines authentiques ayant fait serment à Allah et n’ont jamais dévié», a ajouté le Président Tebboune.
«Je prie Dieu Tout-Puissant d’entourer le regretté de l’Algérie de Sa Sainte miséricorde, de l’accueillir en Son vaste paradis aux côtés des chouhada et vertueux. Je prie Dieu également de prêter à sa famille et ses proches patience et réconfort… Il n’y a de force ni de puissance qu’en Dieu», a conclu le Président de la République.
CONDOLÉANCES DU PRÉSIDENT DE L’APN
Le membre de l’Assemblée populaire nationale (APN), de la wilaya de Tamanrasset, Mahmoud Guemama, est décédé, hier, a indiqué un communiqué de la chambre basse du Parlement. En cette douloureuse occasion, le président de l’APN, Slimane Chenine, a adressé au nom de tous les députés de l’Assemblée, un message de condoléances à la famille du défunt, dans lequel il leur a fait part de sa compassion.
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M. Belhimer :
«Un digne représentant du nationalisme unitaire targui»
Le ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, Ammar Belhimer, a rendu un vibrant hommage au député et moudjahid Hadj Mahmoud Guemmama, décédé hier, qualifiant le défunt de «digne représentant du nationalisme unitaire targui» face à l’occupant français.
«Hadj Mahmoud Guemmama, député du FLN et doyen des représentants parlementaires du Hoggar et du Tidikelt, est décédé après avoir vaillamment lutté contre une maladie chronique. Un digne fils de nos fiers compatriotes des vastes territoires du Sud est ainsi parti. Un valeureux moudjahid et un grand patriote, qui a consacré sa vie durant à la libération de l’Algérie du joug colonial, à l’unité nationale et au développement du pays, a donc rejoint ce matin le royaume du repos éternel. Paix à son âme pure de soldat mobilisé pour la pérennité de l’Etat algérien et la prospérité de son peuple», a écrit M. Belhimer dans son hommage au défunt.
«Déjà, moins de deux ans seulement après le déclenchement de la glorieuse Révolution du Premier novembre 1954, deux autres honorables fils du Hoggar, Moussa et El Bey Akhamokh, accompagnés d’un autre moudjahid et militant du FLN, Mohamed Djeghaba, et en réponse à la propagande colonialiste prétendant fallacieusement que la guerre de Libération nationale ne concernait que quelques régions du Nord, ont étendu la Révolution armée dans toute la région du Hoggar et créé alors le Front du Sahara», ajoute le ministre.
Tout en notant que le défunt Guemmama a été «de cette race de moudjahidine implacables, à l’image de l’Amenokal Hadj Moussa qui avait été reçu en 1960 à Paris, en grande pompe, dans le but politique évident de le persuader d’accepter la partition du Sahara et la division de l’Algérie. Patriote inflexible, l’Amenokal a eu cette réponse en forme d’axiome patriotique : «Je ne vous demande pas l’indépendance de l’Algérie et je ne suis pas là pour demander d’être indépendant de l’Algérie», a-t-il encore rappelé. «Le général De Gaulle lui avait proposé à nouveau de consentir au rattachement du Hoggar au Niger. Cette proposition lui avait déjà été faite en 1956 lors d’un périple du général dans les pays africains, deux ans avant le grand retour au pouvoir de l’ancien chef de la France libre», poursuit M. Belhimer avant de souligner que Hadj Mahmoud Guemmama «est issu de cette lignée de preux combattants élevés dans le vivier de la longue lutte anticoloniale, à l’instar de Moussa et El Bey Akhamokh. Forgé aussi dans le creuset du patriotisme qui marque les Touareg du Hoggar dont les leaders politiques et spirituels ont eu une aura qui dépasse les frontières de leur territoire». Et de poursuivre: «Ces notables patriotes ont largement contribué à la résolution du conflit de l’Azawed, au Nord du Mali. Infiniment méritants de leur patrie, l’Algérie ne les remerciera jamais assez pour leur contribution décisive à la sécurisation des vastes frontières du Sud. Ces patriotes ont toujours incarné cette passerelle entre le Nord et le Sud, contribuant par conséquent au renforcement du sentiment national et du lien d’appartenance à la même terre et à la même communauté de destin». «Hadj Mahmoud Guemmama et les autres députés touareg, dans le sillage de l’Aménokal Hadj Moussa, ont notamment contribué à faire régner le calme dans une vaste région qui a cependant de solides raisons de réclamer plus de justice sociale et de parts plus justes de la prospérité économique dans une entité nationale unie et prospère. Homme de nature discrète, il n’hésitait pourtant pas à donner de la voix pour évoquer à l’Assemblée nationale ou dans les colonnes de la presse, entre autres questions cruciales, la montée du chômage, les problèmes d’eau, l’enseignement, la négligence de la culture targuie, l’enclavement, les zones d’ombre et autres tâches blanches du développement inégal», a-t-il encore mentionné.
Au même titre que l’Aménokal, note M. Belhimer, «le député est le refuge vers lequel se tourne la population en cas de problème. A Tamanrasset, à Djanet ou à Bordj Badji Mokhtar, nos compatriotes de ces contrées difficiles n’expriment pas leur colère en brûlant des pneus ou en coupant la route. Ils viennent voir l’Aménokal, le député ou le notable pour leur exposer les problèmes, et ce sont ces derniers qui sollicitent les institutions de l’Etat pour trouver des solutions et anticiper sur les crises ou les conflits sociaux qui peuvent survenir. C’est le sens même de la sagesse ancestrale des Touareg, de leur civisme et de leur conscience citoyenne». «Si par ailleurs le Hoggar est demeuré à l’abri du terrorisme, c’est en raison du rôle institutionnel de l’ANP et des services de sécurité bien sûr, mais grâce aussi au travail citoyen et patriotique si discret et si précieux des notables et des députés comme Hadj Mahmoud Guemmama», estime le ministre, notant que «les enfants targuis n’ont donc pas rejoint les groupes terroristes d’Al Qaïda, de Daech ou de toute autre organisation d’amants de l’Apocalypse terroriste. Ils respectent beaucoup leurs aînés et aspirent à avoir la même qualité de vie et la même considération que les autres Algériens, qui vivent ailleurs».
M. Belhimer relève, en outre, que Hadj Mahmoud Guemmama était «de la trempe des grands militants et fut un exemple de sagesse politique et une référence morale au sein de l’Assemblée populaire nationale (APN). Quand il prenait la parole, c’était pour d’abord et toujours défendre l’unité du pays avant d’exposer, sur un ton calme et avec les accents de la pondération, les problèmes de développement de la région». Et de conclure : «Paix éternelle à son âme de juste et de digne fils de sa patrie algérienne une, indivisible et reconnaissante aux meilleurs de ses enfants.»
Par ailleurs, le ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, Ammar Belhimer, a adressé un message de condoléances à la famille du moudjahid et député Mahmoud Guemmama, dans lequel il a salué «l’un des dévoués défenseurs de l’intégrité territoriale de l’Algérie».
Auteur: elmoudjahid
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