Le cheval barbe demeure la race convoitée depuis des siècles pour ses qualités, sa beauté, son allure et sa résistance. 
Animal endurant, sobre, frugal, résistant à toutes les variations climatiques. II est appelé communément à sa couleur « Ladeham, Labiad, Lahmar » et est le symbole de l’orgueil, de la pureté et de la fierté pour son propriétaire et des cavaliers à travers l’ensemble du pays. 
Alors, poulain, il est soumis au dressage d’équitation dans les hautes écoles, à l’effet de lui faire accepter le port du harnachement (équipement) et l’obéissance aux propriétaires (éleveurs-producteurs). Mais les méthodes de dressage diffèrent selon le type de cheval et de son emploi : cheval de course (sport) dans les hippodromes et du pari mutuel, de randonnée équestre,  de guerre, de fantasia, …. 
Dans les hautes plaines, notamment pour les passionnés, il est également considéré comme un cheval de loisir par excellence. Il anime toutes les fantasias où se mêlent l’odeur du baroud et le son infatigable de la ghaïta et du gallal, pour donner à l’assistance l’image des belles équitations et des belles chevauchées d’antan. D’ailleurs, la fantasia demeure à nos jours le plus grand divertissement équestre, animant les fêtes et les grands rendez-vous, à l’exemple des «waâdas» célébrant les mawassims des saints patrons à de telle ou telle région, ou encore les mariages, voire les fêtes religieuses et nationales. 
La cavalerie des combattants (shab el-baroud), c’étaient la prouesse et la hardiesse des hommes de Bouamama, de l’Emir Abdelkader, de Lalla-N’Soumer, et autre. Cheval de guerre et de bataille dans toutes les insurrections éclatées çà et là et durant la longue période de la résistance populaire et du combat libérateur contre le colonialisme français, il sert, à nos jours, aux déplacements rapides des nomades, au transport de marchandises,  au combat, au labour, ainsi que dans les courses hippiques. 
Une particularité constatée à travers les zones steppiques : «Un cheval par kheïma.» Tous les aârachs et toutes les tribus disposent de leurs propres chevaux et de leurs propres cavaliers (les tribus de Hamiane, Ouled N’har, Ouled S. Ahmed Medjdoub, Ouled Sid-Cheikh, Ouled Slimane, Ouled Ameur, Lamdabih, etc.) pour ne citer que ces tribus des monts des Ksour et de l’Atlas. Ils sont là, présents dans toutes les fêtes, en uniforme spécial avec leurs habits de parade vibrant le spectacle. Comme ils sont également l’incarnation de la beauté, de l’élégance et de l’amour que porte l’homme au cheval depuis la nuit des temps. II faudrait alors au ministère de l’Agriculture développer le monde équin, à travers la revalorisation de la filière de l’élevage de chevaux de race. 
C’est, en effet, un appel qui a été lancé à plusieurs reprises aux pouvoirs publics par les professionnels éleveurs des équidés.  
B. Henine

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